Chronique des matières premières

Afrique du Sud : les négociations sur les salaires dans les mines promettent d’être difficiles

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Des manifestants campent devant l'entrée du 19e Salon annuel des mines au Cap, le 5 février 2013. Sur la pancarte, il est écrit: «Souvenez-vous des morts de Marikana !»
Des manifestants campent devant l'entrée du 19e Salon annuel des mines au Cap, le 5 février 2013. Sur la pancarte, il est écrit: «Souvenez-vous des morts de Marikana !» AFP PHOTO / RODGER BOSCH

En Afrique du Sud, les négociations sur les salaires dans les mines vont bientôt commencer, et elles promettent d’être particulièrement difficiles cette année.

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Le cocktail est potentiellement explosif avec d’un côté des compagnies minières qui voient leurs marges se réduire : l’or est à la baisse et plus de la moitié des mines de platine ne sont pas rentables vu le prix de ce métal actuellement.

De l’autre côté, il y a des syndicats plus vindicatifs, qui s’affrontent pour obtenir l’adhésion des mineurs. En toile de fond, une Afrique du Sud en quasi période électorale : les élections sont dans onze mois et le gouvernement ne peut pas négliger un secteur qui est l’un des plus grands générateurs de revenus du pays et qui fait travailler dans l’or et le platine plus d’un million de personnes si l’on compte les emplois indirects.

Et bien sûr, il y a le souvenir de Marikana et des grèves sauvages de l’année dernière qui ont fait une cinquantaine de morts. Le conflit a coûté au total 15 milliards de rands (plus d’un milliard deux cent soixante-dix millions d’euros) à l’économie sud-africaine, selon une étude de l’Institut pour les relations entre les races publiée le mois dernier et a écorné l’image de l’Afrique du Sud auprès des investisseurs internationaux.

Les négociations se tiennent tous les deux ans. L’accord actuellement en vigueur s’achève fin juin. Il s’agit de négociations collectives dans l’or et le charbon, compagnie minière par compagnie minière dans le platine.

NUM, le syndicat des mines affilié au Cosatu, la grande centrale syndicale, a annoncé son intention de demander une augmentation à 2 chiffres dans les secteurs de l’or et du charbon. NUM est sous pression depuis les conflits sociaux de l’année dernière.

AMCU, un syndicat plus radical, attire de plus en plus de travailleurs. Il affirme avoir désormais quelque 105 000 membres, soit 1/5e des mineurs sud-africains.
Mais les compagnies minières de leur côté, ne semblent pas prêtes à accorder de telles augmentations : pas question, affirme même la Chambre des mines. Le patron d’Harmony Gold, l’une des principales compagnies minières dans le secteur de l’or, reconnaît de son côté que les négociations seront certainement difficiles cette année. Il espère qu’elles porteront sur le salaire de base et sur une participation aux bénéfices. Ainsi, dit-il, si le prix de l’or remonte, les mineurs pourraient espérer effectivement une augmentation à deux chiffres. Mais cela ne se fera pas sur le salaire de base, martèle-t-il.

Avant même l’ouverture des négociations, l’atmosphère est tendue. Amplats, le numéro 1 mondial du platine, s’apprête à annoncer un plan de suppression d’emplois. Au départ, 14 000 personnes étaient concernées. Face aux pressions, du gouvernement notamment, il a entamé des négociations. Entre 5 000 et 6 000 emplois pourraient finalement être supprimés, d‘après ce que croient savoir les agences financières.

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