Revue de presse Afrique

A la Une: le Mali dans les premiers mots de François Hollande

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C’est par l’intervention militaire française au Mali que le chef de l’Etat a débuté hier sa conférence de presse. Laquelle était pourtant destinée à présenter aux Français le bilan de sa première année de présidence.

En France, Libération souligne d’entrée de jeu cet hommage appuyé de François Hollande aux soldats français de l’opération Serval. « Il était le chef mécanicien de la crise raillé par la droite, il se présente dès la première minute dans ses habits de chef des armées et de président d’une République qui a encore son mot à dire dans les affaires du monde, souligne Libération. Ses premiers mots sont pour rendre hommage aux six soldats français morts au Mali. »

Mali : équation impossible ?

Pendant ce temps, la presse africaine s’interroge plutôt sur le dialogue avec le MNLA au Mali lui-même. La nomination de Tiébilé Dramé au poste de conseiller spécial en charge de négocier avec les Touaregs signifie que « la porte du dialogue (n’est) pas encore fermée », analyse Guinée Conakry Info. En optant pour cette voie, le président malien par intérim Dioncounda Traoré « espère résoudre le problème sans se fâcher avec son grand allié français dont on sait qu’il soutient en sourdine le MNLA », estime le site Internet guinéen.

Au Mali-même, Waati calcule que « l’équation de Kidal (…) dépasse désormais le président Dioncounda Traoré ». Pour François Hollande, estime Waati, l’administration « doit se déployer » à Kidal pour organiser « ses » élections « sans l’armée ». Le journal croit y discerner un « piège français ».

Quand au journal Le Progrès, il martèle que le regard de « tout un peuple » est orienté vers Kidal (où) l’armée est « fortement sollicitée à prouver sa raison d’être ».

Côte d’Ivoire : folle jeunesse

Des remous en Côte d’Ivoire au sein du RHDP. La coalition au pouvoir est en émoi depuis la tonitruante sortie de Kouadio Konan Bertin, que les Ivoiriens appellent familièrement KKB. Président de la jeunesse du PDCI, l’ancien parti unique, KKB n’a pas eu de mots assez durs avant-hier contre le RDR, le partie du président Ouattara, pilier, avec le PDCI, du RHDP, le rassemblement des Houphouëtistes, c'est-à-dire, justement, cette coalition au pouvoir.

Selon le député qu’est désormais KKB, le RDR serait « en train de préparer le divorce » au sein du RHDP. Interrogé sur les appels du pied lancés au PDCI par le FPI, le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, KKB a dit : « Nos frères du FPI ne sont pas nos ennemis, mais nos frères adversaires politiques, rappelle L’Eléphant Déchaîné (…) Nous ne rejetons pas l’appel du FPI mais il fera l’objet de discussions et le Congrès tranchera », étant rappelé que le congrès du PDCI est prévu pour octobre prochain.
« Il est fou ce KKB, le RDR va finir par l’expulser du Parlement ! », ironise l’insolent pachyderme de la presse ivoirienne. Lequel se demande « ce que peut gagner le RDR à vouloir que le RHDP reste vivant avec en son sein, un parti abonné aux défaites et qui risquerait de faire perdre les élections présidentielles de 2015 à notre président. Avec sa poisse d’éternel perdant ! »

« Non, non et non, KKB n’est pas devenu fou », objecte Le Démocrate. « KKB est reconnu au sein de son parti comme étant celui qui dit haut ce que certains pensent tout bas », souligne le journal.

Au RDR, l’homologue de KKB s’appelle Karamoko Yayoro. A la Une du journal Le Mandat, le président de la jeunesse du RDR demande que « le PDCI ramène KKB à l’ordre ».

Quand au quotidien indépendant Soir Info, il résume cette tempête soulevée par les tonitruantes déclarations de KKB par une formule en Une, qui fleure bon le parler populaire abidjanais : « PDCI-RDR : c’est gâté ! »

RHDP : hache de guerre à l’affûtage

Et le sujet passionne aussi la presse burkinabè. « La maison houphouëtiste se lézarde », constate L’Observateur Paalga. Le quotidien ouagalais voit dans ces soubresauts politiques au sein du RHDP les « signes annonciateurs de divorce à l'ivoirienne ».
« On s’en doutait », remarque Le Pays, selon lequel le RHDP est une « alliance qui a fait son temps, devenue anachronique dans le contexte actuel de la Côte d’Ivoire ». Selon le journal burkinabè, « de tout évidence, le FPI n’est pas étranger au tsunami qui secoue actuellement la famille des Houphouétistes ».

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