Aujourd'hui l'économie

Textile, quelle alternative au Bangladesh ?

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Des sauveteurs tentent de libérer des victimes bloquées sous les décombres du Rana Plaza à Savar, à 30 kilomètres de Dacca, au Bangladesh, le 24 avril 2013.
Des sauveteurs tentent de libérer des victimes bloquées sous les décombres du Rana Plaza à Savar, à 30 kilomètres de Dacca, au Bangladesh, le 24 avril 2013. REUTERS/Andrew Biraj

Au Bangladesh, l'industrie textile est en pleine crise. Après la catastrophe du Rana Plaza qui a fait plus de 1 200 morts, les ouvriers réclament de meilleures conditions de travail, les patrons redoutent, eux, de perdre les commandes des donneurs d'ordre.

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Le patron de la firme suédoise H&M a reconnu, dans une interview donnée ce lundi au Financial Time, qu'il envisageait de trouver d'autres fournisseurs. Cette déclaration a de quoi donner des sueurs froides aux barons de l'industrie textile du Bangladesh, car H&M est le plus grand donneur d'ordre du pays. Officiellement, le champion européen de l'habillement à bas coût cherche à se rapprocher de ces futures boutiques sud-américaines. Officieusement, c'est surtout pour assurer leurs arrières que H&M comme d'autres donneurs d'ordre européens et américains se tournent vers d'autres pays. Ils ont délaissé la Chine au profit du Bangladesh pour des raisons de coûts et parce qu'ils ont trouvé sur place une filière très bien organisée et extrêmement réactive. Si la chaîne est aujourd'hui perturbée par des arrêts de travail, cela met en péril le réassort ultra rapide qui a fait leur succès, c'est pourquoi ils commencent à regarder ailleurs.

Quels sont les nouveaux concurrents du Bangladesh ?

A entendre les donneurs d'ordre, il y a un fort potentiel en Afrique et en Amérique du Sud. En réalité, peu de pays sont dotés d'une filière aussi sophistiquée que celle du Bangladesh. Les pays africains ainsi que l'Inde ont été exclus pour toute une série de handicaps : manque d'infrastructures de transport, réseau électrique défaillant, manque de main-d'œuvre qualifiée pour l'encadrement comme pour la couture. Au Brésil, cité par la marque suédoise comme un pays d'approvisionnement possible, la difficulté pour l'industrie textile sera de recruter des ouvriers souvent attirés par d'autres secteurs plus rémunérateurs. Un donneur d'ordre américain qui avait commencé à travailler avec le Guatemala a renoncé parce que l'atelier ne parvenait pas à tenir les délais et les quantités exigées. Il s'est finalement adressé au Vietnam. L’Asie du Sud-Est concentre aujourd'hui les filières les plus performantes sur le plan industriel. Elles sont même débordées par la demande. En Indonésie où les conditions de travail sont bien meilleures qu'au Bangladesh, le rythme de construction des usines peine à suivre celui des ouvertures prévues.

Le carnet de commande du Bangladesh est donc à l'abri d'une désaffection massive ?

La pression de la demande préserve son industrie mais ce n'est qu'un répit, car la crise sociale fait souffrir toute l'économie. La croissance pour 2013, déjà revue à la baisse, à 6%, pourrait être moindre si les troubles persistent. A cause des grèves et des accidents industriels à répétition, l'agence de notation Moody's a placé le pays sous perspective négative, ce qui va aussi surenchérir le coût du crédit. Dacca a donc intérêt à améliorer au plus vite la situation des ouvriers pour défendre l'un des moteurs de son développement.
 

La grippe aviaire provoque une crise de la filière avicole chinoise

Les pertes subies par les éleveurs de poulets seraient de l'ordre de 5 milliards d'euros. Les ventes puis les prix se sont effondrés. Ce qui a entraîné une série de licenciements économiques. La transmission du virus de l'animal à l'homme n'est toujours pas prouvée scientifiquement.

L'Europe attire de plus en plus les investisseurs asiatiques

Pour prendre une participation dans une société européenne, ils sont prêts à payer deux fois plus cher qu'il y a trois ans, selon une étude de l'institut American Appraisal. Sécuriser l'accès à des technologies innovantes, à des marques reconnues n'a pas de prix ou presque pour ces investisseurs gourmands. Les Chinois sont les plus nombreux. Leur profil : des entreprises soutenues par l’Etat, avides de participation dans les infrastructures, mais aussi des groupes privés, cotés en bourse.

 
 

 

 

 

 

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