Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

A la Une : les spéculations autour de l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika

Audio 04:31

Publicité

Cela fait maintenant près d’un mois que le président algérien a été hospitalisé au Val de Grâce à Paris, suite officiellement à un AVC, un accident vasculaire cérébral, qualifié de mineur. On parle aussi d’une récidive d’un cancer de l’estomac. Et les jours passant, la rumeur s’est amplifiée… D’autant que les autorités algériennes restent généralement très discrètes sur tout ce qui touche à la santé du chef de l’Etat. Elles ont pourtant dû sortir de leur silence pour démentir les informations alarmistes diffusées ce week-end par la presse algérienne.

Lundi, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s’est employé à « rassurer » les Algériens au sujet du président « dont le pronostic vital, a-t-il dit, n’a jamais été engagé et qui voit son état de santé s’améliorer de jour en jour ».

Mais ce même lundi, dans la soirée, une autre information circulait déjà sur les réseaux sociaux. Le chanteur Enrico Macias, dans une déclaration au quotidien qatari al-Arab, lâchait avoir rendu visite à Abdelaziz Bouteflika la semaine dernière au Val-de-Grâce, précisant : « J’ai très peur pour la vie du président, qui n’a même pas pu parler. »

Hier soir, le ministère français de la Défense annonçait que le président algérien venait d’être transféré de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, vers « un autre établissement afin d’y poursuivre sa convalescence ».

Ce matin, El Watan, en Algérie, affirme qu’Abdelaziz Bouteflika est en effet sorti hier du Val-de-Grâce « pour rejoindre un appartement de convalescence aux Invalides. » El Watan qui dit relayer des informations publiées sur des sites de presse français, notamment celui du Parisien. « En effet, celui-ci précise que le chef de l’Etat algérien a été transféré dans un appartement de convalescence dans un établissement parisien du service de santé des Armées », sans doute, l’Institution nationale des Invalides, un établissement de pointe spécialisé dans la prise en charge des blessés de guerre et du grand handicap.

Maladresses et approximations…

Quoi qu’il en soit, les spéculations vont bon train… Comme le souligne le quotidien algérien Liberté, « à défaut d’information, la rumeur gagne et les maladresses s’accumulent. C’est ainsi que l’on peut résumer cette situation où chacun suppute, à qui mieux mieux, sur la santé du président de la République. Faute d’informations fiables et exactes, les différents intervenants concernant le chef de l’État ont fait dans l’approximation et le commentaire. (…) Le pouvoir continue à évoluer dans l’opacité, poursuit Liberté, et à considérer les citoyens, les premiers à avoir porté Bouteflika au pouvoir, comme des immatures à qui on peut tout cacher. La maladie n’est pas une tare et le président, comme Socrate, est mortel. Alors, s’interroge le quotidien algérien, à quoi obéit cette cascade et mascarades de cachotteries dont personne n’est dupe ? »

Et bien peut-être parce que l’on commence à s’agiter dans l’entourage de Bouteflika comme dans les rangs de l’opposition… C’est que pointe le site d’information Guinée Conakry Infos : « si la maladie du président n’était pas aussi sérieuse, ceux qui souhaitent qu’il aille au-delà des 14 ans qu’il revendique déjà au sommet de l’Etat algérien, n’auraient probablement pas commis la maladresse d’une si évidente absence de sérénité. » En effet, précise le site, le destin politique de l’entourage de Bouteflika est lié à son rétablissement : « parce que l’impossibilité pour celui-ci de faire un troisième mandat signifierait la fin de leurs carrières. Et c’est cette sombre perspective qui provoque la colère dans l’entourage du président. On s’emmêle les pinceaux et on commet les gaffes. Ça sent le vent qui peut tourner… » Et, « dans le landerneau politique algérien dans son ensemble, poursuit Guinée Conakry Infos, on se prépare au cas où… Ceux dont l’ascension était bloquée de facto pour l’imposant et indéboulonnable Bouteflika commencent à croire à leur étoile. On se dit que peut-être son heure n’est pas loin. »

Guerre de succession ?

En effet, confirme Le Figaro en France, on note une certaine agitation dans les hautes sphères algériennes… Et « les tractations ont commencé pour la prochaine élection présidentielle. Toujours dans l’opacité la plus totale permettant à la moindre activité politique d’être interprétée à travers le prisme des tractations autour de la succession. (…) L’ancien président Liamine Zéroual, qui boude toute cérémonie officielle et dont la démission anticipée en 1998 avait permis à Abdelaziz Bouteflika d’accéder au pouvoir, a rencontré ces derniers jours plusieurs personnalités dont certaines aimeraient le voir revenir », rapporte Le Figaro.

Le Figaro qui nous livre également cette analyse de Fatiha Benabbou, spécialiste en droit constitutionnel : « si le président est vraiment malade au point de ne pas revenir, il faudra tôt ou tard appliquer l’article 88 de la Constitution pour le destituer ou que la hiérarchie parallèle le fasse partir comme elle l’a fait en 1992 avec Chadli, explique Fatiha Benabbou. Il est donc normal, poursuit-il, que le pouvoir cherche à gagner du temps. Car les délais prévus par la Constitution pour organiser de nouvelles élections sont incompressibles. Par ailleurs, relève encore le constitutionaliste, il est impossible de laisser l’Algérie sans président jusqu’en décembre puisque personne ne peut signer à sa place la loi de Finances et que, sans budget, l’État se retrouvera vraiment bloqué. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.