Revue de presse Afrique

A la Une: séjour à haut risque pour Ban Ki-moon en RDC

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Le secrétaire général de l’ONU doit arriver ce jeudi matin, 23 mai à Goma dans l’est de la RDC pour tenter de stabiliser enfin la région, avec dans sa musette la promesse d’une enveloppe d’un milliard de dollars et l’annonce de la formation d’une brigade spéciale chargée d’en finir avec les groupes armés. Goma où les affrontements ont repris en début de semaine entre les rebelles du M23 et les FARDC, les forces armées régulières.

Pour L’Observateur à Kinshasa, « en lançant cette attaque, le M23 veut lancer un message clair au secrétaire général des Nations unies. Les rebelles veulent tenter une dernière action pour dissuader la communauté internationale qui n’entend plus lésiner sur les moyens pour les mettre hors d’état de nuire. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, y compris les attaques sur Goma, pour espérer obtenir une nouvelle chance de négociation. Le M23 sait qu’avec le déploiement de la brigade spéciale, l’étau se resserre autour de lui. La seule issue de sortie pour lui c’est de s’autodissoudre, s’exclame L’Observateur, et de renoncer à sa politique suicidaire qui consiste à faire en sorte que le sang coule à nouveau dans le Nord Kivu. »

Autre grand facteur de déstabilisation de la région pour la presse congolaise : le Rwanda… « Tout laisse à croire que le M23 et son mentor, Kigali, veulent créer une situation qui leur permettrait de perturber la visite de Ban Ki-moon », s’exclame Le Palmarès . « Pour une communauté internationale qui se veut digne de son nom, l’action téméraire du M23, avec en toile de fond l’appui indéniable du Rwanda, exige une réaction vigoureuse de l’Onu, estime Le Palmarès. Ban Ki-Moon se devait, pour lancer un message sans équivoque à Kagame, annuler l’étape de Kigali sur son parcours en raison de la témérité vexatoire de ce dernier. Malheureusement, déplore le quotidien congolais, l’attitude pleine de mollesse et équivoque du secrétaire général de l’Onu va servir, d’un côté, à encourager les terroristes du M23 et leur mentor, et de l’autre côté à provoquer un choc moral négatif sur les troupes et les pays devant participer à la Brigade d’intervention. »

Pression militaire

La Tempête des Tropiques , autre journal congolais, accuse également le Rwanda : « Il apparaît clairement que la stratégie de la rébellion Tutsi appuyée par le régime au pouvoir au Rwanda consiste à maintenir la pression militaire sur Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, va visiter ce jeudi en compagnie du président de la Banque Mondiale. C’est une façon pour le régime de Paul Kagame au Rwanda d’envoyer un message clair à Ban Ki-Moon. Ce message est celui du refus du déploiement de la brigade d’intervention de l’ONU chargée d’attaquer et de neutraliser les groupes armés dont le M23 qui sévissent au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et dans l’Ituri. »

Et La Tempête des Tropiques de qualifier la visite de Ban Ki-moon de « séjour à très haut risque », en rappelant qu’en 1961, le secrétaire général de l’ONU de l’époque, le suédois Dag Hammarskjöld, avait trouvé la mort dans un accident d’avion, juste après une visite pour la paix au Congo…

La Brigade ne va pas rester les bras croisés…

En tout cas, « la grande nervosité qui règne autour de Goma n’est pas un hasard », relève pour sa part le site d’information sur la RDC Afrikarabia . « La reprise des combats autour de Goma lundi, sonne l’heure de vérité pour la fameuse Brigade, même si celle-ci n’est encore totalement prête. Une partie des troupes est désormais présente sur zone depuis plusieurs semaines. Le M23 accuse d’ailleurs le gouvernement congolais d’avoir sciemment déclenché les hostilités pour précipiter l’intervention de la Brigade de l’ONU. Côté gouvernemental, relève Afrikarabia, qui attend beaucoup (peut-être même un peu trop) de cette Brigade, on explique que c’est le M23 qui souhaite 'tester' la réaction de l’ONU en lançant l’offensive ce lundi. Toujours est-il qu’il sera difficile pour la Brigade de rester les bras croisés, si les combats venaient à se prolonger. »

Enfin, « agenda périlleux pour Ban Ki-Moon », titre le site d’information Guinée Conakry Infos. Pour deux grandes raisons, estime-t-il, « parce que d’une part, l’opposition congolaise qui fait face à une certaine rigidité de la part du pouvoir, souhaite se faire entendre par le représentant légitime de la communauté internationale. D’autre part, les hostilités ont repris dans l’est du pays. Sur place, on parle déjà de quelques 30.000 personnes déplacées. Devant l’équation congolaise, conclut Guinée Conakry Infos, on ne s’attend certainement pas à ce que du déplacement de Ban Ki-Moon, sorte un miracle. »
 

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