Revue de presse Afrique

A la Une: les attentats au Niger

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Et la presse nigérienne disponible sur Internet ce matin, ne peut que livrer les rares précisions dont elle disposait hier soir.

Ainsi, le journal La Griffe, cité par Niger Diaspora, rapporte des « informations » du gouvernement nigérien, faisant état de « plus d'une vingtaine de morts, dont au moins 18 militaires nigériens. Trois assaillants au moins ont été tués et plusieurs blessés ont été enregistrés », ajouteLa Griffe.

Concernant l’attentat d’Arlit, le journal évoque des « véhicules 4X4 équipés d'explosifs qui ont sauté à l'entrée de la base militaire et sur les installations de la SOMAIR ».

C’est aussi une « voiture 4x4 bourrée d'explosifs (que les terroristes) auraient fait sauter sur le portail de la caserne militaire d'Agadez », tandis qu’un « autre groupe se serait attaqué à une usine », relate également Niger Diaspora.

A Agadez toujours, la situation est « entièrement sous contrôle et la vie a repris son cours normal dans la ville », lance Le Sahel, complétant ainsi le communiqué publié hier à Niamey par le ministère de la Défense nationale. Du reste, prolonge le journal, dès les « premières heures de ces attaques, le gouverneur de la Région d'Agadez (…) s'est rendu à la garnison pour organiser la riposte ».

Le Sahel note aussi que le Chef de l'Etat, Mahamadou Issoufou, qui devait prendre l'avion pour se rendre au Sommet de l'Union Africaine à Addis-Abeba, « a annulé son déplacement ».

Niger : la menace

Mais déjà, dans la presse sous-régionale, les premiers commentaires sont alarmistes. Si la presse algérienne disponible ce matin ne pipe mot de l’attaque au Niger, le quotidien Le Pays au Burkina-Faso pose cette question : « A qui le tour ? ». Selon le journal ouagalais, « il y a péril en la demeure ». Très alarmiste, Le Pays prévient que « si rien n’est fait (…) il y a fort à parier que (des ennemis sans visage) feront de la sous-région ouest-africaine, une géhenne bien plus insupportable que celle dont parlent les Saintes Ecritures ».

« A présent, à qui le tour ? », s’interroge en écho L’Observateur-Paalga. Selon le quotidien burkinabé, ces attentats montrent que le « phénix djihadiste » vient de renaître dans le désert nigérien. Dès lors, remarqueL’Observateur, « on est en droit de se demander qui, dans la sous-région, pourrait se targuer de bénéficier d’une cuirasse antidjihadiste ». Et pour le quotidien ouagalais, la réponse est simple : « personne ! ».

« Avec ce double attentat, le Niger a été touché de plein fouet », estime Guinée Conakry Info, qui se demande si « l’heure de la vengeance a (…) sonné pour le Mujao ». Selon le site Internet guinéen, « tout le Niger en est encore sous le choc. D’autant plus que c’est sans précédent ». Et la « crise libyenne » y serait pour « quelque chose », dans la mesure où les Kamikazes « seraient venus du pays de feu Mouammar Kadhafi (…). Ce qui ne se serait probablement pas produit si le guide libyen était encore en place », énonce Guinée Conakry Info qui martèle que « Sarkozy a fait beaucoup de mal à cette région de l'Afrique ».

UA : grandeur et décadence

Pendant ce temps, à Addis-Abeba, l’Union africaine s’apprête à célébrer son cinquantième anniversaire. C’est dimanche et lundi que les chefs d’Etats de l’organisation panafricaine vont en commémorer le demi-siècle. A la notable exception d’Abdelaziz Bouteflika. Absent d’Addis-Abeba pour raison de santé, le président algérien « a désigné le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, pour le représenter », énonce La Dépêche de Kabylie.

Alors même si, dans la capitale éthiopienne, tout le monde a en tête l’attaque sans précédent des terroristes sur le Niger, ces attentats ne sauraient perturber l’ordre du jour du sommet de l’UA, essentiellement consacré au développement de l’Afrique.

Décidemment très balzacien, et au risque de choquer les cinquantenaires, qu’elles soient ménagères ou non, L’Observateur, ce matin, à la manière des courtisanes chères à l’écrivain français Honoré de Balzac, évoque les « splendeur et misère d’une Vieille Dame » !

Et malgré les soubresauts d’une Afrique qui bouge, le thème du développement économique, sur lequel la Commission de l’Union africaine entend mettre l’accent lors de ce jubilé d’or, s’impose pour L’Observateur. Car c’est-là que le bât blesse. « De l’OUA à l’UA, les Africains continuent de désespérer de politiques audacieuses, à même de faire reculer les lignes de la pauvreté et de la misère », souligne le journal, qui pourfend « la mal-gouvernance, la corruption et les égoïsmes nationaux, face auxquels l’organisation continentale est impuissante ». Sans omettre sa « dépendance financière ». Bon anniversaire quand-même, l’UA !

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