Revue de presse Afrique

A la Une: la course contre la montre pour la présidentielle au Mali

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C’est désormais officiel : le premier tour de l’élection présidentielle au Mali est programmé pour le 28 juillet prochain, dans deux mois pile. Et comme le relève le site d’informations Burkina 24, c’est désormais une « course contre la montre » qui s’engage et « qui bute sur Kidal ». En effet, pour le site burkinabè, « l’inconnu reste encore de savoir si l’élection pourra se tenir sur tout le territoire et à quel prix, alors qu’une ville du Nord reste encore entre les mains d’un groupe armé ». En l’occurrence, le MNLA… Pour Burkina 24, « il faut trouver très vite une solution négociée. Depuis le début de la crise malienne, il faut reconnaître que le MNLA a toujours été ménagé et maintenant il est évident que ce groupe ne concédera pas facilement sa position à Kidal, relève-t-il. (…) Et on se demande bien, face aux groupes armés touaregs, ce que l’État malien va concéder, s’interrogeBurkina 24, afin de tenir le pari de cette élection. »

D’après le journal malien Le 22 Septembre, les jeux seraient déjà faits… Le 22 Septembre qui affirme que « l’Union européenne et la France ont déjà scellé un accord pour le Mali et le MNLA, avant même l’ouverture des pourparlers, lesquels devraient bientôt s’ouvrir à Ouagadougou sous l’égide de Blaise Compaoré, le président du Faso, qui sait également à quoi s’en tenir. L’accord en question est d’empêcher l’armée malienne d’entrer dans la région de Kidal. Les élections seraient alors organisées dans les différentes circonscriptions de l’Adrar des Ifoghas, avec l’Administration malienne, mais sans la présence des forces armées et de sécurité du Mali. Ce qui pourrait expliquer les raisons pour lesquelles Kidal n’a toujours pas été libérée. »

Accord secret ?

Et Le 22 Septembre de dénoncer ce qu’il appelle un « accord secret. (…) Un agenda européen, voire international, sur lequel le Mali n’a aucune emprise, est en train de se mettre en place doucement mais sûrement. Qu’on le veuille ou pas, Kidal est en train d’échapper au Mali », s’insurge le journal bamakois. « Peut-on dire que Kidal est sous l’autorité du Mali si les forces armées et de sécurité signent leur absence dans cette zone ? La réponse est non, s’exclame encore Le 22 Septembre. Donc, sans l’armée, pas d’élection à Kidal. La présence d’un Etat sur un territoire donné se manifeste d’abord par la présence de la police, de la gendarmerie, de la garde nationale et, bien sûr, des militaires. Alors, à quel jeu joue la France ?, s’interroge le quotidien malien. Est-ce une étape vers la très fantomatique République de l’Azawad ? Est-ce un début d’autodétermination ? Qu’est ce que c’est cette manière de procéder ? »

Le quotidien Le Pays au Burkina est quant à lui très dubitatif envers la position française officielle : « La proposition de Hollande n’est pas la meilleure, estime-t-il. Lui propose le retour de l’administration à Kidal avant celui des militaires. Cette solution n’est pas pour faciliter les choses. Que peut faire une administration dans une zone non sécurisée au préalable ? Elle a besoin de se sentir en sécurité, elle a besoin d’un fort sentiment de paix pour être efficace. Le bon scénario, estime Le Pays, consiste donc à envoyer d’abord l’armée malienne, ensuite l’administration. Au besoin, il faudra taper du poing sur la table face aux hommes bleus, s’exclame le quotidien ouagalais, car on les a trop caressés dans le sens du poil. »

Et Le Pays de rappeler que « juillet, c’est pour bientôt, il y a urgence et les choses ne doivent pas trop trainer. Les protagonistes doivent tout faire pour que ces concertations de Ouagadougou n’accouchent pas d’une souris. Sinon, qu’adviendra-t-il ? La reprise des hostilités ? En tous les cas, relève encore le quotidien burkinabè, ces négociations ressemblent fort à des négociations de la dernière chance. »

Après « Boutef » ?

Enfin l’Afrique vue par la presse française, avec une double page ce matin dans Libération sur l’Algérie : sur les interrogations quant à un successeur pour le président Bouteflika, toujours absent du pouvoir pour raisons de santé. « Alors que le président algérien est hospitalisé depuis un mois à Paris, le flou règne sur son état comme sur une succession », relève Libération qui s’interroge en titre : « Après Bouteflika, qui sortirait du képi ? » Ce qui est sûr, relève Mohamed Chafik Mesbah, ancien colonel des services secrets, aujourd’hui politologue, c’est qu’en cas de disparition du président, « il y aura un nettoyage, des têtes vont tomber. Elles sont réclamées par la rue. Tous ces milliards spoliés, envolés, dispersés, engloutis, détournés… Il y a un besoin d’un retour à une morale. »

Alors qui pour ce coup de balai ? « Chafik Mesbah reprend avec insistance l’hypothèse Zeroual », l’ancien président, relève Libération. Mais tous les observateurs n’en sont pas convaincus… Notamment Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, qui se garde bien d’évoquer une quelconque candidature pour succéder à Abdelaziz Bouteflika : « On peut toujours échafauder des hypothèses avec l’Algérie, affirme-t-il, mais c’est souvent celle à laquelle personne n’avait songé qui se dégage. »

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