Les mots de l'actualité

ÇA MARCHE - 29/05/2013

Audio 03:02

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« Je fais la vaisselle, mais tu passes l’aspirateur… Ça marche ! » « Si tu vas au marché, achète plutôt de la daurade ! Oncle Jojo aime le poisson, mais il n’aime pas le thon ! Ça marche ! » Deux extraits de dialogue  qui se terminent sur une entente de la part des deux interlocuteurs. Et qui mettent en avant une expression particulièrement à la mode depuis quelques années, ça marche !

Que veut-elle dire ? Simplement oui. Pas n’importe quel oui : il s’agit le plus souvent d’exprimer qu’on est d’accord avec une suggestion, et notamment qu’on accepte de faire quelque chose. Mais aussi, on souligne que l’information est bien passée, qu’on a bien compris de quoi il s’agissait. Et là, ce serait un peu l’équivalent de « message reçu ! » « Ne t’inquiète pas, j’ai entendu et je retiens ! » Donc il s’agit d’un tic linguistique, qui équivaut autant à un geste qu’à un mot : comme un signe d’assentiment. Et les termes qui sont employés pour exprimer cela sont souvent des expressions à la mode, qui donc se démodent et se remplacent.

Dans le même emploi, on a eu dans les années 50-60, d’accord ! On disait d’accord à tout bout de champ, c’était l’indice d’un langage jeune et moderne : la communication branchée de l’époque… à tel point qu’on abrégeait l’expression, et que de façon familière, on disait d’ac ! Une formule bien oubliée aujourd’hui, mais qui faisait fureur, et bien sûr qui faisait débat : nombreux étaient ceux qui s’insurgeaient contre ce d’ac lapidaire et qui semblait barbare. Ensuite, on a eu OK, qui a régné dans les années 70 à 90 : autre mot court, qui estampillait une génération. Avec cette provocation supplémentaire d’être d’origine anglaise, et d’avoir une orthographe très spéciale, deux lettres seulement, mais qu’on prononce l’une après l’autre. Et notamment qu’on prononce à l’anglaise, ou à peu près.

Ça marche est plus récent, et plus français. Et d’ailleurs plus syntaxique : non pas un mot, isolé, sorti de son contexte. Mais une phrase verbale en deux syllabes, avec un sujet et un verbe.

Pas n’importe quel verbe d’ailleurs : le verbe marcher a une histoire longue et des emplois très divers, qui l’ont souvent sorti du contexte ambulatoire où  il est né : marcher veut d’abord dire se déplacer sur des deux jambes. Mais les autres sens sont nombreux : avancer, même si ce n’est pas sur deux pieds : un chien marche quand il ne court pas ; le verbe est souvent employé dans ce sens? Le verbe a parfois un sens hostile et même militaire, dans l’expression marcher sur : un armée qui marche sur une ville. Mais souvent aussi, ça veut dire aussi fonctionner : un appareil qui marche, c’est un appareil qui n’est pas en panne. 

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

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