Chronique des matières premières

Le blé transgénique encore loin des assiettes

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La Commission européenne s'est dépêchée d'annoncer des contrôles drastiques sur le blé blanc américain.
La Commission européenne s'est dépêchée d'annoncer des contrôles drastiques sur le blé blanc américain. Getty Images/Tony Sweet

Les traces de blé OGM découvertes dans un champ aux Etats-Unis ont semé le trouble chez les clients du blé américain, de l'Asie à l'Europe. La variété de blé contaminée est très peu consommée sur la planète. Mais la méfiance reste immense vis-à-vis d'une quelconque manipulation génétique du blé.

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C'est un cultivateur de l'Oregon qui a découvert du blé transgénique au bord de son champ. Un blé OGM résistant à l'herbicide Roundup, testé pendant dix ans par Monsanto au nord-ouest des Etats-Unis, mais que le semencier américain avait renoncé à commercialiser en 2004.

La contamination n'est probablement pas due au pollen dans le cas du blé, mais plus certainement à l'introduction accidentelle d'anciennes semences OGM dans le circuit. Cette contamination est infime, le blé en question, c'est du blé blanc, une variété très mineure aux Etats-Unis et très peu consommée dans le monde, parce que sa farine ne gonfle pas : le Japon en importe pour faire des nouilles de blé, et en Europe, tout le blé blanc va en Suède pour fabriquer le pain serré suédois !

Pourtant la Commission européenne s'est dépêchée d'annoncer des contrôles drastiques sur le blé blanc américain ; le Japon annulait aussitôt une commande de 25 000 tonnes de ce blé. Le blé c'est la céréale des céréales, utilisée dans l'alimentation humaine.

Autant les consommateurs parviennent à accepter de manger de la viande issue d'un animal nourri au maïs ou au soja OGM, autant il est encore inconcevable que le blé destiné à l'homme, ait subi des manipulations génétiques. La baguette transgénique, pas question ! Aucun blé OGM n'a jamais pu être commercialisé. La filière du blé aux Etats-Unis serait pourtant demandeuse aujourd'hui : les minoteries américaines manquent de blé tant les agriculteurs américains s'en détournent au profit du maïs ou du soja OGM.

La recherche est donc relancée aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, sur des blés OGM résistants à la sécheresse, au sel ou aux maladies. Mais à part la Suisse, elle se limite en Europe à l'étude du génome du blé (dans le cadre en particulier de l’initiative mondiale pour le blé, « Wheat Initiative ») pour améliorer les variétés par croisement classique, sans faire entrer de gêne étranger. Car augmenter la production mondiale de blé est un impératif d'ici 2050, au moment où la planète devrait être confrontée au pic de sa population.

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