Chronique des matières premières

L'État chinois rachète du nickel pour ses réserves stratégiques

Audio 01:44
Une mine de nickel.
Une mine de nickel. AFP

Le gouvernement de Pékin achète à nouveau du nickel et du cuivre sur le marché international. Est-ce le signal d'une reprise durable des cours des métaux ?

Publicité

La nouvelle s'est répandue hier : le Bureau chinois des réserves d'État aurait acheté 30 000 à 60 000 tonnes de nickel sur le marché international. L'équivalent d'un sixième à un tiers des stocks mondiaux de la Bourse de Londres.

Aussitôt le cours du nickel s'est redressé, alors qu'il végétait jusqu'à présent sous les 15 000 dollars la tonne, au plus bas depuis quatre ans. Tous les métaux ont aussi retrouvé du tonus. Le Bureau chinois des réserves d'État avait opéré de la même façon à la fin de l'année 2008, il avait commandé des milliers de tonnes de métaux lorsque les prix étaient au plus bas, donnant le signal d'une reprise des prix en 2009.

Depuis, Pékin n'était plus intervenu sur le marché mondial, il s'était contenté d'acheter de l'aluminium et du zinc aux producteurs chinois pour leur éviter la faillite. Alors, les récents achats de nickel par Pékin sont-ils le prélude à une remontée durable des prix des métaux ?

Pas si sûr. Fin 2008, les achats massifs du Bureau chinois avaient eu lieu au moment où le gouvernement lançait son gigantesque programme d'infrastructures, qui devait absorber des quantités d'acier et de cuivre pour les matériels roulants, les constructions et les réseaux électriques. Aujourd'hui un tel plan de relance chinois n'est plus d'actualité.

Depuis cette époque, non seulement la production mondiale de métaux est devenue excédentaire, mais la Chine a développé sa propre production de fonte de nickel pour fabriquer de l'acier inoxydable de qualité moyenne, le plus utilisé en Chine.

Si Pékin est revenue sur le marché international, c'est pour acquérir du nickel raffiné, utile pour fabriquer des aciers de plus haute qualité. Destinataire ultime : l'Armée populaire de Chine, pour son armement. On ne peut exclure que la Chine restocke des métaux, y compris du cuivre, dans les semaines qui viennent, pour profiter de la faiblesse des prix, mais l'hirondelle de nickel ne fera sans doute pas le printemps des métaux.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail