Chronique des matières premières

L'exploration du gaz de schiste doit reprendre en France, selon un rapport parlementaire

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Forage de gaz de schiste
Forage de gaz de schiste Getty Images

On ne peut pas connaître exactement la ressource de gaz et de pétrole de schiste en France tant que l'on n'aura pas foré un premier puits. Il faut donc rendre à nouveau légale la fracturation hydraulique, estime un rapport parlementaire.

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L'objectif officiel du rapport parlementaire était de savoir si d'autres méthodes d'exploration du gaz et du pétrole de schiste étaient possibles, puisque la fracturation de la roche par de l'eau sous pression, la fameuse fracturation hydraulique, a été interdite en France il y a bientôt deux ans.

L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, composé de 35 élus, a consulté des spécialistes et des scientifiques pendant six mois. Sa conclusion, c'est qu'il n'y a pas d'alternative à l'heure actuelle, à part la fracturation de la roche au propane, mais elle est délicate dans les régions peuplées, le propane étant très explosif. Seules deux entreprises (Gazfrac et EcorpStim) y ont recours au Canada et au Texas. Les autres méthodes, fracturation au gaz carbonique, à l'azote, ou par arc électrique, ne sont, elles, pas encore au point.

La fracturation hydraulique demeure donc « la » technique couramment utilisée d'ailleurs par l'industrie pétrolière, sur un puits sur deux aujourd'hui dans le monde. Elle doit être autorisée à nouveau en France, conclut le rapport, qui se plaît à souligner qu'elle est toujours utilisée en France dans la géothermie. La fracturation hydraulique s'est considérablement améliorée avec les années, estime le rapport : elle consomme moins d'eau, moins d'additifs chimiques, et le retraitement de l'eau, après son retour en surface, est plus minutieux. Pas encore de réponse sur les métaux lourds et les éléments radioactifs susceptibles de remonter des profondeurs. Mais pour le rapport, produire des hydrocarbures sur le sol français ne contredit pas l'objectif de la transition énergétique qui est de s'éloigner des énergies fossiles, puisqu'on diminuera les importations. On le voit, les 35 parlementaires de l'Office se sont fait les ambassadeurs de l'industrie pétrolière française, qui n'a pas ménagé ses efforts de lobbying depuis quelques mois. Il est vrai aussi que ces entreprises, à défaut de pouvoir forer en France, ont eu le loisir de perfectionner leur technique outre-Atlantique et jusqu'en Australie. Non seulement Total ou GDF-Suez, mais CGG dans la prospection, Schlumberger dans les forages, Vallourec dans les tubes, ou encore Imerys dans les billes de céramique utilisées dans les liquides de forage, sans oublier Veolia dans le traitement de l'eau !

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