Chronique des matières premières

Le prix de la ferraille handicape la sidérurgie européenne déjà mal en point

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Les pays émergents importent massivement de la ferraille aux vieux pays industrialisés. (Photo: ferraille à Abidjan).
Les pays émergents importent massivement de la ferraille aux vieux pays industrialisés. (Photo: ferraille à Abidjan). Eglantine Chabasseur

Le commissaire européen à l'industrie s'est engagé à renforcer le contrôle sur le marché de la ferraille, une matière première de plus en plus importante pour les fabricants d'acier.

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La ferraille, c'est l'acier recyclé, il entre dans la fabrication d'un tiers de l'acier européen aujourd'hui. La ferraille est fondue dans des fours électriques. Destination les aciers longs, comme les ronds à béton utilisés dans le bâtiment. On utilise aussi de plus en plus cet acier recyclé aux côtés du classique minerai de fer dans l'acier de première fonte pour diminuer les coûts de revient.

Cette ferraille, l'Europe en regorge : ce sont tous les déchets d'acier qui arrivent dans les casses 5 à 20 ans après leur premier emploi dans la carrosserie d'une automobile ou après la destruction d'un immeuble. Elle devrait être très peu chère en Europe, étant donné que les aciéries européennes tournent au ralenti et donc en consomment moins qu'avant la crise. Mais c'est sans compter la demande des pays émergents, qui eux manquent cruellement de ferraille.

Leur marché automobile est encore très jeune, les déchets d'acier sont encore très peu volumineux, ils importent donc massivement de la ferraille, des Etats-Unis, d'Europe et du Japon, les vieux pays industrialisés encombrés de déchets.

Les recycleurs trouvent ainsi en Chine et surtout en Turquie un débouché à la ferraille qui est en surplus actuellement en Europe. Le problème, c'est que cela maintient les prix de la ferraille à un niveau élevé pour les aciéristes européens englués dans la crise. D'où la proposition du commissaire européen, Antonio Tajani, de contrôler les exportations de ferraille européenne, pour qu'elle ne soit pas expédiée au plus offrant en Asie ou en Turquie. Un appel à la restriction des échanges que Bruxelles critique pourtant lorsque les Chinois protègent leur marché de l'acier contre les tubes d'inox européens.

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