Chronique des matières premières

La Chine lance son premier marché carbone

Audio 01:47
Des cheminées devant des quartiers résidentiels de Tianjin.
Des cheminées devant des quartiers résidentiels de Tianjin. REUTERS/Petar Kujundzic

C'est pour l'instant un projet pilote. La Chine lance dans la ville de Shenzhen son premier marché carbone pour ralentir ses émissions de gaz à effet de serre.

Publicité

La Chine est le pays qui émet le plus de gaz à effet de serre au monde. Longtemps rétive à tout engagement pour préserver le climat mondial, la Chine souffre de plus en plus elle-même de la pollution atmosphérique. Alors, elle accélère résolument le pas pour mettre en place des outils de contrôle de ses émissions de CO2. Ce qui était inimaginable il y a encore dix ans se concrétise : la naissance du premier marché carbone chinois !

Le choix de Shenzhen n'est pas anodin, c'est là que l'industrie chinoise a grandi grâce aux premiers investissements étrangers. D'autres marchés carbone seront testés à Pékin, Shanghai, Tiangin, ou Chongkin. Des expériences qui pourraient aboutir à la création d'un marché carbone national, dans toute la Chine, d'ici 2020.

 
Pour l'instant, six cents entreprises de Shenzhen sont concernées. Elles recevront des quotas de CO2 ; si elles parviennent à réduire leurs émissions polluantes, elles pourront revendre les quotas qu'elles ont en surplus aux entreprises qui, au contraire, en manquent. On le voit, c'est le modèle du marché carbone européen qui a été choisi, malgré les difficultés qu'il connaît actuellement.

En Europe, on a mal calibré le volume de quotas, et aujourd'hui que la crise a ralenti l'industrie, on a trop de quotas, ils ne jouent plus leur rôle d'aiguillon. Si les émissions européennes de gaz à effet de serre ont baissé en Europe, c'est du fait de la crise, pas parce que les entreprises ont massivement verdi leurs procédés industriels. La pollution européenne pourrait donc repartir de plus belle à la moindre reprise de l'économie. La Chine, elle, part de très loin pour moderniser des secteurs entiers de son industrie : l'acier, l'aluminium, le ciment. Un marché carbone pourrait l'y aider, si le volume de quotas est bien défini, grâce aux expériences pilotes. Un effondrement du prix de la tonne chinoise de CO2 est assez peu probable, étant donné que le pic de pollution en Chine n'est pas prévu avant 2025.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail