Chronique des matières premières

La Thaïlande diminue ses subventions aux producteurs de riz

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Plantation du riz durant la saison des pluies, dans le nord de la Thaïlande.
Plantation du riz durant la saison des pluies, dans le nord de la Thaïlande. Getty Images

La Thaïlande vient de baisser le prix auquel elle achetait le riz aux paysans depuis deux ans. Un programme devenu d'autant plus lourd pour les finances gouvernementales que les exportations de riz thaïlandais se sont effondrées.

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Le gouvernement thaïlandais pensait qu'en achetant le riz aux paysans et en le stockant, il ferait d'une pierre deux coups : il soutiendrait son électorat rural et ferait remonter les prix mondiaux. C'était sans compter le retour de l'Inde sur le marché du riz après des années d'absence. Sans compter non plus l'opportunisme du Vietnam, le concurrent de toujours. Non seulement ces deux pays ont largement compensé l'absence de la Thaïlande mais ils ont enlevé au riz thaïlandais subventionné tout espoir d'être compétitif, car du coup les prix mondiaux du riz sont restés déprimés. Le gouvernement de Bangkok, condamné à vendre au compte-gouttes et à prix préférentiel à la Chine ou à la Côte d'Ivoire, s'est retrouvé avec 15 millions de tonnes de riz décortiqué sur les bras, 80% de la production nationale !

Le programme de subvention du riz a donc viré au fiasco financier : une perte évaluée à 10 milliards de dollars en deux ans. Un fardeau de plus en plus insupportable pour le budget thaïlandais en période de ralentissement économique. C'est pourquoi le gouvernement vient d'annoncer une baisse de 20% du prix du riz payé aux producteurs à partir du 30 juin. Les riziculteurs protestent déjà, ils menacent de manifester dans Bangkok. Pourtant même descendu à 360 dollars, le prix payé par les autorités pour une tonne de riz paddy fait monter la tonne de riz décortiqué à 600 dollars, c'est quasiment le double du prix du riz vietnamien en ce moment. C'est pourquoi les exportateurs thaïlandais doutent que la décision de Bangkok suffise à redonner à la Thaïlande son titre de champion des exportations de riz. Il faudrait que le gouvernement consente à brader massivement ses stocks sur le marché mondial. Mais ce serait prendre le risque d'aggraver encore la baisse des cours mondiaux et de décourager les producteurs de riz sur toute la planète.

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