Chronique des matières premières

Record historique des prix du poisson et des coquillages

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Une usine de transformation de saumon, au Chili, deuxième pays producteur de ce poisson.
Une usine de transformation de saumon, au Chili, deuxième pays producteur de ce poisson. REUTERS/Ivan Alvarado/Files

La demande de poisson continue d’augmenter, la Chine y prend goût : l’indice des prix du poisson de la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et le développement) est à son plus haut niveau historique.

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L'élevage du poisson a beau progresser très fort en tonnage cette année, les captures de poisson sauvage ont beau rester stables, menant la production totale de poisson à son plus haut niveau de l'histoire (161 millions de tonnes), cela ne suffit pas à calmer la faim mondiale pour les produits de la mer, ni à calmer les prix.

L'indice de la FAO est à son niveau record, il a dépassé le pic de 2011. D'une part le prix de l'alimentation des poissons d'élevage ne cesse d'augmenter, ce qui renchérit le poisson lui-même. Et de nombreuses espèces très prisées par les humains ne répondent plus en quantité à la demande.

Malgré la crise, l'Europe, les Etats-Unis et le Japon consomment toujours plus de saumon et toujours plus de thon, congelé pour les sushis, ou en conserves. Or, ces deux espèces ont subi des aléas de production, notamment le saumon, en Norvège et au Chili. Les conserveries asiatiques n'auront pas les quantités de thon espérées. La saison des crevettes a démarré tard en Asie du Sud-Est, les élevages de Thaïlande ont été frappés de maladies comme c'est le cas de manière chronique, au moment même où les captures de crevettes en mer étaient elles aussi décevantes.

Or, il faut compter avec le goût de plus en plus prononcé des pays émergents pour les fruits de la mer. Les Chinois ne se contentent plus du tilapia d'élevage dont ils sont le producteur numéro un pour l'exporter partout dans le monde, y compris chez les voisins asiatiques, qui en ont consommé un volume record pour le Nouvel An ou le Carême. La Chine apprécie désormais de plus en plus les coquillages, elle importe 20 % d'huîtres et de moules supplémentaires tous les ans.

Or les huîtres sont frappées par un mystérieux virus en France. Leur prix devrait donc rester très élevé, après avoir déjà doublé en trois ans. La coquille Saint-Jacques devrait à son tour connaître une forte inflation cette année, parce qu'on anticipe une baisse des captures de 30 % aux Etats-Unis. Le poisson va décidément devenir un mets de luxe.

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