Aujourd'hui l'économie

La dette des étudiants américains: bulle ou asphyxie?

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Les taux d'intérêts des prêts étudiants accordés aux plus pauvres aux Etats-Unis sont passés de 3,4% à 6,8%.
Les taux d'intérêts des prêts étudiants accordés aux plus pauvres aux Etats-Unis sont passés de 3,4% à 6,8%. Steve Debenport / Getty images

Depuis le 1er juillet, les taux d'intérêt des prêts étudiants accordés aux plus pauvres ont doublé aux Etats-Unis. Une hausse mécanique que les parlementaires n'ont pas jugé bon d'empêcher avant leur départ en vacances. Cette légèreté étonne car la dette étudiante apparaît de plus en plus comme une bombe à retardement pour les ménages.

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La dette étudiante avoisine maintenant les 1 000 milliards de dollars, elle a doublé entre 2008 et 2013. C'est plus que l'encours des cartes bancaires, ou encore que celui des prêts auto. C'est à partir de 2010 que la dette étudiante s'est considérablement alourdie, devenant la deuxième dette privée derrière celle de l'immobilier.

La hausse mécanique entrée en vigueur hier ne va pas arranger les choses. Sept millions de jeunes susceptibles d'obtenir un prêt accordé par l'Etat, sous condition de ressources, devront donc supporter des taux de 6,8% au lieu des 3,4% consentis jusqu'alors. Les membres du Congrès auraient pu empêcher cette hausse mécanique en légiférant mais l'humeur est aujourd'hui aux économies. Pas question d'aggraver le déficit de l'Etat en garantissant le maintien du taux à 3,4%.

Comment expliquer l'explosion de cette dette étudiante ?

Avec la crise, beaucoup de jeunes préfèrent se former plutôt que d'entrer sur un marché du travail où 14% d'entre eux pointent au chômage. Mais l'augmentation du nombre des étudiants n'est qu'un aspect secondaire du phénomène. L'envolée de la dette a surtout été alimentée par l'inflation des droits d'inscription à l'université. C'est le seul moyen trouvé par certains établissements pour compenser la baisse de leur budget.

Avec la crise de 2008, les universités gérées comme des entreprises ont subi des pertes sur les marchés, notamment pour leurs fonds de pension, elles ont donc mis la pression sur les étudiants en relevant le ticket d'entrée. Et puis, beaucoup d'établissements ont profité de cet effet d'aubaine pour améliorer leurs ressources.

Par ailleurs, avec la crise, de plus en plus de diplômés se retrouvent au chômage, et donc dans l'incapacité de rembourser, d'où les défauts de paiement de plus en plus courants. Plus d'un emprunteur sur 10 a aujourd'hui des difficultés à honorer les échéances.
 
La hausse des impayés fait craindre aujourd'hui une nouvelle crise financière

On parle même de l'explosion d'une nouvelle bulle. Une menace à relativiser. D'abord parce que ces prêts étudiants sont garantis par l'Etat. Rien à voir donc avec la crise des « subprimes » qui a provoqué la faillite de Lehman Brothers. En dernier ressort, l'Etat américain remboursera les impayés.

Enfin, si la dette étudiante devait être restructurée, cela ne provoquerait pas l'effondrement du marché des universités. Elles ne vont pas fermer ou voir leur valeur plonger à cause du défaut d'étudiants déjà sortis du système. Alors qu'en 2008, le marché des « subprimes » a entraîné dans sa chute celui de l'immobilier. Seule certitude, l'avenir des enfants de la classe moyenne américaine est sérieusement plombé par ce fardeau. Il pèsera de plus en plus lourd et de plus en plus longtemps sur leurs épaules.

Au mois de juin, l'activité industrielle est remontée en France, un mouvement plutôt encourageant

Les plus optimistes pensent même que la fin de la récession est en vue. L'indice PMI a atteint en juin les 48,4 points, son plus haut niveau depuis 16 mois. C'est encore en-dessous du seuil des 50, au-delà duquel une économie est en expansion. Mais c'est un premier signe de stabilisation d'après le cabinet Markit.

La première banque mondiale est désormais chinoise

ICBC, la Banque de Chine internationale et commerciale, a éjecté l'américaine Bank of America de la première marche du podium. C'est la première fois qu'un établissement chinois domine le classement établi par l'institut The banker. Cet indicateur renseigne sur la taille, et non sur la santé financière des entités.

 

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