Aujourd'hui l'économie

L’austérité provoque une crise gouvernementale au Portugal

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L'austérité est fortement contestée au Portugal. (Photo: manifestation contre l'austérité à Lisbonne, 27 juin 2013).
L'austérité est fortement contestée au Portugal. (Photo: manifestation contre l'austérité à Lisbonne, 27 juin 2013). REUTERS/Jose Manuel Ribeiro

Au Portugal, la crise gouvernementale fait vaciller les marchés. Après le ministre des Finances, celui des Affaires étrangères a démissionné mardi. La coalition au pouvoir est fragilisée, et son cap économique, l'austérité à tout prix, paraît de plus en plus difficile à tenir.

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Même les marchés n'y croient plus. Ils auraient pu ce mercredi matin saluer le cap de la rigueur à tout prix, maintenu par le Premier ministre, malgré les deux départs successifs. C'est tout le contraire qui s'est produit. La bourse de Lisbonne a brutalement dévissé et le taux d'emprunt à 10 ans est repassé brièvement au-dessus de la ligne des 8%, niveau inquiétant qu'il avait quitté depuis le mois de novembre.

En termes de financement, cette envolée n'est pas grave en soi, puisque le Portugal n'a pas l'intention de revenir sur les marchés avant l'année prochaine. Mais c'est un signal supplémentaire, rappelant aux gouvernants que l'austérité aboutit à l'effet inverse de celui qui est recherché.

Depuis que Lisbonne a demandé l'aide de l'Union européenne -c'était début 2011-, ses déficits se sont aggravés, sa dette s'est alourdie et la croissance s'est muée en récession. Deux Portugais sur dix sont aujourd'hui au chômage, quatre jeunes sur dix. C'est à cause de cet échec patent que le ministre des Finances, pourtant acquis à la cause de l'austérité, puis le ministre des Affaires étrangères, ont décidé de quitter le gouvernement.

Les Portugais contestent aussi de plus en plus cette politique

Jeudi dernier, ils sont massivement descendus dans la rue pour dire leur mécontentement. Et ce n'était qu'une manifestation parmi d'autres, car dès le début, les syndicats ont rejeté cette politique qui s'est traduite par une forte baisse du pouvoir d'achat. Le patronat a rejoint le camp des opposants à la rigueur et réclame une baisse des impôts et une politique de relance pour encourager les Portugais à consommer. C'est-à-dire l'inverse de ce qui est recommandé et infligé, diront certains, par la troïka.

Bruxelles a réagi à ces démissions en demandant au gouvernement portugais de conserver le cap de la rigueur

Selon le commissaire Olli Rehn, il faut maintenir le rythme des réformes. Comme en écho, le porte-parole du gouvernement allemand s'est dit confiant dans la capacité du Portugal à poursuivre dans la même voie. Un discours qui aura sans doute de plus en plus de mal à passer, y compris à l'extérieur du Portugal.

Comme le démontre une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques, les pays où la croissance est la plus faible sont ceux qui ont fait le plus de restrictions budgétaires. Des pays qui ont aujourd'hui besoin d'argent frais pour soutenir la relance et non d'économies supplémentaires. C'est un choix qui dépasse de loin le gouvernement portugais, qui dépend de la volonté commune des Européens.

 

Au Japon, les ventes de la marque de vêtements Uniqlo ont bondi de 20% en juin

Une hausse qui laisse à penser que les Japonais ont retrouvé le goût des achats. Une bonne nouvelle pour le Premier ministre Shinzo Abe. Il cherche à relancer la consommation domestique. Mais un autre indicateur tempère cet optimisme. Dans ce pays où les femmes gèrent le revenu du ménage, et distribuent chaque mois de l'argent de poche au père de famille, on constate que le niveau de cet argent de poche a touché un plus bas depuis 31 ans, selon l'enquête menée par une banque. Un indicateur pas très rassurant, selon les bons connaisseurs de l'économie nippone.

Le coût du travail sera moins cher au Mexique qu'en Chine à partir de 2015

C'est la prévision étonnante d’un expert du Boston Consulting Group. Dans deux ans, le coût du travail mexicain sera inférieur de 30% à celui de l'atelier du monde. Actuellement, les coûts salariaux des deux pays sont équivalents. Dans les prochaines années, le Mexique va creuser l'écart en sa faveur grâce à une meilleure productivité de ses ouvriers.

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