Revue de presse Afrique

A la Une : la justice ivoirienne en question

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Après le renvoi devant les assises de rien moins que 84 proches de Laurent Gbagbo, le FPI, le Front populaire ivoirien, parti fondé par l’ex-président de la République ivoirienne, condamne vivement ce qu’il considère comme une décision « politique ». Et la presse dite « bleue », c'est-à-dire celle qui lui est proche, se fait l’écho de cette réprobation.

C’est ainsi que le quotidien Le Temps dénonce « une mise en scène grotesque » ou encore « une autre manœuvre pour abuser l’opinion ».

Le Nouveau Courrier a interrogé l’avocat sénégalais de la famille Gbagbo. A propos du renvoi des 84 aux assises, Maître Ciré Clédor Ly, c’est son nom, déclare : « C’est la consécration de la vendetta des vainqueurs (…) Aucun droit de mes clients n’a été respecté. Il n’y a eu aucune instruction véritable. Nos clients ne bénéficient pas du droit à un procès équitable », martèle l’avocat.

Selon lui, cette décision « conforte des avis pouvant analyser [ce renvoi] en Cour d'assises [de] toute une famille ainsi que [de] tous les membres d'un gouvernement, incompatible avec les principes de convergences constitutionnelles de la Cédéao, et la charte sur la bonne gouvernance, de la démocratie et des élections. Lesquels, rappelle Maître Ciré Clédor Ly, sont prohibitifs de tout harcèlement politique de la famille politique ou biologique d'un président ayant cessé l'exercice du pouvoir ».

Dans Soir Info, ce même avocat sénégalais s’insurge : « Nous n’avons jamais eu la mise à disposition (…) des éléments de preuves ». « Jusqu’à ce jour, accuse Maître Ciré Clédor Ly, nous avons demandé l’ouverture des comptes scellés, l’inventaire des éléments sur lesquels, ils se sont fondés et considérés comme étant des éléments à charge (…) jusqu’à ce jour, nous n’avons rien reçu. Il n’y a aucun élément précis qu’on reproche à mes clients », dit-il au journal indépendant Soir Info.

Côte d’Ivoire : Anaky crache ses vérités

Mais la grogne se fait également entendre au sein-même de la coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire. Président de l’une de ses composantes, Anaky Kobéna est en Une de plusieurs quotidiens ivoiriens ce matin. Le patron du parti MFA n’est « pas d’accord avec la justice », titre le quotidien indépendant L’Inter.

« Anaky se braque contre Ouattara et Bédié », souligne en Une L’Expression, qui évoque une « crise au RHDP », le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix, c'est-à-dire le regroupement de quatre partis politiques autour du président Ouattara, dont le MFA d’Anaky Kobéna.

« Anaky dit NON ! » lance également en Une L’Intelligent d’Abidjan.

Le quotidien abidjanais publie le communiqué du président du MFA dans lequel ce dernier voit dans cet épisode judiciaire le dernier en date des actes de ce qu’il appelle un « opéra interminable ». Selon Anaky Kobéna, « prendre la décision d’organiser des assises (…) n’est pas le grand 'big bang' politique et social auquel le peuple aspire en silence. Que le chef de l’Etat veuille bien en tenir compte », lance le président du MFA à l’attention d’Alassane Ouattara.

Côte d’Ivoire : réconciliation spot

Autre avocate présentée comme étant une défenseuse de Simone Gbagbo par le site Internet Afrik.com, Maître Habiba Touré s’insurge. « Nous voulons juste que le pouvoir nous présente des faits réels. Pour les 84 personnes renvoyées devant la Cour d’assises, il n’y a aucun élément. Excusez-moi, mais c’est du n’importe quoi ». Et Maître Touré poursuit : « C’est bien un acharnement. Les responsables du massacre de Duékué n’ont jamais été poursuivis (…) La réconciliation est devenue un spot de campagne pour séduire les partenaires occidentaux. Ce n’est pas une réalité », dit-elle à Afrik.com.

« Une chose est certaine, énonce Fasozine, c’est que la Côte d’Ivoire a besoin de tourner la page d’une crise politico-militaire dont les plaies tardent à se cicatriser ».

 

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