Chronique des matières premières

Les matières premières victimes du ralentissement chinois

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Un ouvrier passe devant des bobines d'acier d'une usine de Shenyang, dans la province du Liaoning, le 15 juillet 2013.
Un ouvrier passe devant des bobines d'acier d'une usine de Shenyang, dans la province du Liaoning, le 15 juillet 2013. REUTERS/Stringer

La décélération de l'économie chinoise frappe en premier lieu les matières premières.

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Les matières premières avaient été les grandes bénéficiaires du boum de l'économie chinoise, depuis plus de dix ans. Aujourd'hui que l'Europe traîne la patte, la Chine pèse plus que jamais dans l'activité mondiale,13% contre 5% en 2006. Or, cette activité chinoise ralentit de mois en mois. Les usines qui produisaient pour l'exportation ont perdu des marchés dans une Europe au ralenti. En Chine, le gouvernement a mis fin au crédit facile pour calmer la bulle immobilière dans le pays. Pékin a également cessé de subventionner massivement ses infrastructures.

Alors, l'industrie lourde ralentit, et au premier chef les aciéries. Cela signifie un rythme moins effréné d'importations de l'ingrédient majeur de l'acier, le minerai de fer, dont le prix - entre 110 et 120 dollars la tonne - a perdu 15% cette année, au grand dam de l'Inde et de l'Australie, fournisseurs de la Chine. Moins de nickel dans les aciers, mais aussi moins de chrome ou de manganèse sud-africain dans les alliages. Moins de cuivre chilien pour les chantiers, plus rares. La Chine, qui en était arrivée à consommer près de la moitié des métaux disponibles, pèse à son tour sur les prix, ceux du nickel sont au plus bas depuis quatre ans.

Grosse consommatrice de charbon, la Chine se met à lui préférer le gaz, moins polluant pour fabriquer de l'électricité ; les prix du charbon australien et sud-africain sont en recul (moins de 80 dollars la tonne). Même les achats de pétrole se calment par rapport à l'an dernier, la Chine a même diminué ses importations de gazole et de naphta, utilisés dans l'industrie. En revanche, les importations d'essence continuent d'augmenter, avec près de 11 millions de voitures supplémentaires sur les routes en Chine depuis six mois. C'est le versant de l'économie chinoise qui continue de progresser fortement, selon le souhait de Pékin : celui de la consommation individuelle. L'alimentation en fait partie, et c'est pourquoi l'Afrique du Sud tente de se consoler de la baisse de ses exportations de minerai en espérant qu'elle exportera de plus en plus ses produits agricoles en Chine.

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