Revue de presse française

A la Une : impôts, toujours plus

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C’est le Journal du Dimanche qui l’affirme, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a remis au président François Hollande une série de propositions pour récolter « 4 à 6 milliards » d’euros supplémentaires l’an prochain.

Les principales pistes portent sur les niches fiscales et sociales, qui pourraient rapporter « environ deux milliards d’euros de recettes ». Mais aussi la lutte contre la fraude fiscale et sociale, sur lesquelles l’Etat escompte récupérer deux autres milliards « dans le meilleur des cas », énonce le JDD. « Au total, l’ensemble des prélèvements obligatoires grimperait de 0,3 % du PIB en 2014 et atteindrait un nouveau record ».

Ces hausses d’impôts supplémentaires viennent donc se télescoper avec les déclarations de François Hollande le 14 juillet, quand le chef de l’Etat affirmait que « la reprise [était] là ». Ce jour-là, le président « s’est beaucoup avancé », estime le JDD, il a mis « la charrue avant les bœufs », il a « fait de la communication plutôt que dire toute la vérité. Délivré de l’incantation façon Ve République, quand les Français ont décrypté depuis longtemps le décalage entre le discours de leurs élites politiques et la réalité ».

Hollande : mais où est la reprise ?

Et le journal n’est pas le seul, cette semaine, à dénoncer l’attitude du président. Marianne a la dent dure contre François Hollande qui risque d’apparaître, craint le magazine, comme le « ravi de la crèche ». Le président a effectué hier une visite surprise à Tulle, en Corrèze, dans le centre-sud de la France, ville dont il a été député-maire, et il a été reçu au Château de Bitty par l’ancien président Jacques Chirac et son épouse Bernadette. François Hollande agace Marianne qui dénonce son « flegme invariablement souriant ». Car ce flegme le « déconnecte d’une réalité qui fait trop de mal pour qu’on puisse sans cesse afficher que tout va très bien ».

A l’instar du JDD, Marianne, non plus, n’a pas apprécié l’affirmation de François Hollande selon lequel « la reprise est là ». Et même si, devant la presse diplomatique, le président, par la suite, a nuancé sa déclaration du 14 juillet, l’hebdomadaire prédit que le chef de l’Etat fera encore « si tout se passe bien, trois interventions évanescentes le 14 juillet. Jamais un discours du 18 juin », en référence au discours du général de Gaulle à Londres, le 18 juin 1940.

A noter tout de même que la cote de popularité de François Hollande frémit à la hausse. Selon un sondage de l’institut Ifop pour le Journal du Dimanche, le président voit sa cote de popularité remonter d'un point en juillet, à 27 %, alors que celle de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault fléchit d'un point à 30 %.

Sarko-Fillon : pancrace

Il faut dire que la droite ne profite pas de la grogne des Français. Car elle continue de se déchirer. La guerre est quasiment déclarée entre Nicolas Sarkozy et François Fillon. L’ancien président et celui qui fut son unique Premier ministre sont « prêts à s’entre-tuer », se navre L’Express. Car pour eux, 2017, c'est-à-dire la prochaine échéance présidentielle, est « l’ultime rendez-vous du pouvoir », explique l’hebdomadaire. Voilà pourquoi les deux hommes ont engagé une « lutte à mort », regrette L’Express qui explique pourtant que la droite « ne renaîtra de ses cendres » que si la « guerre des générations » tourne en faveur de « ses cadets », car, sous des « allures de sagesse », les aînés ne portent que « l’immobilisme ».

Ecologie : religion verte

Et puis c’est confirmé, la centrale nucléaire de Fessenheim sera bien fermée. Le ministre de l’Ecologie Philippe Martin met fin au débat ce matin. Le successeur de Delphine Batho, ex-ministre débarquée du gouvernement pour avoir publiquement critiqué la baisse du budget de son ministère, dit au Journal du Dimanche qu’il fermera la plus ancienne centrale nucléaire française « d’ici au 31 décembre 2016 ». Dans l’entretien qu’il a accordé au JDD, Philippe Martin lâche spontanément cette phrase « il est temps que les responsables politiques reprennent la main sur les décisions énergétiques de la France ». Philippe Martin précise du reste qu’il recevra « bientôt » le PDG d’EDF, Henri Proglio.

Au sujet du débat sur les gaz de schiste, avivé en France depuis les déclarations du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui, lui, met en avant les enjeux économiques de leur exploitation, le nouveau ministre de l’Ecologie souligne qu’à la « différence de beaucoup qui en parlent », lui a assisté à une fracturation hydraulique aux Etats-Unis et que cette opération qui permet de récupérer les fameux gaz de schiste est « extrêmement violente pour l’environnement », que trouver une technique sans impact sur l’environnement est une « lubie », et que, en conséquence, il n’y aura pas d’exploration ou d’exploitation de ces gaz pendant le quinquennat.

Et pourtant Le Nouvel Observateur entend cette semaine ouvrir le débat. Au sujet des gaz de schiste, l’hebdomadaire estime que « Montebourg a raison », qu’il a fourni une démonstration « convaincante » et que clore le débat sur le sujet, c’est céder à « l’irrationnel » à la « religion verte » et qu’il n’est pas sûr « que cela soit un progrès ».

Belgique : monarchie d’août

En Belgique, c’est ce matin que le roi Albert II abdique. Et l’avenir de ce royaume demeure incertain. Comme le souligne malicieusement Marianne, la confiance « s’effrite ». Car son fils Philippe, qui lui succède, « n’a guère brillé jusqu’à présent par son charisme », souligne le journal, étant rappelé qu’entre Flamands et Wallons, le désamour perdure. Or la présentation de la monarchie belge comme ciment de l’unité du pays plat est une « fable », estime Marianne.

Mali : dernière ligne droite

Au Mali, J-7 pour l’élection présidentielle. Le premier tour aura lieu dans, pile, une semaine. Et Le Journal du Dimanche ne peut que se demander si ce délai est suffisant « pour organiser une élection sérieuse, en plein ramadan et au début de la saison des pluies ». Mais, bon, dimanche prochain, les Maliens vont voter. Et « pour l’instant », un nom « se détache » parmi les 27 candidats, énonce le journal, celui d’Ibrahim Boubakar Keïta, ancien Premier ministre. « Il est le candidat de la France, glisse-t-on à Bamako, même si Paris s’en défend », lance le JDD.

Dans une interview publiée dans l’hebdomadaire, le général Grégoire de Saint-Quentin, qui va prendre la direction des forces spéciales françaises après avoir mené l'opération Serval au Mali, déclare que ce pays n'est pas « complètement stabilisé ».

Internet : espion 2.0

Concernant l’affaire du programme américain de surveillance mondiale d’Internet, le programme Prism : toutes propositions gardées, la France fait la même chose. Il n’y a pas que le programme Prism, révélé par le « lanceur d’alerte » américain Edward Snowden. La France « vient d’autoriser, pour la première fois, l’utilisation d’un (…) logiciel espion », affirme L’Express. Le journal affirme que la société Ercom, spécialiste des télécommunications, a bénéficié de la part de l’Etat d’une « levée de fonds de 18 millions d’euros » pour développer un « mouchard 2.0 » qui permet de surveiller Internet.

L’Express détaille notamment le fonctionnement de « logiciels espions » capables de capter des informations « à la source », et cite un groupe munichois du nom de Gamma qui propose de « fausses mises à jour » du service de musique en ligne iTunes ou du navigateur Internet Firefox aux utilisateurs afin de se déployer « furtivement », dans leurs ordinateurs, tablettes ou smartphones, étant bien entendu précisé que ces intrusions sont parfaitement illicites.

L’Express cite aussi la société italienne HackingTeam (ça ne s’invente pas – et l’on traduira ici Hacking Team par « équipe de piratage »), qui propose un service baptisé « Da Vinci », lequel permet de cibler « quelques personnes plutôt que plusieurs centaines de milliers d’individus ». Et le journal rappelle que Reporters sans frontières s’en est ému, classant la société parmi les « ennemis d’Internet ».

Le Tour : la ronde de nuit

Le Tour de France s’achève ce soir sur les Champs-Elysées. Un final en nocturne, « sous les étoiles », formule Le Parisien, une première pour le Tour. Et un vainqueur attendu, l’Anglais Froome.

Un Britannique « aux racines africaines », souligne L’Equipe, car au Kenya, il a passé sa jeunesse à « chasser les scorpions » et qu’en Afrique du sud, « on le surnommait Moïse ».

Le journal sportif français le présente en Une comme le « roi soleil ». Et pour cause, l’ultime étape part ce soir du Château de Versailles. Comme quoi, le soleil sous les étoiles, on aura tout vu sur ce centième Tour de France.

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