Revue de presse française

A la Une : la bataille pour l’emploi en France

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La photo du bébé de Kate et William habille de nombreuses unes ce mercredi, mais n’éclipse pas d’autres sujets d’actualité, comme le chômage en France. Le gouvernement doit annoncer de nouveaux chiffres ce soir. « La bataille pour l’emploi peut-être gagnée, elle va être gagnée ». François Hollande, version méthode Coué, c’était hier encore à Dunkerque, « lors d’un énième déplacement sur l’emploi », écrit Le Parisien. Le président français martèle qu’il inversera la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. « Tiendra-t-il sa promesse ? » se demande bien sûr le journal. Cela semble difficile, les indicateurs semblent prouver le contraire. « Alors depuis quelques semaines, le gouvernement met les bouchées double pour stopper la hausse du nombre de demandeurs d’emploi, à grand renfort de dispositifs publics et de contrats aidés ». « Opération manipulation, camouflage », dénonce l’opposition.

Dernier outil en date : la piste des emplois non pourvus. « En clair, explique Le Parisien, l’Etat et ses partenaires s’engagent à financer la formation de 100 000 chômeurs pour les orienter prioritairement vers des filières qui recrutent ». « Loin de rassurer, regrette La Charente Libre, cette piste éculée des emplois non pourvus traduit surtout l’étroitesse des marges de manœuvre dont disposent François Hollande et le gouvernement Ayrault dans une Europe incapable de s’entendre sur les moyens de vaincre la crise. »

Gagner au Loto pour sauver des emplois

Pourtant, certaines villes françaises résistent mieux que d’autres. Le Parisien propose une « plongée dans ces villes où le chômage reste faible ». Oui, car il y en a. Et le différentiel avec le taux de chômage au niveau national - 10,4% - est parfois impressionnant. Houdan, en région parisienne : 5,1% de demandeurs d’emploi seulement. Ou Tulle, le fief du président Hollande, en Corrèze : 6,8%. Comment l’expliquer ? « Souvent, note Le Parisien, grâce à la détermination des acteurs locaux, publics ou privés, voire les deux. Là pour empêcher une fermeture d’usine ou des licenciements (...). Ici pour créer des pôles économiques, attirer les entreprises et doper le moteur des créations d’emplois ». Vitré, dans l’Ouest de la France, par exemple, a été sauvé par le développement des centres d’appel.

Autre manière de sauver des emplois: gagner au Loto. Le Parisien raconte que le Francilien qui a gagné le deuxième plus gros gain de l’histoire du jeu il y a 10 jours (22 millions d’euros) va se faire plaisir mais aussi sauver sa petite entreprise. Il annonce qu’il veut « injecter de l’argent dans l’entreprise pour payer les fournisseurs » et par la même occasion garder ses employés. Sympa tout de même puisque Le Parisien précise qu’avec la même somme, il aurait pu se payer 489 campings cars, 2171 aller-retour Paris-Rio ou encore 3,7 millions de cornets de glace. On comprend qu’il ait pu hésiter !

Mali : un scrutin dans la douleur

Autre sujet, développé dans la presse française : la présidentielle que s’apprête à vivre le Mali dimanche. Un scrutin « dans la douleur, mais sûrement », écrit Le Parisien. 27 candidats pour un fauteuil, celui de président. Une élection qui ne se tiendra pas dans les meilleures conditions, souligne la presse : tensions à Kidal, distribution approximative des cartes électorales, question des déplacés maliens. « On va se ronger les ongles jusqu’au dernier moment », concède une source diplomatique au journal. Une autre tempère: « C’est sûr que cela ne sera pas comparable à une élection norvégienne, mais elle sera tout à fait acceptable ».

Acceptable ? Pas pour tout le monde. Le Parisien rappelle le retrait de candidature de Tiébilé Dramé « pour protester contre l’impréparation du scrutin et puis dénoncer l’ingérence française ». La France, « accusée par certains candidats d’avoir imposé cette élection dans un délai déraisonnable », cherche maintenant à se faire discrète, pense le quotidien. « Une chose est sûre, pour Ouest France, il ne fallait pas attendre pour aller aux urnes. Il n’y a rien de pire, quand le danger est là, de laisser le gouvernail à des hommes de transition, de surcroît non élus ».

Appel au génocide « dans la bonne humeur »

Un mot de ce spectacle à Avignon qui plonge le spectateur dans les prémices du génocide rwandais. « Ils appelaient joyeusement au génocide » : c’est le titre choisi par Le Monde daté d’aujourd’hui, pour parler de ce spectacle, jugé « bouleversant » à Avignon. « Hate Radio », de Milo Rau, reconstitue une émission de la Radio Télévision libre des Mille Collines. Celle qui appelait « dans la bonne humeur » au génocide au Rwanda. « Rigueur, intelligence, hauteur morale », quelques mots choisis par l’envoyée spéciale du Monde pour qualifier ce projet, qui « met en regard des témoignages de survivants et la parole des génocidaires ». Dans un cube de verre, installé entre deux gradins de spectateurs, « Hate Radio montre, pas à pas, la construction de la rhétorique génocidaire, les appels au meurtre et les dénonciations en direct ». Le tout dans une ambiance bon enfant, « les animateurs rient, boivent de la bière, dansent » et « appellent les vrais Rwandais – Les Hutu donc – à massacrer ces cafards de Tutsi ». « Une sorte d’ivresse tournant sur elle-même, résume la journaliste, qui vous laisse cloué sur votre fauteuil ».

Ahmad Jarba : l’homme providentiel ?

Les journaux français évoquent aussi la visite à Paris du nouveau chef de l’opposition syrienne, Ahmad Jarba, reçu aujourd’hui à l’Elysée. L’occasion pour la presse de peindre un portrait du nouveau visage de l’opposition à Bachar el Assad. L’homme qui doit incarner l’alternative, un homme providentiel. En tout cas c’est ce qu’attend l’opposition, à en croire Libération, car le régime de Damas a remporté plusieurs succès militaires importants et les groupes djihadistes ne cessent de progresser sur le terrain.

Que sait-on de lui ? C’est un sunnite, « un homme de la Syrie profonde, la province d’Hassaké ». « C’est un chef bédouin de la puissante confédération tribale des Chammar, dont l’aire s’étend sur 5 pays, dont l’Irak ». Autre particularité : il a la réputation d’être un laïc convaincu tout en étant très proche de la famille royale saoudienne. « La mère de l’actuel roi Abdallah est une Chammar », indique Libération. « Sa victoire à la tête de la Coalition est donc aussi celle de Riyad face au candidat des Frères musulmans soutenus par le Qatar ».

Paris considère Ahmad Jarba comme un « homme de terrain », note La Croix, qui incarne « cette opposition centriste modérée, de confiance, qu’on essaie de conforter ». Mais à quel point ? L’objectif avoué d’Ahmad Jarba est d’obtenir des armes « qui font la différence », dossier dont il était déjà chargé avant de prendre la tête de l’opposition. La Croix se demande si Paris ira jusqu’à livrer des missiles sol-air portables. « Rien n’est moins sûr », juge le journal. « Autant dire que l’ambition française de jouer un rôle, même “modeste et réaliste”», n’a rien d’évident. »

Ruée vers l’or

En Inde, pour finir, la ruée vers l’or met l’économie en péril. Le métal jaune « coule à flots dans toutes les réunions de familles et pas nécessairement les plus aisées », comme le rappelle Le Figaro Economie. Fêtes religieuses, mariages, naissances, l’Inde est le premier acheteur d’or au monde devant la Chine. Le pays en consomme 800 tonnes par an, mais n’en produit que 2,5. Résultat : l’Inde achète son or à l’étranger, ce qui « creuse dangereusement son déficit extérieur ». New Delhi a tenté de contrer le problème en relevant les taxes à l’importation mais ça ne décourage pas les acheteurs. Les supplications du ministre des Finances non plus. La Banque centrale a donc décidé « qu’un cinquième des cargaisons d’or importé par les professionnels serait automatiquement transformé en bijoux et réexporté ». « Pas sûr, explique Le Figaro, que les Indiens l’acceptent; car l’or est aussi une valeur refuge au moment où la roupie dévisse face au dollar ».

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