Revue de presse française

A la Une: le dopage, et pas que dans le cyclisme !

Audio 07:30

Publicité

« Tous dopés ! » C’est le titre en Une de Libération. Juste après le Tour de France, les sénateurs ont rendu publiques, hier, 60 propositions pour améliorer l’efficacité de la lutte antidopage. « Renforcer les contrôles, alourdir les sanctions », résume Le Parisien. Un épais rapport de 238 pages, qui « lève le nez du guidon », glisse L’Equipe. Oui, car les sénateurs sont « désireux de ne pas se focaliser sur le cyclisme », même si une « très croustillante annexe » au rapport, permet d’identifier 17 cyclistes dopés à l’EPO lors du Tour en 98. La Croix publie d’ailleurs une photo souvenir, croustillante elle aussi, celle d’un peloton en grève lors du Tour 98 justement. En grève, pour protester contre le climat de suspicion sur les coureurs... ! « Un chiffre donne le tournis, note Le Figaro. Depuis 1995, trois vainqueurs seulement de la Grande boucle n’ont pas été concernés un jour ou l’autre par une affaire de dopage ».

Vilain petit canard ou exemple ?

Mais dans ce rapport, aucun sport n’est épargné. La chasse aux tricheurs est finalement assez efficace, estime Le Figaro. « Elle confirme une lapalissade : pour trouver il faut d’abord chercher ». Et avec 1 812 échantillons urinaires analysés en 2012, pour moins de 2% de résultats anormaux, le cyclisme sprinte loin devant le millier de contrôles dans l’athlétisme et à des années-lumière des 500 et quelques du football. Bizarrement, c’est l’haltérophilie qui est la discipline la moins contrôlée, nous dit Libération. « Le cyclisme, ce vilain petit canard devient un exemple », conclut Le Figaro.

La presse donne plus de précisions sur le travail de la commission. « 69 h et 47 mn d’échanges », calcule L’Humanité. « En cinq mois d’auditions, souvent désertées (...), les sénateurs présents - toujours les mêmes - se sont parfois montrés résignés ou timorés face à des interlocuteurs quelquefois hypocrites, menteurs ou démagogues », écrit le journal sportif. Le spécialiste du dopage Jean-Pierre Mondenard appelle d’ailleurs à instituer en France une « prestation de serment, à l’américaine » pour pouvoir être poursuivi pour parjure. « La peur du gendarme, explique-t-il, est encore le meilleur moyen de contrer le dopage ».
 
« Mais face à ces mensonges, les sénateurs n’ont jamais été dupes, juge L’Equipe. Carton jaune, donc, délivré au football allemand, qui n’a procédé à aucun prélèvement sanguin l’année dernière (...) “ou encore au ministère français lui-même, qui n’a pas encore publié”, un décret permettant une coopération entre les différents services antidopages, il est dans les placards depuis 2007 ». « Un bon tacle à la politique de prévention hexagonale », estime L’Humanité. L’objectif aussi, c’est de délier les langues. « Une commission “Vérité et réconciliation” doit le permettre », relève Le Parisien. Valérie Fourneyron, la ministre des Sports, l’appelle d’ailleurs de ses vœux : « L’omerta est un frein pour comprendre les filières, les méthodes. (...) Il faut permettre aux anciens dopés de parler sans avoir peur des répercussions ».

Violence insensée en Chine

Un tout autre sujet est à lire dans Libération. Le journal nous parle de l’étrange prolifération de gestes désespérés à travers la Chine. « Une vague d’actes de violence insensés, semble-t-il suscités par un profond sentiment d’injustice ». Lundi, un retraité a brusquement poignardé à mort une cliente du magasin Carrefour avec le couteau qu’il venait d’acheter. Le lendemain, à Dongxing, un père de famille a tué à coup de machette deux cadres chargés d’appliquer la politique de l’enfant unique. « L’homme venait de découvrir, explique Libération, que les autorités avaient profité de son absence pour kidnapper son épouse enceinte d’un 4eme enfant et la faire avorter de force - une pratique très courante en Chine ».

« Contre toute-attente, s’étonne le quotidien, la vox populi des blogueurs a majoritairement pris le parti de ces révoltés furieux ». « Aussi longtemps que le planning familial servira à persécuter les gens, la population devra résister », lance l’un d’entre eux. Le cas le plus célèbre ? Celui de Yang Jia. Ce jeune homme de 28 ans avait tué au couteau six policiers dans un commissariat de Shanghai en 2008 pour se venger des tortures subies pour une simple affaire de mobylette sans immatriculation. « Yang Jia est instantanément devenu un héros sur Internet », rappelle un journaliste chinois, qui déplore ce recours donc de plus en plus fréquent à la violence.

L’anti-révolutionnaire égyptien

Direction l’Egypte maintenant, pour ce portrait d’un « rebelle normal ». Il s’appelle Mahmoud Badr, 28 ans. « Silhouette frêle, barbe de trois jours et pas mal de gel dans les cheveux », son visage ne vous dira rien. On sent Libération un peu déçu, même, de rencontrer cet homme presque « trop normal », qui n’a rien du leader révolutionnaire attendu. Pas de cheveux longs, ni d’éloquence ou de goût de la provocation. Pourtant, c’est bien lui « le héros malgré lui de la révolution égyptienne ». La deuxième en fait. Il avait déjà trainé ses guêtres place Tahrir pour exiger la chute de Moubarak, il y a deux ans. Mais tout s’accélère pour lui le 23 avril, cette année. Ce jour, où avec deux amis, dans son appartement du Caire, il lance une pétition contre le président Morsi. C’est la naissance de la fameuse campagne « Tamarod » (rébellion en français). « En deux mois, rappelle le journal, elle grille tous les compteurs », paraphée -officiellement - par 22 millions d’Egyptiens.

En tout cas, elle se concrétise dans la rue, jusqu’à la marée humaine du 30 juin qui mènera quelques jours plus tard à la destitution par l’armée du chef de l’Etat. Engagé, de gauche, « mais pas athée, ni baba », Mahmoud Badr se définit comme « normalement conservateur », il est fiancé à une jeune fille « voilée », précise-t-il. Courtisé de toute part en ce moment, il a refusé poliment un poste de ministre de la Jeunesse. « Nous n’accepterons aucun mandat qui ne viendrait pas des urnes, martèle-t-il. Il faut en finir avec le copinage ». « Mais le petit bonhomme nourrit déjà de grandes ambitions, écrit Libération. Il n’exclut pas de se présenter aux prochaines législatives et, sans beaucoup se raser, espère devenir un jour président de la République ». Il raconte d’ailleurs, non sans fierté, comment ce même 30 juin, 15 000 personnes sont venues manifester devant la maison de ses parents, en l’intimant de devenir le nouveau président égyptien.

Papillons vs pesticides
 
Pour finir, c’est le cas en France, mais aussi dans le reste de l’Europe. Les papillons sont en train de disparaitre. En 20 ans, leur nombre a tout simplement diminué de moitié, nous explique Le Monde. C’est une étude de l’Agence européenne de l’environnement menée sur 17 espèces. Pourquoi un tel déclin ? Eh bien car leurs fleurs favorites ont tendance à disparaître, elles aussi, ce qui leur est fatal. Au rang des accusés: l’agriculture intensive et son lot de pesticides, mais aussi le recul de l’élevage qui fait disparaitre des surfaces de prairies, remplacées par les broussailles. « Dans certaines régions du nord-ouest de l’Europe, les lépidoptères - puisque c’est leur nom scientifique - n’ont d’autre endroits pour butiner que le bord des routes, le long des voies de chemin de fer et dans les parcs des villes ». Si les papillons disparaissaient, c’est tout l’écosystème qui serait perturbé. Car comme les abeilles, les papillons se chargent de la pollinisation, c’est-à-dire du transport du pollen, la fécondation, d’un grand nombre de plantes. Donc, plus de papillons, plus de plantes... ça commence à faire beaucoup !

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail