Revue de presse française

A la Une de la presse hebdomadaire: le spectre de la guerre civile en Egypte

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C’est Le Journal du Dimanche qui le brandit ce matin, après les affrontements d’hier, au Caire comme à Alexandrie notamment. Affrontements, entre pro et anti-Morsi, manifestations monstres de deux Egypte qui se défient. « Depuis la destitution du président islamiste (Mohamed Morsi), la situation sécuritaire, déjà instable, s’est encore dégradée », constate le JDD.

Le journal cite un « célèbre prédicateur islamiste » du nom de Sawfat Hegazi, qui résume à sa manière la situation politique et sécuritaire prévalant dans son pays. Et son résumé fait froid dans le dos. « Le général […] al-Sissi, qui est responsable du coup d’État, a demandé aux Égyptiens la permission d’éliminer une partie du peuple, accuse le prédicateur. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour lui donner cette autorisation », dit-il au Journal du Dimanche.

Le Parisien Dimanche décrit aussi des « scènes de guerre civile au Caire », où la situation est « plus tendue que jamais ». Et même si, à l’étranger, les affrontements d’hier « fragilisent (un peu) la position du chef de l’armée », estime le journal, à l’intérieur du pays, le général al-Sissi « a reçu le soutien d’une large partie de la population qui ne veut en aucun cas d’un retour des islamistes au pouvoir ». Et Le Parisien de confirmer que « plus que jamais, l’Egypte paraît coupée en deux ».

JMJ : viva Francisco !

Tout sourire au milieu d’une foule en liesse, le souverain pontife est en effet à la Une du Parisien Dimanche. « François superstar à Rio », lance le journal, qui trouve que le nouveau pape a « réussi haut la main son examen de passage » aux Journées mondiales de la jeunesse. Il est attendu aujourd’hui pour dire la messe de clôture de ces JMJ sur la plage de Copacabana où se pressent quelques deux millions de fidèles catholiques venus du monde entier.

A Rio, les jeunes pratiquants lui ont même forgé un surnom : « Papa Francisco », relève Le Journal du Dimanche. Entre eux et lui, « Il s’est passé quelque chose de fort ». Et ça n’est pas rien, explique le JDD car le souverain pontife ne s’y trompe pas, « c’est en séduisant les jeunes qu’il pourra avancer des pions dans sa stratégie de reconquête et de nouvelle évangélisation ». Voilà pourquoi le successeur de Pierre (et de Benoît XVI) apparaît tout à la fois « rebelle mais d’abord pape », explique le journal.

Mali : aux urnes citoyens !

Dimanche 28 juillet 2013, nous y sommes, c’est le premier tour de l’élection présidentielle au Mali. « 27 candidats pour un fauteuil », titre Le Parisien, qui est allé faire un tour dans un centre de vote, où les « organisateurs » inscrivent à la craie le numéro des bureaux « au-dessus des salles de classes. Les urnes et les isoloirs (sont) rangés dans une pièces sécurisée ».

Le Journal du Dimanche décrit une « élection sous tension », un scrutin « à marche forcée », et s’inquiète de la situation dans le nord du Mali, notamment à Kidal, « une région où règne un climat d’extrême défiance et où la rupture de l’administration malienne avec la plupart des populations touareg, historiquement abandonnées par les élites, est depuis longtemps consommée ».

Le Nouvel Observateur s’interroge sur l’influence des militaires maliens sur ce scrutin. « Va-t-il définitivement (les) renvoyer dans leurs casernes ? », se demande l’hebdomadaire. A commencer par le capitaine Sanogo. Car « le béret vert continue de hanter les Maliens, observe le journal. Il est devenu celui dont on ne prononce le nom qu’en baissant la voix ». Mais comme sa tête est « mise à prix », complète Le Nouvel Observateur, le capitaine Sanogo « se barricade. Il s’est retranché dans un bunker […] Muré dans un silence qui alimente toutes les rumeurs, il projette une ombre menaçante sur l’élection présidentielle ».

Quand aux Français, ils « vont rester » au Mali, souligne L’Express, car le combat engagé au Sahel contre les jihadistes « va durer des années ». L’hebdomadaire fait grand cas de Tessalit, dans l’extrême nord-est malien. En effet, explique le journal, « la présence de gisements d’uranium autour de Kidal, et d’hydrocarbures dans le bassin de Taoudenni, à environ 500 kilomètres au nord-ouest, excite bien des convoitises. La piste « en dur » de l’aérodrome de Tessalit n’en a que plus de valeur », conclut L’Express.

Cambodge : haro sur les Vietnamiens

Elections également, mais cette fois-ci au Cambodge, pour des législatives qu’un Franco-Cambodgien aimerait bien bousculer. Car si le Parti du peuple cambodgien et le Premier ministre Hun Sen sont donnés « grands favoris » de ce scrutin, l’opposition, menée en effet par le Franco-Cambodgien Sam Rainsy, a réalisé une « indéniable percée » durant la campagne électorale. C’est l’avis du Parisien Dimanche, qui se penche sur le cas de ce candidat rival de Hun Sen, et qui, même s’il est « tenu pour un démocrate », ne rechigne pas à prononcer des discours « ultranationalistes » stigmatisant les Vietnamiens, souvent perçus comme « l’ennemi ancestral », au Cambodge.

Espagne : victimes françaises dans la catastrophe ferroviaire

En Espagne, c’est officiel, on compte un Français parmi les victimes de la catastrophe ferroviaire. Jean-Baptiste Loirat, c’est son nom, dévoilé par Le Journal du Dimanche, était originaire de Nantes, sur la côte atlantique de la France. Il était vétérinaire, il avait 35 ans et, pour rejoindre sa famille en Espagne, il avait pris place à bord du train qui a déraillé près de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Selon la presse espagnole, une seconde victime française serait également à déplorer, rapporte également le JDD. Il s’agit de Ana Maria Alvarez Carballo, 46 ans, née en France et employée de la Sécurité sociale. L’une de ses filles, qui voyageait avec elle dans le train, « a survécu à l’accident », complète l’hebdomadaire.

Hitler : documents pour l’histoire

On conclut par un personnage que l’on n’est pas habitué à voir souvent à la Une de la presse hebdomadaire : Adolf Hitler. Et pourtant, cette semaine, Hitler est en couverture du Figaro Magazine et du Nouvel Observateur.

Le Figaro Magazine publie des documents inédits, les « dernières lettres » du Führer, écrites dans son bunker de Berlin, une semaine avant son suicide, alors que la capitale allemande, soumise à un déluge de feu, tombe, quartier par quartier, entre les mains des troupes soviétiques. Après la chute du régime hitlérien, les alliés investissent les lieux et ces documents inédits sont alors trouvés sur place par un officier français, le commandant Raymond Rose « dans une chemise en papier buvard rouge ».

Il s’agit de la correspondance « complète », précise Le Fig Mag, entre Hitler et Goering pendant les journées cruciales du 23 au 25 avril 1945, « dont le fameux télétype original qui fera couler beaucoup d’encre. Celui-là même où Goering demande au Führer son accord pour le suppléer au cas où il serait dépouillé de sa liberté d’action ». Cela s’est passé « le jour où, formule le journal, Goering a voulu renverser Hitler ». Des documents, « pour certains manuscrits […] de la main même d’Hitler », souligne l’hebdomadaire, et qui sont, estime-t-il, d’une « portée historique considérable ».

Après les avoir découverts, le commandant Rose a fait relier ces documents et les a conservés « chez lui », explique le Figaro Magazine. Plus de soixante-dix ans plus tard, les voilà à présent exhumés. Et publiés avec soin par l’hebdomadaire.

Allemagne : « Hitlermania »

En dehors des historiens, ces documents intéressent-ils vraiment le grand public ? En lisant Le Nouvel Observateur cette semaine, on imagine la réponse, qui est probablement positive, au moins pour les Allemands. Car Hitler les « obsède encore », énonce le journal en couverture et propose à ses lecteurs de leur expliquer pourquoi.

En Allemagne, on assiste à une « véritable Hitlermania », constate Le Nouvel Observateur. Livres, films, expositions, « qui retracent les horreurs du IIIe Reich », passionnent les Allemands. Car c’est en 1933 qu’Hitler, après avoir remporté les élections, est nommé chancelier. « Quatre-vingts ans après sa prise de pouvoir, Hitler continue à hanter les Allemands, s’effare le journal, mais aussi à les fasciner ». Raison pour laquelle Le Nouvel Observateur consacre un dossier de quatorze pages très documentées à ce phénomène.

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