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Revue de presse Afrique

A la Une : «jour de gloire au Mali»

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Les journaux africains commentent largement ce lundi le scrutin présidentiel de dimanche au Mali. « Le pays a connu une journée électorale exceptionnelle », écrit Le Républicain à Bamako. « Jour de gloire », titre Le Pays au Burkina Faso. « Pari tenu », choisit son confrère L'Observateur. Le journal salue Bamako qui a su tenir la date contre vents et marées. Pour Le Pays, c'est même « un véritable miracle politique », « la marque de la volonté divine ». Car en plus, les Maliens se sont rendus massivement aux urnes. « Je n’ai jamais vu ça, se réjouit sur Jeuneafrique.com un magistrat faisant office d’observateur dans l'un des plus gros bureaux de vote de Bamako. Jusqu’à 14 heures, cela n’a pas arrêté. Un flot continu d’électeurs ».

« Du monde » c'est aussi le titre qui s'étale en grosses lettres jaunes à la Une de L'Essor, à Bamako. « Une mobilisation plutôt surprenante, au regard du contexte sociopolitique dans lequel se tenait ce premier tour, s'étonne Guinée Conakry Info. Certains mêmes osent conclure que c'est la plus grande mobilisation qu'une élection malienne ait jamais enregistrée. On a bien entendu conscience que la mise en exergue de cet aspect particulier relève d'une volonté manifeste de donner raison à ceux qui ont poussé pour que le scrutin puisse se tenir ».

Couacs et ratés

Les journaux africains recensent tout de même plusieurs couacs, à l'intérieur, et à l'extérieur du pays. Sidwaya raconte comment les Maliens ont voté à Bobo-Dioulasso, au Burkina, là où vit une communauté de 7 000 personnes. Le site d'information prend l'exemple de cette femme qui a fait le tour des bureaux de vote, sa carte Nina à la main, sans trouver son nom sur les listes électorales. Impossible de voter : « c'était aussi le cas pour la majorité des refugiés maliens qui ont trouvé des abris au Burkina Faso, raconte Guinée Conakry Info. Plus dramatique, aura été le sort de milliers de Maliens de France ; particulièrement ceux de Montreuil. Dans ces deux pays stratégiques pour la diaspora malienne, ce fut une sainte pagaille et une totale confusion. »

« Enfin, la protestation des indépendantistes touarègues à Kidal mérite aussi d'être signalée, explique le journal en ligne guinéen. Elle n'a heureusement pas connu l'ampleur qui aurait pu perturber [le vote]. Mais elle est symptomatique de la disposition des habitants de cette localité quant à leur rattachement au Mali. Un défi pour celui qui sortira gagnant des opérations laborieuses de dépouillement de cette réconfortante compétition électorale ».

IBK, « joue sa Der »

Selon la presse malienne, Ibrahim Boubacar Keita connaît une nette avance sur ses concurrents. « Ces résultats non officiels, indiquent qu'il pourrait même créer la surprise et l’emporter dès le premier tour », selon Malicatu.net. « Ainsi, dans le bureau n°1 de Koulikoro (60 km à l'est de Bamako), l'un des tout premiers dont les résultats ont été portés à la connaissance des journalistes, l'ancien Premier ministre a obtenu 34 voix devançant Soumaïla Cissé », indique Afrika7. Les partisans d'IBK se sont d'ailleurs rassemblés dès hier soir dans les principaux centres névralgiques de Bamako, raconte Kaoci.net, au Mali.

« IBK, l'enfant de Koutiala, présenté comme le super favori de la présidentielle malienne », « qui joue sa Der dans cette présidentielle ». « Il est le seul ou presque à faire allégeance démesurée à la junte militaire », s'étonne Les Afriques. L'hebdomadaire économique poursuit : « Ce candidat, moulé dans un conservatisme pur et dur, malgré la modernité des courants politiques, joue-t-il à bonnes cordes la musique de la junte militaire et certaines officines diplomatiques souterraines dont les plus en vue sont Alger, Moscou ? Des observateurs avancent qu’avec ces derniers, il a pris goût de passer à table, déjà en position pour mettre en coupes réglées le Mali de l'après transition ». Les Afriques se demandent quels sont vraiment les dessous du deal...

« Un casque de chantier » pour le futur président

Le scrutin a tout de même été marqué par la peur selon la presse. « Jusqu'à la fin du processus, c'est-à-dire avant la proclamation des résultats, l'angoisse permanente tenaillera les Maliens ». C'est ce que croit savoir L'Observateur. L'Essor au Mali, renchérit : « La transition qui boucle un parcours plus constellé de plaies et de bosses que tapissé de roses, s’apprête à proclamer « mission accomplie »… sans arrêter de toucher du bois ».

« Il faut prendre très au sérieux, insiste Le Pays, les menaces terroristes du Mujao, surtout qu’il s’agit d’un scrutin à deux tours ». L'autre risque, c'est que les candidats n'accompagnent pas la transition. « Il est absolument nécessaire [qu'ils] jouent le jeu démocratique jusqu’à son terme, plaide Le Pays. Le Mali ne doit plus perdre l’estime du monde, en redevenant un volcan politique ». Nord, armée, reconstruction, réconciliation, école, économie, emploi : « sous son bonnet de président de la République, poursuit L'Essor, c’est un casque de chantier que l'élu coiffera pour s’attaquer à un champ de ruines où s’empilent les urgences.»

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