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Revue de presse Afrique

A la Une: Mali, la paix des urnes

Audio 04:38
Par : François-Xavier Freland
10 mn

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Qu'importe qui sera le locataire de Koulouba, le palais présidentiel, estime le quotidien burkinabè L'Observateur.

« Certes, cette élection est loin d’être classée dans le livre Guinness des Records en matière de bonne organisation, ironise l'Observateur, mais disons qu’aujourd’hui, il s’agirait d’une ultime sagesse de ne pas trop tirer sur la corde (...) le pays revient de très loin », rappelle le quotidien burkinabè. Pour ce dernier, « qu'importe le nom du gagnant, qu'il soit un Diallo ou un descendant de Soundjata Kéita n’est pas le vrai enjeu ».
L’essentiel, estime le journal, c'est que la patrie de Modibo Kéita, le premier président de l'indépendance, puisse tourner cette affreuse page de son Histoire. « Le Mali, au tissu industriel peu développé, dont l’économie est essentiellement dominée par l’agriculture et l’élevage, aux performances souvent anéanties par des cycles de sécheresse, a besoin de tous ses fils et d’un président qui aura les coudées franches pour impulser le développement », lit-on.

En écho, une petite leçon d'histoire dans le Faso.net. On y trouve une critique très intéressante du dernier livre de l'auteure malienne Mariam Dicko sur son livre « La démocratie des trois K »; comme Keita, Koulouba. « Le pays de Modibo Keita s'est transformé en un vaste champ de bataille, peut-on lire, où des frères d’hier sont devenus des ennemis d’aujourd’hui ». Et le journal de revenir sur cette observation d'un passé récent que beaucoup ont oublié. « Il y a encore peu, le Mali était un pays de cultures et de tourisme, ou la libre circulation des biens et des personnes y était une réalité. Mais aujourd’hui, force est de constater que cet Etat est devenu un pays où règne la méfiance ».

Abidjan.net publie une série de photos de partisans en Côte d'Ivoire de l'autre grand favori Soumaila Cissé qui contestent déjà la victoire annoncée d’IBK. La communauté malienne est importante dans ce pays voisin. Une de ses photos retient l'attention, on y voit un homme qui tient une pancarte où il est écrit très distinctement : « La paix au Mali passe par la transparence des élections ». On met la pression à quelques heures des résultats officiels.

Et puis, cette publicité maladroite qui ressemble à une boutade dans le Républicain, le quotidien malien, alors qu'on est en plein stress de l'annonce des résultats. En bandeau sur le journal, en tous les cas sur le site, il y a une annonce qui invite les maliens à immigrer au Canada. Sur une page de Une, ça a presque un petit côté provocateur. On disait plus haut que le Mali avait besoin de tous ses fils.

Au Bénin, on s'inquiète des dérives du régime du président Yayi


La Nouvelle Tribune déplore le siège de la résidence de l'ancien ministre de la communication Gaston Zossou par des forces de sécurité. « Sans mandat, des policiers armés de boucliers et de gourdins ont pris d’assaut son domicile hier après avoir appris que son mouvement Alternative citoyenne prévoyait un « défilé rouge » pour protester contre le projet de révision de la Constitution qui mettrait en péril selon ce mouvement l'équilibre démocratique ».  Hier, un avocat au barreau du Bénin a même été interpellé. On aurait retrouvé dans son véhicule des affichettes portant la mention « trop c’est trop ». Le mouvement Alternative citoyenne dénonce un durcissement du régime. Du côté des autorités, on se méfie de ce meneur de l'opposition béninoise; l'ancien porte parole du président Kerekou Gaston Zossou. Autrefois mêlé à des affaires de corruption et qu'on soupçonne aujourd'hui de vouloir déstabiliser l'état.

Au Nord-Kivu : la brigade de l’ONU entrera-t-elle en action ?


C'est la question que pose le journal en ligne Guinée Conakry info. « En dépit de son mandat qui lui donne clairement le droit de combattre, on croyait que la brigade onusienne déployée dans l’est de la RDC devait, comme son inefficace ainée, demeurer essentiellement une force dissuasive », rappelle, moqueur, le quotidien en ligne. « On n’était pas certain que l’organisation des Nations unies mettrait à exécution sa menace d’aller en guerre contre les troupes rebelles qui sévissent dans la richissime enclave que constitue la zone frontalière entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda », s'interroge encore Guinée Conakry. C’est pourtant ce qui risque bien d’arriver. L'ultimatum lancé aux rebelles du M23 a été levé hier.
En tous les cas, le M23, « la rébellion de trop » selon le journal congolais Le Soft, a déjà été vaincue, (…). « S’il tente maladroitement de récupérer le discours kinois de connivence (mal gouvernance, élections truquées, etc.), il cherche à ne pas périr trop tôt mais cela ne lui fait pas gagner un millimètre de popularité » estime Le Soft. A lire cet article intéressant sur les raisons de l'échec de toutes les tentatives de paix successives au Nord Kivu. « Sous Mobutu, se souvient-on, un certain Abdoulaye Wade, médiateur, avait été éconduit par Tshisekedi avant que celui qui devint plus tard président du Sénégal ne déclare qu’il avait trouvé au Zaïre l’opposition la plus bête au monde ».

Le Soft estime que c'est aussi la situation géo-politique du pays qui a connu les tiraillements de la guerre froide, la redéfinition de l'influence française depuis au profit de l'Afrique du sud ou des Etats-Unis dans la région, et puis ambiguïté rwandaise qui expliquent un tel résultat.

« La régulation des conflits apparaît donc comme relevant d’un champ complexe déterminé par les politiques de puissance ». Fin de citation. Un peu compliqué, mais qui veut comprendre la situation en RDC doit se replonger dans l’histoire.

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