Revue de presse française

A la Une: second tour inattendu au Mali

Audio 07:37

Publicité

« IBK, loin devant » titre Libération, repart pour un tour. Il a recueilli 39% des voix contre 19% pour son principal rival Soumaïla Cissé. Désormais, tout va dépendre du report des voix et de la capacité de Soumi, comme on le surnomme, à maintenir la cohésion du front anti-IBK, analyse Libération. Et son envoyé spécial Thomas Hoffnung de souligner cette petite phrase de l'ancien ministre des Finances et ex-dirigeant de l'Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest, Soumaïla Cissé, juste avant le premier tour : « La priorité n'est pas de flatter je ne sais quel patriotisme (...), ce que veulent les gens ce sont des routes de bonne qualité, des écoles qui fonctionnent, des emplois ». Fin de citation. Car IBK a beaucoup joué sur la corde sensible patriotique. Ses affiches, « Pour l'honneur du Mali », résument bien la priorité de celui qui a mis au centre de son discours, l'unité territoriale du pays, après des mois de crise et de séparation Nord-Sud.

Le Parisien Aujourd'hui en France s'étonne lui des résultats avec ce titre : « Mali, il y aura un second tour ! » Comme si on en avait douté. Le Parisien qui fait sa Une sur les départs en vacances des Français revient donc sur le premier tour de cette élection malienne, certes à l'avantage de Ibrahim Boubacar Keïta, mais plus serré qu'avait l'air de le laisser entendre Moussa Sinko Coulibaly, le ministre de l'Administration territoriale malien mardi dernier; provoquant même la polémique qu'on sait. Justement, Le Parisien revient sur les soupçons de Soumaila Cissé concernant le bourrage des urnes par les partisans d'IBK. Le Parisien rappelle aussi que ce qui différencie les deux hommes, c'est que l'un, Soumaïla Cissé, était farouchement hostile au putsch qui a renversé Amadou Toumani Touré en mars 2012, lorsque l'autre, IBK, l'a soutenu.

En Iran, voici venu le tour du nouveau président

Hassan Rohani, celui que l'on dit modéré, prend ses fonctions ce week-end. A lire l'enquête de Libération. Hassan Rohani voudrait se rapprocher apparemment des réformateurs influents. Mais les conservateurs s’y opposent, constate Libé qui explique les difficultés du nouveau numéro un de Téhéran à composer sa future équipe gouvernementale. Il est littéralement torpillé par les durs du régime. Alors il est vrai que personne ne s'attendait à sa victoire au sein de l’establishment conservateur et l'éclairage de Libération contredit quelque peu la thèse de ceux qui pensent que tout avait été préparé d'avance, et que derrière le soi-disant modéré se cache un autre dur du régime iranien. Même l’entourage du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, l'ultra conservateur, lit-on, n’imaginait pas que Rohani puisse être élu, de surcroît dès le premier tour, au scrutin de juin dernier. Selon les informations de Libé,  les services de renseignements iraniens (tenus par les conservateurs), le voyaient même en cinquième position.

Alors aujourd’hui, face à la crise économique dans son pays, ce nouveau président iranien élu en juin, dont la communauté internationale attend toujours de connaître le vrai visage « est bien en rupture avec la période Ahmadinejad », peut-on lire. Il s'agit pour lui d'assurer le développement économique avant tout. Et sur le plan diplomatique, Hassan Rohani propose de rééquilibrer la diplomatie iranienne en ouvrant un dialogue avec l’Occident, notamment sur le dossier sensible du nucléaire. Alors hier, relate Libération, les déclarations de Hassan Rohani à l'égard d'Israel ont donné du grain à moudre à ses pires détracteurs qui l'attendaient au tournant. « Le régime sioniste est une blessure qui existe depuis des années dans le corps du monde musulman », aurait-il dit. Provoquant aussitôt une réponse cinglante du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, affirmant que le nouveau président iranien montrait son « vrai visage plus tôt que prévu ». Démenti ensuite de Téhéran, apparemment les propos auraient été déformés par les médias locaux, qui ont corrigé ensuite leur copie et supprimé la fameuse phrase sur la foi des images de la déclaration présidentielle à la télévision, relate Libération. Alors ça démarre plutôt mal pour celui qui est déjà affaibli par l'aile dure dans son pays et qui cherche des soutiens à l'étranger.

Tour du terrain pour le PSG et Bordeaux à Libreville

Le Gabon accueille le Trophée des champions français qui oppose ce soir les joueurs de football du PSG à ceux de Bordeaux. Alors dans un entretien exclusif accordé au Figaro, le président Ali Bongo cite un symbole de l'indépendance peut-être pour justifier l'organisation dans son pays d'un événement sportif français, aux relents françafricains pour les plus critiques. « Cela concrétise le rendez-vous "du donner et du recevoir", comme disait Senghor, justifie habilement le président gabonais. On a coutume de dire que le football français puise dans le "réservoir" des talents africains. Je préfère dire que les joueurs africains - plus d’une centaine - sont le "moteur" du championnat français ! ». Et le président Bongo de citer les noms de quelques grands sportifs gabonais qui se sont illustrés dans l'hexagone. Pierre-Emerick Aubameyang par exemple, passé de Saint-Étienne au Borussia Dortmund, désigné meilleur footballeur africain de Ligue 1. Alors outre l'envie d'utiliser et de rentabiliser les infrastructures sportives de son pays, ces nouveaux stades qui ont accueilli la Coupe d'Afrique des nations l’an passé, le président du Gabon veut « inciter les concitoyens à oser » (…) La dynamique dans laquelle nous sommes, cette volonté de partage des fruits de la croissance, nous incite à aller plus loin dans l’écriture de notre histoire et de notre projet national. « Le sport est fédérateur », dit Bongo. Apparemment; il veut créer une ligue professionnelle avec des écoles de formation et d'arbitrage gabonaises pour éviter que les talents ne s’expatrient trop jeunes vers « l’eldorado européen ». Alors pas de question qui fâche dans cet entretien somme toute très conciliant, mais on aurait envie de savoir aussi pourquoi en Afrique, l'avenir des jeunes ne passent que par le football.
Sur le match, le journal La Croix affiche les tarifs, entre 2 et 20 euros la place, c'est accessible. Et le quotidien catholique constate que la solidarité est au programme puisqu’il y a un partenariat avec l'Unicef, les joueurs des deux équipes visiteront des centres de jeunes en difficultés et un orphelinat.

Intéressante l'observation de l'envoyé spécial du Parisien qui constate que Marseille est plus populaire que le PSG au Gabon, et  que Libreville « est couverte de panneaux annonçant le match, reléguant les décorations du 53ème anniversaire de l'indépendance du pays, le 17 août, au second plan ». PSG-Bordeaux à Libreville, c'est à suivre ce soir en direct sur l’antenne de RFI.

Un petit détour historique au Vietnam

Quelques pages plus loin, c'est intéressant, toujours dans le Figaro, car on retrouve un autre prénom, Medhi. Il n'est pas joueur de football. On est au Viet Nam, à Dien Bien Phu. « C'est ici qu'a eu lieu la fameuse bataille qui a sonné le glas de l’empire colonial français », rappelle dans le reportage du Figaro Huyen Dao Thanh, co-auteur d’un livre « Diên Biên Phu vu d’en face ». On fêtera l'an prochain le 60ème anniversaire de la chute de Dien Bien Phu. A l'époque, il faut savoir que des jeunes africains, entre 20 et 30 ans, jouaient peut-être au foot mais combattaient surtout avec l'armée française contre les troupes de libération d'Ho Chi Minh. Le Figaro s'arrête sur la rencontre de son reporter Nicolas de la Grange sur place avec un jeune Medhi, français d'origine marocaine, qui a décidé en fin de voyage en Asie de faire un stop comme on dit à Diên Biên Phu, là où son grand père a combattu. Rencontre touchante, humaine. Le grand-père de Medhi est né dans le Moyen Atlas, au Maroc. Il s’est battu à Diên Biên Phu, il a été fait prisonnier, s’en est sorti. Il est mort il y a plus de quinze ans et Mehdi n’en a jamais beaucoup parlé avec lui. « Il est gêné, presque, de ne pas savoir dans quelle unité servait son aïeul. Il est gêné, et il a tort », estime le journaliste du Figaro, « car sa présence aujourd’hui est le plus bel hommage aux milliers de soldats français tombés ici ». Et au-delà, Diên Biên Phu est devenu un drapeau pour d’autres luttes, « le symbole de la victoire des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail