Revue de presse française

A la Une: le séisme égyptien

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«L'Egypte au bord de la guerre civile», s'inquiète en Une Le Parisien Aujourd'hui en France qui constate que le pays est dans l'impasse, alors que de nouveaux affrontements ont eu lieu hier, en marge du «Vendredi de la colère», organisé par les frères musulmans. Bernard Kouchner, l'ancien ministre des Affaires étrangères condamne dans un entretien accordé au Parisien, «la répression sanglante» contre les islamistes. «Même s’ils ne sont pas nos amis, cette répression est inacceptable», dit-il. Bernard Kouchner qui fait un parallèle entre la situation égyptienne actuelle et celle vécue par l'Algérie dans les années 90, estime plus loin «qu'on ne jette pas un président élu, Morsi en l’occurrence, en prison» et déplore encore « le manque de concertation au niveau européen.» « L’Europe ne parle pas d'une voix commune, c’est pourtant le moment nom de nom, s’énerve l’ancien ministre des Affaires étrangères dans Le Parisien. La Une de Libération est peut-être celle qui résume le mieux ce matin la situation en Egypte.

«L'engrenage» titre Libé qui constate aussi que le pays semble désormais irrémédiablement coupé en deux. «Ô Dieu, venge nos martyrs», s'est exclamé vendredi un prêcheur durant la grande prière. Un prêche très violent; pas très religieux qui n'a pas échappé au courageux journaliste de Libération sur place. C’est sur le terre-plein face à la gare Ramsès, qui porte le nom du pharaon et devant la station de métro Shahooda, qui signifie «Martyrs» en arabe, que se sont réunis les partisans pro-Morsi pour prier leurs morts. Le correspondant de Libé, Marwan Chahine décrit une ambiance pas vraiment sympathique, alors qu'il s'est retrouvé au milieu « de petites frappes qui exibaient «leurs bras musclés» comme il le précise. «Le général Al-Sissi a été trop loin» raconte un père de famille qui se dit prêt, lui aussi, à «mourir en martyr». Et quand on lui demande, s’il n’a pas peur d’une guerre civile, le père de famille hésite : «Grâce à Dieu, elle sera évitée. Dieu est du côté du bien.» Dieu à la Une du Figaro aussi, toujours en Egypte, avec cette photo en Une d'une femme implorant le ciel, les bras en l'air, un crucifix tendu par une autre personne derrière. «Les chrétiens terrorisés par les islamistes» s'inquiète Le Figaro qui en parlait déjà hier et qui fait le point ce matin sur les multiples incidents qui ont touché la communauté chrétienne en Egypte, près de 8 millions de personnes en tout. Vingt-cinq églises ont été attaquées lors des récentes émeutes.

Les coptes qui représentent la majorité de ces chrétiens, soit environ 10 % de la population en Egypte, sont les premiers visés. Et Le Figaro de rappeler qu'ils ont toujours été maltraités en Egypte. Même avant les islamistes. Au temps de Moubarak, les coptes étaient considérés comme des «citoyens de second rang». Maintenant, ils sont devenus les boucs émissaires des frères musulmans «farouchement anti-chrétiens», estime un spécialiste du monde arabe dans les colonnes du Figaro.

De l'Egypte moderne à la Rome antique

La Croix nous emmène ce week-end sur les traces de l'ancienne capitale de l'empire romain. La correspondante du quotidien catholique, Guillemette de la Borie s'est inscrite aux Rencontres romaines qui proposent aux touristes de découvrir les hauts lieux antiques de la ville de Romulus et Romus, les deux frères ennemis fondateurs de la capitale romaine. Vingt bénévoles sont formés pour guider chaque année plus de 10 000 visiteurs, apprend-on. «C'est une visite au berceau de notre civilisation», se réjouit une touriste française adepte de ce petit circuit historique qui commence au pied de la statue de l'empereur Marc-Aurèle et qui, du Capitole se dirige vers le Colisée, en passant par l'arc de Septime Sévère. Patriciens, vestales, tribuns, plébéiens et esclaves, autant de mots parfois savants qui jalonnent la visite et rappellent de vieux souvenirs d'école. Un cours d'histoire grandeur nature en quelque sorte. «Les gens ont soif de culture et de spiritualité», résume Philippine, une Franco-Belge, jeune diplômée en histoire de l'art et guide, donc aux Rencontres romaines.

La vieille Europe tremble

De la Turquie au sud de l'Italie en passant par la Grèce, le sud de l'Europe serait particulièrement concerné. A priori rien de très nouveau ! Ce qui l'est, c'est l'intensité des secousses. Les chercheurs ont revu leur estimations à la hausse, de un point parfois sur l'échelle de Richter dans certaines zones. L'Italie bien entendu est dans le rouge. La France un peu moins, même si le risque sismique reste important; notamment dans les Pyrénées, dans le Jura, mais aussi -et on le sait moins -, dans le Massif armoricain, en Bretagne. Une nouvelle cartographie est en cours où les normes parasismiques sont réévaluées selon Le Monde. On veut éviter en Europe, une catastrophe nucléaire telle que celle de Fukushima. Et, à en croire le quotidien du soir, cinquante scientifiques ont planché sur les risques sismiques en Europe en analysant non seulement la déformation de la croûte terrestre, grâce aux instruments terrestres ou satellitaires mais aussi en épluchant les archives du dernier millénaire. On va chercher loin dans l'histoire pour prévoir le présent et l'avenir.

Pas de séisme en perspective dans la Liga espagnole

Les clubs espagnols sont en crise et cette année, pour réduire leurs dettes, le budget des transferts s'en est ressenti. «Des clubs déplumés par l'été» constate l'Equipe qui souligne l'exode des principaux attaquants des grand clubs espagnols, comme celui du Colombien Falcao passé à l'inter-saison de l'Atletico de Madrid à l'AS Monaco. Même Messi se cherche un ami au Barça tellement il est esseulé à la pointe de l'attaque malgré l'arrivée en renfort du Brésilien Neymar, ironise l’Equipe. En tous les cas, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Alors que la Liga espagnole débute ce week-end avec le choc Real Madrid-Bétis Seville, le quotidien sportif se réjouit donc de la situation de Benzema, qui a désormais «un boulevard» devant lui selon l'Equipe. Le départ de l'Argentin Higuain pour Naples, qui a rapporté au club 37 millions d'euros, devrait permettre à Benzema de se révéler complètement, sachant que le Real a pris le parti de n'engager aucun autre numéro 9. «Nous ne l'avons pas encore vu à son véritable niveau, mais nous devrions le voir cette saison, expliquait il y a peu le dirigeant volontairement optimiste du Real Madrid, Florentino Perez. Le système d'Ancelloti s'adaptera beaucoup mieux aux caractéristiques de Benzema, déclare-t-il aujourd'hui. Et puis, Zidane veille sur lui», a constaté le correspondant de l'Equipe. Bref, désormais, il débute la saison dans des conditions idéales, sans concurrence. « Il n'a pas le droit de décevoir » conclut l'Equipe, qui rappelle au passage que Benzema devra se méfier néanmoins des jeunes qui frappent à la porte.

La beauté d'une actrice aux allures égyptiennes

Dans le dernier chapitre de sa série estivale sur les grandes passions du 7ème art, Le Figaro revient sur la passion torride entre le réalisateur italien Michelangelo Antonioni et une jeune actrice d'alors Monica Vitti, une blonde un peu farouche qu'il avait repérée lors d'un précédent tournage. Nous sommes en 1959, sur une petite île italienne, l'ambiance est tendue autour de l'Avventura, un film sur l'absence, sur l'adultère aussi, alors que le tournage prend du retard à cause du mauvais temps. Eric Neuhoff; le journaliste du Figaro a des accents durrasien lorsqu'il décrit la beauté de cette casi divinité : Monica Vitti. «Le corps de Monica, écrit-il. Ses jambes. Ses lèvres. Sa crinière blonde. Son décolleté». «Ses yeux de myope. Ils sont ce qu’il y a, en elle, de plus bizarre, disait son amant, le réalisateur Antonioni. Ils ne s’arrêtent sur aucun objet, mais fixent, absorbés, de lointains secrets, déclarait-il. » Et le journaliste du Figaro de poursuivre, «À l’écran, elle fait des grimaces dans la glace, se recoiffe au milieu d’un escalier, a des gestes d’impératrice, un profil de hiéroglyphe». Monica Vitti avait quelque chose de la pharaonne égyptienne. A l'époque on invoquait Dieu pour d'autres raisons. Le Figaro rapporte qu'un pêcheur local de l'île en question avait fait un signe de croix pour éviter qu'une tornade ne s'abatte sur l'équipe de tournage...

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