Revue de presse Afrique

A la Une : la guerre des ego à Madagascar

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« La guerre des ego à Madagascar », c’est ainsi que le quotidien burkinabè Le Pays qualifie l’attitude des trois recalés à la présidentielle qui refusent la décision de la Cour électorale spéciale et entendent se maintenir envers et contre tous.

« L’occasion était belle pour les Malgaches d’écrire une nouvelle page de leur histoire politique par l’organisation d’un scrutin propre. Mais c’était sans compter, déplore le journal, avec Didier Ratsiraka, Andry Rajoelina et Lalao Ravalomanana pour qui la Grande Ile est taillée à leur mesure. Ces trois acteurs se trouvent au cœur de la crise politique du pays et se livrent, de manière indécente, à une guerre d’ego qui ne manquera pas de plonger la Grande Ile dans une période de troubles dont les Malgaches paieront les frais. » Et Le Pays de conclure : « Madagascar est à la croisée des chemins. Aucun Malgache n’a le droit de tirer sur l’ambulance. Ce message est aussi valable pour Didier Ratsiraka, Andry Rajoelina et Lalao Ravalomanana et ce ne sont pas leurs cris d’orfraie, dénonçant une ingérence de la communauté internationale dans les affaires intérieures de Madagascar, qui les empêcheront de répondre devant l’histoire, si à cause d’eux le pays venait à brûler. »

Sombres perspectives en Egypte

En Egypte, les Frères musulmans restent déterminés… C’est du moins l’opinion du site d’information Fasozine qui constate que « moins de 24 heures après avoir été séparée de son chef spirituel, la confrérie a porté son adjoint, Mahmoud Ezzat à la tête de l’organisation. Une manière tout aussi radicale de montrer aux autorités égyptiennes qu’elle n’arrête pas le combat pour la réhabilitation de Mohamed Morsi comme président. Malgré le carnage dont les Frères musulmans ont fait l’objet ces derniers jours, l’organisation donne la preuve qu’elle n’est pas prête à courber l’échine. »

Du coup, Fasozine envisage le pire : « Avec cette dernière radicalisation des positions de part et d’autre, il faut vraiment craindre pour cette Egypte qui a comme perdu les vertus du recours au dialogue. Plus les jours passent, plus l’espoir d’une paix des braves s’évapore. Les menaces de suspension de l’aide financière que brandit depuis quelques jours Bruxelles suffiront-elles à faire baisser la tension et surtout à amener les protagonistes de la crise autour d’une table de négociation ? Rien n’est moins sûr. »

Le site Guinée Conakry Infos est sur la même ligne, avec ce titre : « De sombres perspectives pour le pays du Sphinx. (…) La méthode dure ne pourrait être la solution pour l’Egypte, estime-t-il. Parce qu’elle ne fera certainement pas plier éternellement les Frères musulmans. La perspective de la mort ne saura avoir raison du sentiment d’injustice qui les ronge. Ils useront de méthodes qui les exposent moins, pour frapper fort. Ils ne plieront pas aussi facilement. Et la stratégie que beaucoup d’observateurs entrevoient, relève Guinée Conakry Infos, c’est bien la guérilla clandestine. Il semble même que Mahmoud Ezzat, le successeur de Badié, soit d’un tempérament qui n’y verrait aucun inconvénient. Un pur et dur à cuire. »

Dictature ?

Pour sa part, Le Quotidien d’Oran en Algérie, dénonce l’instauration d’une nouvelle dictature militaire en Egypte : « on est bien dans une démarche de restauration autoritaire, affirme le quotidien algérien. Le discours du général Al-Sissi mérite bien une lecture. L’armée se charge de “garantir” la volonté populaire ! Ce ne sont pas des institutions démocratiques fonctionnant selon des règles légales qui font la “garantie”, c’est l’armée, déplore Le Quotidien d’Oran. (…) On est bien dans le système de “l’Etat profond” où des tuteurs informels se chargent de décider de l’intérêt du peuple, de la nation et de l’Etat. »

Enfin, face aux violences meurtrières qui ont secoué le pays, L’Observateur au Burkina s’insurge contre ce qu’il appelle « le silence assourdissant de la CPI. (…) Après tant de morts dus aux balles de l’armée, la Cour pénale internationale est restée coite telle une momie. Pas un mot, pas la moindre condamnation ; même de principe pour avoir ôté tant de vies humaines pour rien ! En d’autres circonstances, cette juridiction internationale aurait bandé les muscles et menacé de traduire les sicaires et leurs commanditaires d’un tel massacre devant cette Cour qui cause tant de frissons. Alors pourquoi un tel mutisme ? », s’interroge L’Observateur. « Est-ce simplement parce que, véritable chouchou de l’Oncle-Sam, l’Egypte reste, quoi qu’on dise, une puissance à l’échelle africaine qu’il ne faudrait déranger pour aucune raison ? » 

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