Revue de presse française

A la Une : jour d’horreur en Syrie

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C’est le grand titre de La Croix, avec cette photo d’un enfant en larmes. « Des centaines de personnes, précise le journal, auraient été tuées mercredi par l’armée dans la banlieue de Damas. L’opposition accuse le régime d’avoir utilisé des armes chimiques. »

La Croix qui relève que « des images et des vidéos mises en ligne sur internet semblent accréditer cette hypothèse sans qu’il soit possible d’en avoir confirmation de source indépendante. La priorité pour l’ONU, dont une mission est actuellement à Damas (…), est de pouvoir se rendre sur place, estime le journal, pour effectuer au plus vite des prélèvements du sol, examiner les blessés, autopsier les victimes. (…) Et si l’usage de gaz chimiques est rapidement avéré, les pays qui soutiennent Bachar el-Assad devront réviser leur position », affirme encore La Croix qui rappelle cette déclaration, lundi, du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon : « L’utilisation d’armes chimiques par l’un ou l’autre camp, quelles que soient les circonstances, serait un crime international, et les responsables devraient en répondre. »

Libération publie pour sa part les terribles photos qui ont été diffusées, hier, sur internet par l’opposition syrienne. « Comment écarter la possibilité d’une mise en scène ou d’une provocation le jour même où les inspecteurs des Nations unies chargés d’enquêter sur l’usage des armes chimiques en Syrie finissent leur premier petit-déjeuner à l’hôtel Four Seasons de Damas ? », s’interroge le journal. « Puis les témoignages et les images qui affluent toute la matinée dissipent peu à peu les doutes, relève Libération. Des dizaines de corps sans une goutte de sang gisent alignés sur le sol dans les hôpitaux de fortune des localités de la Ghouta orientale, dans la banlieue de la capitale. Des enfants, des hommes et quelques femmes – plus rarement filmées – auraient été atteints dans leur sommeil par des gaz toxiques (…). “Ils sont tombés comme des mouches”, témoigne ce médecin interrogé par le journal. Sans pouvoir affirmer formellement qu’il s’agit du sarin, le médecin signale que tous les symptômes constatés chez les victimes sont ceux généralement provoqués par ce gaz prohibé. “Ralentissement du rythme cardiaque jusqu’à l’arrêt total en quelques minutes, étouffements, nausées…” »

Pour Le Figaro, « Washington, Londres et Paris pourraient avoir du mal cette fois à fermer les yeux. Les treize attaques chimiques précédentes, signalées à l’ONU, avaient été d’une ampleur suffisamment faible pour que la communauté internationale réussisse à se dédouaner de ses responsabilités. À Paris et à Londres, on estimait parfois que les menaces, même si elles n’étaient pas suivies d’effet, avaient eu un rôle dissuasif vis-à-vis de Damas… Mais, relève Le Figaro, si plusieurs centaines, voire un millier de civils syriens sont bien morts, victimes d’agents chimiques, mercredi au sud-ouest de la capitale, l’inaction sera plus difficile à justifier. Le conflit, qui a déjà fait plus de 100 000 morts, changerait alors de nature. Il pourrait s’agir d’un tournant dans la guerre. (…) Plusieurs fois reportée, la conférence internationale de Genève II, que la Russie et les États-Unis doivent préparer la semaine prochaine à La Haye, était déjà fragile. Le massacre chimique de Damas, s’il est confirmé, devrait l’enterrer. »

Encore lui !

La politique en France : Manuel Valls continue de faire la Une… « Les prises de position de Valls sèment la zizanie à gauche », lance Le Figaro en première page. Notamment ses propos tenus lundi sur l’islam et le regroupement familial. « Selon la presse, Manuel Valls se serait interrogé devant ses collègues, appelés à réfléchir à la France de 2025, sur la compatibilité de l’islam avec la démocratie, rappelle Le Figaro. Il aurait également disserté, dans le sillage de Laurent Fabius, sur la pression démographique en Afrique et la possibilité de revoir les conditions du regroupement familial. » Réaction offusquée de plusieurs ministres, dont Cécile Duflot, dont nous rapportions les propos hier dans cette revue de presse…

Ce matin, réaction de l’intéressé… Le ministre de l’Intérieur s’explique dans une interview accordée à Libération. Aux attaques de ses détracteurs, il répond : « je ne veux pas rentrer dans une polémique inutile qui part d’une déformation de mes propos lors du séminaire de rentrée. (…) Je suis dans l’action autour de ma mission principale : assurer la sécurité des Français, mettre en œuvre les engagements du président de la République. » Précisément, à propos de l’immigration, le ministre de l’Intérieur déclare : « si je suis convaincu que l’immigration est une chance pour notre pays, il faut aussi être réaliste : l’immigration doit être organisée, régulée et ceux qui disent le contraire manqueraient de discernement. »

Et Manuel Valls d’enfoncer le clou : « dans mes fonctions, je fais la démonstration que la gauche apporte les meilleures réponses possibles à ces questions-là. Je veux prouver que la gauche est meilleure que la droite pour garantir la sécurité aux Français. Alors, à l’évidence, je gêne à droite, affirme le ministre, et je peux le comprendre, mais je comprends moins ceux qui, à gauche, mettent en cause mon action alors que celle-ci rencontre la confiance des militants socialistes, des sympathisants socialistes, mais aussi de la majorité des Français. »

Commentaire de Libération à ces propos du ministre de l’Intérieur : « Valls défend une certaine idée de la France et de la République avec un amour de la nation d’autant plus grand qu’il est né ailleurs. (…) Valls répète qu’il n’y a pas à choisir entre l’ordre et les libertés.
C’est juste, mais le ministre a jusqu’à présent montré plus de zèle à défendre l’ordre que les libertés. »

Va-t-il réussir ?

Politique toujours, avec un changement d’inflexion envers l’action de François Hollande. Très critiqué dans la presse ces derniers mois, le chef de l’Etat a les honneurs ce matin du Parisien… Avec ce grand titre : « Croissance, emploi… Et s’il gagnait son pari ? » Le journal précise : « François Hollande a toujours affiché la certitude d’une inversion de la courbe du chômage à la fin de l’année. Les principaux indicateurs économiques montrent que c’est possible. (…) Il y a d’abord eu ce rebond surprise de la croissance française de 0,5 % au deuxième trimestre. “L’amélioration touche tous les secteurs en France”, se félicite-t-on à Bercy. D’autres indicateurs, comme la légère augmentation du pouvoir d’achat des ménages et de la consommation ou la stabilité des investissements des entreprises, après plus d’un an de recul, laissent entrevoir une éclaircie. (…) On saura, dès mardi, conclut Le Parisien, avec les chiffres du chômage de juillet, si les indicateurs continuent à virer au vert. Et si le pari de François Hollande s’avère plus difficile à relever qu’il ne l’avait prévu. »

Modernité et tradition…

Deux villes en exergue dans les pages été des journaux ce jeudi… Tanger au Maroc et Strasburg aux… Etats-Unis. « Tanger la rebelle en plein essor », titre Le Figaro qui poursuit sa série sur les eldorados de la croissance avec aujourd’hui, donc, la cité portuaire du nord du Maroc : « le royaume marocain n’a pas lésiné sur les moyens pour faire de cette ville du Nord, à la légende sulfureuse, une cité portuaire au rayonnement commercial international. En trente ans, la population y a quadruplé et les projets ne manquent pas. (…) La ville est devenue le deuxième pôle économique du pays, après Casablanca. » D’ailleurs, note Le Figaro, « à force de dirhams – environ 100 millions d’euros déboursés dans les années 2000 rien que pour l’infrastructure routière et ferroviaire –, Tanger est aujourd’hui reliée à la capitale et à Casablanca par une autoroute. Demain, ce sera le TGV, le premier du continent africain. »

Strasburg… aux Etats-Unis : La Croix nous emmène dans cette petite ville de Pennsylvanie. La Croix qui poursuit sa série de reportages sur les villes américaines au nom français. Strasburg, donc, fondée au XVIIIe siècle par des amish, mouvement religieux rigoriste né en Alsace un siècle auparavant. D’où le nom de Strasburg, la capitale alsacienne. De nos jours, dans la ville, relate l’envoyé spécial de La Croix, « les voitures, prudentes, côtoient les petites carrioles noires des femmes en longues robes et de leurs maris à longues barbes. » Et on y parle toujours un dialecte proche de l’alsacien. « Comme les communautés vivent entre elles et que les enfants sont instruits dans des écoles amish, la langue s’est conservée. » D’ailleurs, à propos d’enfants, les amish sont prolifiques… cinq en moyenne par famille, relève La Croix. Ce qui fait que la population amish a doublé en 30 ans… Et depuis, aux Etats-Unis, on compte une dizaine de villes baptisées… Strasburg !

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