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Revue de presse Afrique

A la Une: la Guinée en ébullition après les révélations du Canard enchaîné

Audio 04:32
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Les notes de la CIA et de la DGSE publiées en scoop par l’hebdomadaire français Le Canard Enchaîné ont eu l’effet d’une bombe dans la “politosphère” guinéenne », s’exclame Guinée Conakry Infos. « Ces révélations, qui annoncent pour le pays des jours de mauvais augure provoqués par la furie du richissime franco-israélien Beny Steinmetz, qui a juré sur tous les toits d’avoir la peau du président Alpha Condé, ont littéralement atteint le haut du Richter politique guinéen. Un séisme d’autant plus redoutable qu’il est porteur de rumeurs d’un possible coup d’Etat de gros calibre. »

Alors « qui veut faire tomber le régime Condé ? », s’interroge Guinée news, autre site d’information guinéen. « Derrière cette nébuleuse opération subversive, se cacherait un magnat franco-israélien du nom de Beny Steinmetz qui n’est autre, précise Guinée News, que le PDG de BSGR, la compagnie qui a acquis dans la plus grande opacité et contre seulement la modique somme de 165 millions de dollars, les blocs 3 et 4 du riche gisement de fer de Simandou dans le sud-est guinéen. Une concession qu’il revendra quelque temps après à Vale, le géant minier brésilien pour 2,5 milliards dollars en violation flagrante du code minier guinéen. Avec l’arrivée au pouvoir du président Alpha Condé qui a fait de la lutte contre la corruption dans le secteur minier guinéen son cheval de bataille, Beny Steinmetz ne pouvait que désenchanter, relève le site. Ainsi s’engage depuis un bras de fer entre lui et le nouveau régime de Conakry. »

Alors, « après avoir été mis en difficulté sur le terrain juridique, Steinmetz aurait-il décidé de sauvegarder ses intérêts guinéens par des moyens musclés ? », s’interroge Guinée news. « C’est la conviction en tout cas des services français et américain qui n’apportent pas de preuves mais font des rapprochements, indique Le Canard Enchaîné. »

En tout cas, l’affaire a pris une tournure politique hier… Comme le rapporte le site AfricaGuinée, les autorités guinéennes prennent ces informations « très au sérieux ». Pour le porte-parole du gouvernement, Damatang Albert Camara, cité par le site, « les violences connues ces derniers temps à Conakry lors des manifestations de rue, ne constituent pas un fait du hasard : il y a plusieurs mois que nous avions signalé que beaucoup de manifestations en Guinée n’étaient ni spontanées, ni politiques. Nous n’étions pas audibles à l’époque. Beaucoup de personnes aujourd’hui, qui manifestent, qui invectivent, ne savent même pas pour qui et pour quoi elles agissent. »

Le ministre de la Sécurité, Madifing Diané, a été plus précis hier en accusant directement l’alliance UFDG, l’opposition, rapporte Guinée Direct : « il a déclaré détenir des informations depuis des mois sur un coup d’Etat en préparation en Guinée. “Je peux vous dire aujourd’hui, a déclaré le ministre, que l’Alliance UFDG a des ailes qui se sont installées en son sein et qu’il y a des personnes membres de cette alliance qui sont à l’extérieur qui tirent les ficelles pour la réalisation de ce coup d’Etat.” »

« Face à ces accusations, la réponse du chef de file de l’opposition ne s’est pas faite attendre, relève Tam Tam Guinée. Cellou Dalein Diallo a estimé que son parti étant républicain n’avait rien à se reprocher. Selon lui, l’UFDG passera par la voix légale pour accéder au pouvoir et non par un coup d’Etat. Pour le chef de file de l’opposition, rapporte encore Tam Tam Guinée, ces allégations du pouvoir en place pourraient être un moyen de prévenir les marches que l’opposition pourrait organiser en cas de mascarade électorale. Cellou Dalein Diallo a aussi affirmé que cela pouvait être une campagne d’intimidation en direction des militants de l’opposition en générale et de l’UFDG en particulier. »

Bref, ces rumeurs de coup d’Etat n’ont fait qu’attiser les haines entre les deux bords… « La Guinée inflammable à la veille des élections », s’exclame Libération à Paris. « La situation est-elle en train de déraper en Guinée ? A trois jours des législatives, le climat est explosif dans ce petit eldorado minier d’Afrique de l’Ouest, relève le quotidien français. Les heurts violents entre partisans du pouvoir et ceux de l’opposition font craindre le pire. Et l’ambiance électrique se pimente désormais de rumeurs de coup d’Etat, constate Libération, comme l’a révélé hier Le Canard Enchaîné, qui évoque l’implication d’un milliardaire franco-israélien, mouillé dans la gestion douteuse des fabuleuses ressources en fer du pays. »

Libération qui rappelle l’importance du scrutin d’après-demain : « Ce sont les premières législatives démocratiques jamais organisées en Guinée. Depuis l’indépendance en 1958, le pays n’a en effet connu que dictature et junte militaire. » Plusieurs fois reporté, « le scrutin a été finalement fixé à samedi, donc, un 28 septembre. Mauvais présage, soupire Libération : le 28 septembre 2009, un massacre perpétré par la junte militaire alors au pouvoir avait fait plus de 150 morts dans le stade de Conakry. »

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