Revue de presse française

A la Une: les « affaires » en France

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AFP

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Avec d’abord cette nouvelle affaire en une du journal Le Parisien. Elle concerne Michelle Alliot-Marie, qui selon le journal, est « soupçonnée d’abus de confiance ».

L'ancienne ministre UMP, principal parti de la droite parlementaire en France, mais aussi son père, Bernard Marie, ancien député-maire de Biarritz, âgé de 95 ans. Tous deux sont visés par une enquête judiciaire sur des mouvements de fonds suspects à Saint-Jean-de-Luz, ville basque de l’extrême sud-ouest de la France. Selon le quotidien, une information judiciaire a été ouverte le 13 juin dernier pour « abus de confiance » au préjudice de plusieurs associations locales.

Lancées après une enquête préliminaire de six mois, consécutive à un signalement de la cellule de lutte contre le blanchiment d'argent, Tracfin, les investigations portent sur des mouvements de fonds suspects entre des associations liées à l'office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz et un hôtel de luxe de la localité basque dirigé par Bernard Marie. Aujourd'hui première adjointe UMP à Saint-Jean-de-Luz, Michelle Alliot-Marie détient des parts dans l’hôtel. Les sommes en jeu seraient de l'ordre de « 200 000 euros », consigne Le Parisien.

Tapie : prend l’oseille et tire-toi

Autre affaire, avec un nouveau front judiciaire qui s’ouvre contre l’homme d’affaires Bernard Tapie. C’est le journal Le Monde qui l’annonce. Sur plainte du ministère des Finances, une information judiciaire a été ouverte contre lui. Il faut dire, précise le quotidien du soir, que les époux Tapie avait reçu du fisc une mise en demeure de payer plus de 15 millions et demi d’euros d’impôts au titre des années 1989 à 1991, ainsi qu’un avis à tiers détenteur émis en vue de recouvrer une somme de plus de 13 millions euros. Après avoir attaqué son centre des impôts en justice, pour « discrimination », l’homme d’affaires, toujours poursuivi dans l’affaire Adidas, a-t-il ou non tenté d’organiser sa propre insolvabilité pour échapper au fisc ? Toujours est-il que le ministère de l’Èconomie et des Finances a déposé une plainte contre lui pour « fraude fiscale » et « organisation d’insolvabilité », énonce Le Monde.

Dans Le Parisien ce matin, Bernard Tapie conteste les faits à lui ainsi reprochés. « Je confirme et affirme que pas un euro n’a été sorti de France pour autre chose que pour alimenter des filiales qui sont toutes connues de l’administration fiscale », martèle-t-il dans les colonnes du journal.

Cahuzac : coucou, le revoilà !

Jérôme Cahuzac refait parler de lui ce matin. L’ex-ministre du Budget, déchu pour avoir menti en niant publiquement avoir détenu des comptes bancaires en Suisse et à Singapour, va-t-il faire son retour en politique à l’occasion des élections municipales de l’an prochain à Villeneuve-sur-Lot, ville dont il a longtemps été l’édile ?

Selon Le Parisien, « l’intéressé aurait cependant assuré récemment à un ami à Paris qu’il sera candidat à la mairie de Villeneuve-sur-Lot ». Interrogé par le journal, Jérôme Cahuzac s’est borné à répondre qu’il ne souhaitait pas s’exprimer sur le sujet. Toujours est-il que « l’ex-star de Bercy », comme le baptise Le Parisien, « connaît de sérieux problèmes financiers (et) cherche du travail ». Et le quotidien publie une photo prise avant-hier, sur laquelle on devine, devant une terrasse parisienne, Jérôme Cahuzac et l’ex-directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn côte-à-côte. « Mercredi, il a été vu en train de déjeuner avec Dominique Strauss-Kahn dans une célèbre brasserie de Montparnasse », consigne le quotidien, étant rappelé que Montparnasse est un quartier de Paris. « Ce n’est pas la première fois que les deux pestiférés de la gauche sont ainsi aperçus ensemble », ajoute le journal, qui en est sûr : « on n’a pas fini de parler de Cahuzac ».

Fillon : complexe d’Oedipe

Politique encore, avec la stratégie de François Fillon sous la loupe de la presse. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est monté en puissance dans sa volonté de se démarquer de l’ancien président de la République. Pour le journal Le Monde, il lui a même déclaré la « guerre ». Résultat, l’UMP est « déchirée par la guerre des chefs », lance en manchette le quotidien du soir. Car si François Fillon « défie ouvertement Nicolas Sarkozy », Alain Juppé, autre ancien Premier ministre, « joue sa carte pour attirer l’électorat centriste ». Quand à la poussée du Front national, elle « affole les chefs de file de la droite et menace l’unité de l’UMP », relève Le Monde.

Salle de shoot : faux-départ

Le projet d’ouverture d’une salle de shoot à Paris est abandonné. « Very bad trip », lance en manchette Libération après que Conseil d’Etat ait dit la nécessité de changer la loi avant d’ouvrir la salle d’injection destinée aux toxicomanes, près de la gare du Nord, à Paris. «Very bad trip », rappelons-le, c’est cette comédie américaine consacrée sur grand écran aux tribulations d’une bande de copains enterrant la vie de garçon de l’un d’entre eux. Le film, qui a fait des petits, évoque dans son titre un « trip », c'est-à-dire un voyage en anglais, où plutôt un délire, un très mauvais en l’occurrence, provoqué par la consommation de drogue.

Pourquoi cette décision du Conseil d’Etat, qui est, en France, la juridiction administrative suprême ? Parce que la loi « prohibe purement et simplement l'usage illicite de stupéfiants », rappelle Le Courrier Picard. Le quotidien dont s’enorgueillit la Picardie, région située au nord de Paris, critique au passage la « méthode » choisie par les promoteurs des salles de shoot, à savoir, formule-t-il, le « passage en force ».

A l’inverse, c’est peu dire que Libération, donc, désapprouve la décision du Conseil d’Etat, qui ajourne l’ouverture de la salle de consommation de drogue baptisée «salle de shoot», prévue initialement à Paris le mois prochain. « En rendant un avis défavorable, le Conseil d’Etat ne consacre pas seulement le succès des opposants. A la veille des élections municipales, et dans un climat sécuritaire détestable, il prend le risque de renvoyer l’expérimentation aux calendes grecques, se désole Libé. Plus choquant encore : la décision néglige les vertus médicales de ces salles de shoot ». Et le quotidien d’enjoindre le gouvernement d’agir « au plus vite, et faire en sorte que l’analyse juridique ne sonne pas le glas en France des salles de shoot ». Avant de lancer cet avertissement comminatoire : «  François Hollande ne peut reculer une fois de plus ».

Mali : permission suspendue

Au Mali, l’armée française a tué récemment une dizaine de terroristes au nord de Tombouctou. Les faits se sont déroulés le premier octobre, mais ils n’ont été connus qu’hier. Et ce matin, Le Parisien les relate. « L’opération s’est déroulée dans le plus grand secret au début du mois. Alors qu’elles patrouillaient aux abords de la localité de Douaya, au nord de Tombouctou, les forces françaises ont débusqué plusieurs pick-up remplis de miliciens. Après des échanges de coups de feu et l’appui d’un hélicoptère, une dizaine de jihadistes ont trouvé la mort, même si d’autres activistes ont pu prendre la fuite ». Le confrère évoque une source militaire anonyme, selon laquelle il s’agirait de combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Conclusion prédictive du quotidien : les soldats français, qui sont encore 3 200 actuellement, poursuivent leur retrait. « Mais bien moins rapidement que prévu face à la menace terroriste réactivée. Les militaires français sont encore au Mali pour de (très) longues années », prévient Le Parisien.

Nobel de la paix : Malala superstar

Seize ans à peine, et déjà star mondiale. Cette militante pakistanaise qui porte haut l’étendard de la cause des jeunes filles qui ont aussi droit à l’éducation au Pakistan, à failli y laisser la peau, sous les balles des talibans l'an dernier.

« Les talibans pakistanais voulaient l’éliminer : bien malgré eux ils en ont fait une star », résume Libération. Malala lauréate ? Elle n’est pas la seule en lice. Le gynécologue congolais Denis Mukwege, qui depuis quatorze ans a soigné plus de 40 000 femmes victimes de viols ou de violences sexuelles dans les conflits armés de l’est du Congo, pourrait tout aussi bien être honoré par le jury Nobel. Réponse en fin de matinée.

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