Chronique des matières premières

La guerre de l'olive en Palestine

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Une Palestinienne en colère après avoir découvert, sur ses terres, plusieurs oliviers détruits.
Une Palestinienne en colère après avoir découvert, sur ses terres, plusieurs oliviers détruits. AFP/JAAFAR ASHTIYEH

Chaque année, c’est le même scénario : des champs brûlés, des arbres arrachés. Des colons israéliens mènent des raids sur les oliviers des agriculteurs palestiniens en Cisjordanie.

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Des photos montrant des hommes masqués pris en flagrant délit circulent sur internet.
Ces actes de vandalisme sont le fait d’une poignée d’extrémistes qui se vengent ainsi d’attaques de Palestiniens contre les colonies ou qui cherchent simplement à faire régner la terreur.

Mais ces raids contre les oliviers sont quasi quotidiens depuis le début de la cueillette il y a un mois et ils se conjuguent avec les difficultés pour les agriculteurs palestiniens d’accéder à leurs terres. Israël impose en effet des restrictions aux territoires sous son contrôle, et les colons, encore eux, s’accaparent de plus en plus de terres en Cisjordanie.

Le ministère palestinien de l’Agriculture n’est pas très optimiste. Il s’attend à une production d’huile d’olive en baisse, 15 000 tonnes cette année, la moitié par rapport à l’an dernier. En cause, selon lui : des facteurs environnementaux bien sûr, mais aussi ces obstacles dressés par les Israéliens.

Pourtant, l’huile d’olive est importante pour les Palestiniens. C’est un produit de base de l’alimentation et si la production baisse, les prix vont augmenter.
Cette huile est aussi considérée comme prometteuse pour les exportations. Son caractère serait unique, les oliviers grandissent à l’ancienne, sans irrigation, et la cueillette se fait à la main. Du coup, elle séduit de plus en plus les pays étrangers, notamment ceux qui veulent du bio, comme les Etats-Unis et l'Europe.

L’huile d’olive palestinienne n’est pour l’instant qu’un tout petit marché, qui n’a rien à avoir avec celui de l’huile d’olive européenne qui représente 80% de la production mondiale, mais à l’échelle palestinienne ce n’est pas négligeable.

Dans un récent rapport, la Banque mondiale estime que la moitié des terres agricoles en Cisjordanie est inaccessible aux Palestiniens et que si les obstacles dressés par Israël étaient levés, l’économie palestinienne en général pourrait croître de 35%.
En attendant la levée de ces obstacles, les oliviers, symboles de la paix, continuent de faire l’objet d’une guerre en Palestine.

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