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Chronique des matières premières

Le volailler français Doux peut-être sauvé par son client saoudien

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La façade de l'usine Doux à Châteaulin.
La façade de l'usine Doux à Châteaulin. AFP/Fred Tanneau

Alors que les manifestations de mécontentement se succèdent en Bretagne, une lueur d'espoir pour Doux, une des entreprises phare de la filière volaille dans cette région de l'Ouest français : un investissement saoudien pourrait sauver le volailler français.

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L'entreprise saoudienne Almunajem pourrait prendre près du quart du capital de Doux. Rien de très étonnant à cela finalement : Almunajem est le principal client du volailler breton. Le groupe saoudien aurait ces derniers temps accéléré le paiement de ses factures et augmenté le volume de ses achats pour amortir les difficultés de son fournisseur de poulet français. Depuis cinq ans, l'Arabie saoudite, avec une consommation de poulet en forte hausse, importe plus de poulet qu'elle n'en produit, et elle est la première destination des poulets congelés français, un produit d'exportation dont la France et principalement la Bretagne se sont fait une spécialité qui ne leur est pas disputée ailleurs en Europe, contrairement au poulet frais. Mais cette activité est ébranlée par la fin des subventions européennes à l'export, accélérée par Bruxelles, il y a trois mois. Désormais, le poulet français se heurte de plein fouet à la concurrence du poulet brésilien.

Au Brésil, le coût du travail et du foncier ont beau augmenter, le soja qui nourrit le bétail est produit localement, le poulet brésilien est aussi très subventionné et il se vend d'autant mieux à l'étranger que la monnaie brésilienne, le real a baissé face au dollar, contrairement à l'euro. En Arabie saoudite, le Brésil exporte déjà 3 à 4 fois plus de poulet que la France, le géant sud-américain de la viande pourrait condamner les exportations françaises de poulets congelés, dont le prix s'est effondré de 30%. Ce n'est d'ores et déjà plus tenable pour le seul véritable concurrent de Doux sur ce secteur : l'entreprise Tilly Sabco, Bretonne également, a réalisé de gros investissements pour fabriquer des saucisses de poulet congelé pour le Moyen-Orient, mais elle suspendra ses exportations de poulets congelés entiers à la fin de l'année. Tilly Sabco avait proposé une alliance à Doux, mais le leader français du poulet à l'export a préféré l'investissement d'Almunajem qui vole à son secours. Verdict du tribunal de commerce sur ce nouveau montage à la fin du mois. Les deux volaillers bretons et leurs partenaires (écouveurs, éleveurs, fabricants d'aliments du bétail, transporteurs) emploient 4 000 emplois en Bretagne.

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