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Chronique des matières premières

Le patron d’Eramet s’alarme de la crise du nickel

Audio 01:46
La mine de Tiébaghi vue du ciel.
La mine de Tiébaghi vue du ciel. (RFI)

La crise du nickel inquiète le patron du groupe minier français Eramet. Sa filiale, la Société Le Nickel, premier employeur privé de Nouvelle-Calédonie, accumule les pertes.

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SLN, La Société Le Nickel, l’entreprise privée la plus importante de Nouvelle-Calédonie pourrait réduire ses effectifs car elle perd énormément d’argent, a reconnu le patron d’Eramet, le groupe minier français qui en est la maison mère : l’équivalent de 20 millions d’euros par mois. Jeudi 21 novembre, à Nouméa, Patrick Buffet s’est dit inquiet de la violence de la crise du nickel, un métal qui n’a jamais aussi bien porté son surnom de « métal du diable ». Car c’est une véritable spirale infernale qu’ont connu les cours du métal. 20 % de baisse depuis janvier, 50 % en deux ans : la tonne de nickel raffiné vaut moins de 14 000 dollars la tonne à la Bourse des métaux de Londres.

Le ralentissement de l’économie mondiale n’est pas seul en cause. La Chine a véritablement cassé le marché mondial. Plutôt que d’importer du nickel raffiné pour fabriquer ses aciers inoxydables, l’industrie chinoise a préféré fabriquer elle-même de la fonte de nickel, à partir du minerai brut, importé beaucoup moins cher d’Indonésie. En dix ans cette production chinoise de fonte de nickel est passée de zéro à près d’un demi-million de tonnes par an, grâce à des fours électrique rotatifs très efficaces. La Nouvelle-Calédonie avait parié sur le raffinage du nickel, quand les cours étaient élevés. Les nouveaux concurrents de la Société Le Nickel sur le Caillou, le Suisse Glencore Xstrata au nord et le Brésilien Vale au sud, ont des installations flambant neuves, mais déjà déficitaires. De l’Australie à la Russie, en passant par la Nouvelle Calédonie et Madagascar, toute l’industrie du nickel a désormais les yeux tournés vers l’Indonésie.

Le gouvernement de Djakarta menace depuis longtemps d’arrêter ses exportations de minerai brut pour encourager le raffinage du nickel sur le sol indonésien, mais il tarde à passer aux actes. Un embargo même partiel pourrait faire remonter les cours du nickel, selon les plus optimistes. Les plus pessimistes estiment que cet embargo n’aura aucun effet sur les prix tant la Chine croule sous les stocks de minerai indonésien, et tant le nickel raffiné déborde des entrepôts de la bourse londonienne des métaux, le London Metal Exchange (LME).

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