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Aujourd'hui l'économie

La Grèce, présidente et dépendante de l’Union européenne

Audio 04:09
Le Premier ministre grec Antonis Samaras et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le 8 janvier 2014.
Le Premier ministre grec Antonis Samaras et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le 8 janvier 2014. REUTERS/Yorgos Karahalis

La Grèce a pris cette semaine la présidence de l'Union européenne. Un rôle pas facile à tenir pour un pays encore embourbé dans la crise, et toujours dépendant de l'aide internationale.

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Le souhait le plus cher du nouveau président de l'Union européenne, le Premier ministre grec, c'est que son pays redevienne comme les autres. Antonis Samaras l'a dit dans ses vœux de Nouvel an. Or, pour y parvenir, il faudra encore beaucoup négocier avec ses partenaires de l'Union européenne et le FMI. Une situation anormale puisque les règles de l'Union stipule que le président tournant doit mettre de côté son agenda national pour se concentrer sur celui des instances européennes. C'est donc dans une position inconfortable, bancale, qu'Antonis Samaras prend cette présidence tournante. Pourtant il y a quelques bonnes raisons d'espérer que son désir soit exaucé en 2014. Le retour d'une petite croissance en 2014 après six ans de récession. Des comptes publics excédentaires, une balance des paiements courants qui revient à l'équilibre. Tous ces indicateurs au vert vont peut-être permettre à la Grèce de pouvoir enfin se refinancer sur les marchés, comme un pays indépendant, l'ont fait avec succès l'Irlande, le Portugal ou l'Espagne. On parle du lancement test d'une obligation à cinq ans au cours du second semestre. Mais auparavant il faudra trouver quelques milliards pour boucler le budget 2014 et c'est là où le chemin est le plus périlleux.

La Grèce pourrait solliciter une rallonge à la troïka ?

C'est une option. Mais il faudra déjà obtenir le versement de la tranche de juillet et les discussions s'annoncent tendues. Le FMI a pointé hier des incertitudes sur le sort de la Grèce, pour le fonds, l'endettement de la Grèce, qui représente encore plus de 170% du PIB est excessif. Par ailleurs les experts de la troïka déplorent que la Grèce n'ait même pas réalisé la moitié des engagements pris pour 2013. Une vision trop stricte et qui ne tient pas compte de la réalité politique du pays a prévenu le ministre des Finances dans une interview donnée aujourd'hui au Financial Times. Pour Yanis Stournaras ces exigences maximalistes ne passeront pas au Parlement où la majorité est étroite. Et l'on retombe sur le calendrier politique européen avec la tenue des élections parlementaires où l'on redoute, partout et particulièrement en Grèce, la montée des partis eurosceptiques.

Les Grecs sont à bout de souffle ?

Les revenus ont chuté d'un tiers depuis 2010, un jeune sur deux est au chômage. Un appauvrissement dû en partie au remède de cheval que le FMI et l'Union européenne ont administré à la Grèce. C'est l'analyse faite par le ministre des Finances. Si l'endettement a explosé en 2013, c'est à cause des effets récessifs causés par l'ajustement budgétaire, a expliqué Yanis Stournaras devant le Parlement européen. Pour sortir de cette spirale récessive, la Grèce a encore quelques cartes dans son jeu, notamment sa façade maritime. La Grèce reste classée parmi les 60 premiers ports mondiaux, au même niveau que la Chine. En 2013, la marine marchande a plus contribué que le tourisme à l'enrichissement du pays. Les perspectives sont encourageantes, mais il faudra dans la marine comme dans le reste de l'économie encore améliorer la productivité pour tirer un plus grand bénéfice de cette position avantageuse.

 

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