Chronique des matières premières

Banques et matières premières : la Réserve fédérale américaine dégaine un peu tard

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La FED, Réserve fédérale des Etats-Unis.
La FED, Réserve fédérale des Etats-Unis. REUTERS

Faut-il restreindre l'activité des banques dans le négoce des matières premières ? La banque centrale américaine a ouvert le débat, ce mercredi, mais un peu tard.

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La FED va-t-elle interdire aux banques d'acheter, de vendre et de stocker des matières premières, après avoir été très laxiste pendant 15 ans ? Au-delà du conflit d'intérêts dénoncé par les élus du Congrès, les banques pouvant posséder à la fois les matières premières et les produits financiers qui leur sont adossés, quels sont les risques que ces liaisons dangereuses font courir au système financier ?

Quand on sait que les banques possèdent aujourd'hui des terminaux pétroliers et qu'une marée noire peut coûter 42 milliards de dollars à son responsable... L'emprise des banques sur les matières premières menace-t-elle la reprise économique ?

C'est ce qu'estiment certains industriels, comme les brasseurs scandalisés de voir comment certains établissements financiers, propriétaires d'entrepôts d'aluminium, faire artificiellement grimper les prix du métal nécessaires à leurs cannettes de bière !

Mais la Réserve fédérale américaine se penche sur tous ces problèmes bien tard. Les grandes banques ont déjà commencé à déserter les matières premières, qui rapportent beaucoup moins désormais.

Le supertanker de pétrole brut qu'une banque laissait volontairement flotter en mer, parce qu'elle était sûre que quelques mois plus tard, la cargaison vaudrait plus cher, c'est terminé. Pour les banques, les revenus du trading de matières premières se sont réduits de 12 milliards de dollars en 2010 à 4 milliards de dollars en 2013 !

Si l'on ajoute les condamnations ruineuses déjà prononcées pour manipulation des marchés de l'énergie ou qui s'annoncent pour manipulation des prix dans les entrepôts des métaux... C'est sauve-qui-peut. Goldman Sachs, banque pionnière et reine des matières premières, se débarrasse de ses entrepôts.

Sa concurrente Morgan Stanley abandonne au géant russe du pétrole Rosneft le transport et le stockage de produits pétroliers, six mois après l'alerte donnée par JP Morgan, le challenger, qui vend toute sa division matières premières.

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