Chronique des matières premières

La paix sociale, fil conducteur de la politique cotonnière en Chine

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Un fermier dans un champ de coton à Hami, dans le Xinjiang, région autonome ouighoure.
Un fermier dans un champ de coton à Hami, dans le Xinjiang, région autonome ouighoure. REUTERS/China Daily

La Chine, premier producteur de coton et premier consommateur au monde, repense son soutien à la filière coton. Pékin mise désormais sur les subventions directes aux producteurs en espérant ainsi écouler progressivement ses stocks.

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Sur l'ancienne route de la soie, il y a le Xinjiang. Immense région de l'extrême ouest de la Chine, le climat y est idéal pour la culture du coton. La moitié des 6,5 millions de tonnes produits l'an dernier en Chine provenait de cette région.

Le Xinjiang est sensible. Les Ouïghours - musulmans - y sont majoritaires. C’est une région que le gouvernement soigne aussi bien qu'il surveille. Et la stabilité politique, Pékin la paie en achetant le coton, qui y est produit à des prix politiques, c'est-à-dire bien supérieurs à ceux pratiqués sur les marchés mondiaux pour garantir un niveau de vie correct aux paysans, et les garder dans les champs. Trois ans que ce système d'aide au coton chinois a été mis en place.

A force d'acheter et de stocker, la Chine est devenue le premier producteur de coton au monde, elle détiendrait 10 millions de tonnes de coton, soit 56% des réserves mondiales, mais se retrouve confrontée à une autre difficulté. Que faire de ces stocks d'excellente qualité que beaucoup achèteraient volontiers s'ils le pouvaient et s'il n'était pas si cher ! En premier lieu, les filatures chinoises qui se sont retrouvées, elles, obligées d'importer de la fibre - achetée au cours international - d'Inde, des Etats-Unis, du Brésil, ou obligéesr de se délocaliser pour survivre et rester compétitives.

Et si la Chine a les moyens de conserver ces stocks, ce n'est pas son intérêt. Les vendre rapidement entraînerait une chute des prix catastrophiques pour bon nombre de pays producteurs, notamment en Afrique, mais aussi des pertes conséquentes pour la Chine. Le gouvernement a donc choisi de changer de stratégie. Il ne soutiendra plus les prix mais subventionnera directement les producteurs. Le Xinjiang devrait continuer à produire mais d'autres régions, comme le Chandong, abandonneront sans doute progressivement le coton - mais le pays est à l’abri de la pénurie - au profit de la culture d'autres matières premières : le blé, le riz, le maïs ou le soja, dont le prix sera, lui, toujours soutenu par Pékin.

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