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Revue de presse Afrique

A la Une : la Libye, trois ans après…

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« De l’espoir à la désillusion », titre le quotidien algérien Le Temps. En effet, trois ans pile après le début de la révolution libyenne, « le pays sombre de plus en plus dans la violence, qui monte crescendo, relève Le Temps. Des attentats à la bombe, des enlèvements de civils et de diplomates étrangers, des assassinats au quotidien. Des affrontements tribaux meurtriers éclatent régulièrement notamment pour le contrôle de la contrebande ou à la suite de querelles. (…) Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, poursuit le quotidien algérien, les autorités de transition se montrent incapables de rétablir l’ordre et la sécurité dans un pays en proie à l’anarchie et aux violences meurtrières. Elles ne parviennent notamment pas à contrôler des dizaines de milices armées formées par des ex-rebelles et qui font la loi. Un constat qui rappelle aux Libyens la triste réalité de leur pays, plongé dans l’anarchie trois ans après ce qu’ils ont estimé être 'leur libération'. Le peuple libyen est passé, conclut Le Temps, de l’espoir d’une liberté à la désillusion. »

« Trois ans après, la Libye se cherche, renchérit Guinée Conakry Infos. Elle n’est pas toujours dotée d’institutions républicaines démocratiques. Le gouvernement transitoire peine à étendre son autorité sur tout le pays. L’insécurité règne en maître, et l’instabilité est permanente. La cohésion nationale est sérieusement mise en cause. Tandis que l’économie est exsangue. Avec un tel bilan, on ne peut pas dire que la chute de Kadhafi a été forcement salutaire. (…) Certains de ses compatriotes en seraient même à le regretter. Une disposition mentale qui en dit long sur leur désenchantement. »

Nostalgiques de Kadhafi…

En effet, constate L’Observateur Paalga  au Burkina, « comme toujours dans ce genre de situation, beaucoup en viennent à regretter la tyrannie. Une tyrannie qu’il est plus facile de renverser que d’instaurer un nouvel ordre des choses et de gérer convenablement les affaires de l’Etat. Comme quoi il peut y avoir pire que la dictature, à savoir : l’anarchie et la guerre civile. Et malheureusement, relève le quotidien burkinabé, ce n’est pas la Libye seule qui souffre des conséquences dramatiques de la fin du Guide, décidée par les Occidentaux. Tout le Sahel est aujourd’hui sous la menace des djihadistes et autres groupuscules aux théories funestes ragaillardis par des armes acquises à peu de frais dans ce pays qui cherche encore ses nouveaux repères. La coalition internationale, en partie responsable de cet état de fait, n’a pas d’autres choix, conclut L’Observateur Paalga, que de faire preuve de virtuosité dans la lutte contre ceux-ci. »

Analyse similaire pour Le Pays, toujours au Burkina… « Ce troisième anniversaire ne peut qu’avoir un arrière-goût amer. Un goût de regret des moments fastes, des jours de gloire de la grande Jamahiriya. A l’analyse de la situation actuelle, on ne peut manquer de dire que la révolution Libyenne a échoué. Mais, s’interroge le journal, peut-on vraiment en vouloir aux Libyens ? (…) Le peuple libyen a-t-il réellement fait cette révolution ? Disons que la révolte des libyens a servi de pain bénit à une classe politique occidentale qui cherchait la meilleure formule pour se débarrasser de ce 'roi des rois africains'. Ce coup de main venu d’outre-mer n’a donc pas laissé le temps aux libyens de penser à ce qu’ils feraient de leur révolution après Kadhafi. Aucun signe positif sur le devenir du peuple, sur le vivre-ensemble de ces nombreuses tribus aux intérêts différents et parfois inconciliables. Cela explique sans doute, conclut Le Pays, le chaos et l’absence de perspectives qui marquent ce troisième anniversaire de la révolution libyenne. »

La poudrière du sud

Enfin, dans la presse française, une double page dans Libération : avec un reportage dans la ville de Zouara à l’ouest de Tripoli. Zouara qui vit, à l’instar du pays tout entier, sans police, sans justice. Et qui connait malgré tout un calme relatif grâce à une brigade de volontaires qui agissent masqués, pour ne pas être reconnus.

Et puis cette analyse : « plus de deux ans après la mort de Kadhafi, la Libye ne parvient toujours pas à se reconstruire et reste soumise à la loi des milices, constate Libération. 'Ce n’est pas un chaos général, mais une addition de chaos locaux qui obéissent à des logiques différentes. Il n’y a rien de comparable entre la montée du fédéralisme à l’est ou les conflits entre tribus arabes au sud ou encore les conflits à la frontière tunisienne de l’ouest liés aux trafics' », explique ce spécialiste américain cité par le journal.

En tout cas, pour Libération, le plus grand danger vient du sud : « à Sebha, les conflits sont récurrents entre Toubous - une ethnie présente en Libye, au Tchad et au Niger - et tribus arabes. Cette insécurité inquiète les Occidentaux qui redoutent de voir les jihadistes utiliser la région comme base arrière. »

Commentaire de l’amiral Edouard Guillaud, ancien chef d’état-major des armées françaises : « le problème du sud de la Libye, c’est qu’il faut d’abord qu’il y ait un Etat dans le nord. »

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