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Aujourd'hui l'économie

L'économie russe dans une situation délicate

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Le président russe Vladimir Poutine (g.)et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, à Bruxelles, le 28 janvier 2014.
Le président russe Vladimir Poutine (g.)et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, à Bruxelles, le 28 janvier 2014. REUTERS/Francois Lenoir

La Russie a suspendu son plan d'aide à l'Ukraine à la résolution de la crise qui secoue actuellement le pays. Il s'agit de peser sur le conflit pour trouver une issue favorables aux intérêts russe, mais peut-être pas uniquement, car la situation économique de la Russie est délicate.

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On peut presque se demander si la Russie a les moyens de tenir les engagements pris au mois de novembre dernier au moment du refus de l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne. Des engagements que l'on peut résumer ainsi : baisse du prix du gaz et versement d'une aide de 15 milliards d'euros. C'est que la situation économique de la Russie a évolué ces temps-ci, et pas dans le bon sens. Il y a d'abord le ralentissement de la croissance depuis plusieurs mois.

Le mois de janvier a été particulièrement décevant avec une contraction du PIB de 0,5 %. Le gouvernement a donc revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2014 : soit 2% au lieu de 2,5% alors même que cette croissance est en chute continue depuis trois ans et qu'elle s'est finalement établie à 1,3% l'an dernier.

Plus inquiétant encore pour la Russie, l'investissement, qui est un bon indicateur de tendance, a chuté lui aussi au mois de janvier : 7% de baisse quand les économistes anticipaient plutôt une très légère hausse.

On peut aussi s'interroger sur l'effet Jeux olympiques

Les autorités russes comptaient sur la préparation de Jeux de Sotchi et leur déroulement pour soutenir l'activité dans le pays. Si l'impact n'est pas encore calculé, il va falloir attendre un peu pour cela, on peut d'ores et déjà affirmer qu'il est assez limité étant donné les chiffres de la croissance de la dernière année.

L'effet Sotchi est donc assez local. Ce qui l'est beaucoup moins en revanche, c'est le coût. 50 milliards de dollars - plus de 35 milliards d'euros - ont été investis dans ces jeux pour créer des sites de toutes pièces, c'est plus que le total de tout ce qui avait été dépensé pour les précédents Jeux d'hiver. Cet argent n'est plus dans les caisses de l'Etat russe et c'est évidemment un poids supplémentaire pour l'économie.

La chute du rouble pèse

La monnaie russe est tombée cette semaine à son plus bas niveau historique. 8 % de baisse depuis le début de l'année. Mercredi, il fallait plus de 49 roubles pour acheter un euro et plus de 35 pour se procurer un dollar. Le rouble est pris dans le mouvement qui touche les monnaies des pays émergents comme la livre turque ou la roupie indienne ou le real brésilien.

Depuis que la Réserve fédérale américaine a annoncé son intention de réduire progressivement ses injections de liquidités, les investisseurs internationaux anticipent sur une solide reprise et une hausse des taux d'intérêt aux États-Unis et ils retirent leurs avoirs des pays émergents pour les placer aux États-Unis. Ce n'est évidemment pas le seul facteur de la baisse du rouble. Le ralentissement de la l'activité économique joue aussi un rôle important. Pour autant, les autorités monétaires russes n'anticipent pas un effondrement de leur devise, mais se tiennent prêtes à éventuellement remonter leurs taux d'intérêt, avec les conséquences négatives que cela aurait sur une croissance déjà en berne.

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