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Chronique des médias

Radio France, regardez la différence

Audio 02:24
Mathieu Gallet a été nominé le 27 février à la tête de Radio France. Ici en 2010 à l’Institut national de l’Audiovisuel (INA) qu’il dirigeait jusqu’à sa nomination.
Mathieu Gallet a été nominé le 27 février à la tête de Radio France. Ici en 2010 à l’Institut national de l’Audiovisuel (INA) qu’il dirigeait jusqu’à sa nomination. AFP / Bertrand Langlois

Amaury de Rochegonde évoque dans cette chronique la nomination en mai prochain d’un nouveau patron à Radio France, Mathieu Gallet, qui remplacera Jean-Luc Hees.

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Si les neuf membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel voulaient démontrer leur indépendance, ils ne pouvaient pas faire un meilleur choix que celui de Mathieu Gallet. Le futur patron de Radio France n’a pas 37 ans, il a été directeur de cabinet adjoint de l’ancien ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et aurait même contribué à la loi de 2009, voulue par Nicolas Sarkozy, qui retirait au CSA le pouvoir de nomination des patrons de l’audiovisuel public. Un pouvoir rétabli depuis par François Hollande.

Qui plus est, Mathieu Gallet n’est ni énarque ni un grand dirigeant expérimenté des médias. Il doit sa nomination à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel, il y a quatre ans, à son mentor Frédéric Mitterrand. L’association anti-corruption Anticor avait même vu dans ce passage éclair d’un cabinet ministériel à la présidence d’un établissement public de près de 1 000 salariés une possible prise illégale d’intérêt. La plainte a été classée sans suite en juin 2012.

Qu’est-ce qui a donc pu inciter le CSA à préférer ce jeune patron à Anne Durupty, directrice générale d’Arte ou Martin Ajdari, secrétaire générale de France Télévisions ? Et bien d’abord, disons-le, le charme de la jeunesse. Mais pour que les neuf sages se prononcent à l’unanimité en sa faveur, ce n’est bien sûr pas tout.

En fait, Mathieu Gallet est arrivé à son audition au CSA avec un projet stratégique assez audacieux qui tient compte de la révolution numérique. Il ne dit pas « écoutez la différence » à l’instar d’un ancien slogan de France Inter, mais « regardez la différence ». En clair, il estime que nous sommes aujourd’hui dans « une société de l’image » que favorisent les réseaux sociaux et la multiplication des écrans sachant que chaque foyer français en compte en moyenne 6,5.

Son idée n’est donc pas seulement de relancer la radio jeune Le Mouv sous une autre marque, de faire de France Info un média chaud avec plus d’investigation, ou d’avoir un dialogue social rénové à France bleu. C’est aussi de superviser une radio qui produira des contenus numériques destinés à compléter l’expérience des auditeurs. Cette écoute différée, enrichie par l’image, pourra d’ailleurs être payante, même de façon modeste, estime-t-il, alors que Radio France est financée par la redevance. L’objectif est de conquérir de nouveaux publics à travers des plateformes de partage comme YouTube ou les réseaux sociaux. La « radio visuelle », c’est justement ce que vient de proposer cette semaine RFI sur YouTube avec des tweets ou des photos Instagram. Alors, à vos écrans…

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