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Revue de presse française

A la Une : va-t-on vers la guerre en Ukraine ?

Audio 06:46
AFP

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Les journaux s’inquiètent ce matin, à différents degrés, de la partie de bras de fer qui est en train de se jouer entre Russes et Occidentaux à propos de l’Ukraine.
« Entre l’incertitude et l’angoisse », soupire La Croix.
« L’inquiétante partie d’échecs de Poutine », constate Le Républicain Lorrain.
« Moscou montre ses muscles », renchérit Ouest France.
« Jusqu’où ira Poutine ? », s’interroge Le Parisien ou encore Le Dauphiné.
Mais pour d’autres quotidiens, on y est presque…
« Crimée : la logique de guerre », lance Le Figaro.
« Ukraine : la guerre menace », s’exclame Le Midi Libre.
L’Humanité, lui, veut encore y croire : « la médiation plutôt que les canons ».

La diplomatie va-t-elle prendre le pas ? Ce ne sera pas simple, avoue La Croix : « ces derniers jours, l’intense ballet diplomatique international a ressemblé à une démonstration d’impuissance, constate le quotidien catholique. De l’ONU à l’Otan, en passant par l’Union européenne (dont les ministres des Affaires étrangères ne se réunissent qu’aujourd’hui), il n’y a guère d’action concrète à mettre en œuvre pour contrer les démonstrations belliqueuses du maître du Kremlin. Vladimir Poutine joue sur du velours, relève encore La Croix. Son emprise économique sur l’Ukraine, la dépendance de nombreux pays européens vis-à-vis du gaz russe, la puissance de son armée et la réticence des opinions publiques occidentales à se lancer dans un conflit lui laissent la maîtrise du jeu, qui n’est hélas pas un jeu, et du calendrier ».

Le Figaro ne se fait aucune illusion : « jusque-là, sauf débordement de violences, les Occidentaux, toute honte bue, ne feront rien. Poutine le sait, et c’est au cœur de sa stratégie. Le problème, relève le journal, c’est que les Ukrainiens opposés à Moscou le savent aussi. Eux mobilisent les réservistes et se préparent à la guerre. Ils sont le grain de sable qui risque d’enrayer la géopolitique huilée des puissances. Lorsqu’on verra des milices de citoyens se faire étriller par l’armée russe, ou si les forces ukrainiennes provoquent une riposte de Moscou jusqu’à Kiev, sera-t-il encore temps, s’interroge Le Figaro, d’empêcher une nouvelle guerre froide entre les États-Unis, l’Europe et la Russie ? ».

Après la Tchétchénie, la Géorgie, la Syrie…

Qui plus est, relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Poutine « ne suit aucune des règles, écrites ou non, de la diplomatie. L’éventail classique des sanctions, à commencer par la mise au ban de la communauté internationale, n’a donc aucune prise sur lui. Il agit en fonction des intérêts de son pays et en est le seul comptable, le seul garant peut-être aussi. Il dispose en outre, poursuit le quotidien alsacien, d’une liberté d’action, d’une puissance financière et militaire ainsi que d’un pouvoir d’influence tellement étendu qu’il peut se permettre de dicter au monde sa propre loi. On l’a vu en Géorgie en 2008, on l’a vu en Tchétchénie, on l’a vu en Syrie où il a ridiculisé Obama, et on le revoit encore aujourd’hui en Crimée. »

Pour Le Républicain Lorrain, finalement, « il n’y a de pire cauchemar pour le Kremlin que le renversement par la rue, dans un pays aussi culturellement proche que l’Ukraine, d’un régime oligarchique ressemblant à ce point à celui de Moscou. La Russie se considère comme une forteresse assiégée. Et, au sein de celle-ci, le régime se voit menacé par une diffusion incontrôlée des usages démocratiques. » Du coup, poursuit le quotidien lorrain, « les Occidentaux doivent avoir à l’esprit que la brutalité de l’actuel occupant du Kremlin repose sur la perception aiguë des faiblesses d’une Russie en plein déclin démographique, que sa rente gazière sauve provisoirement d’un préoccupant délabrement économique la mettant à la merci de la Chine. Un animal blessé est forcément dangereux, conclut Le Républicain Lorrain. C’est ce qui rend si difficile la riposte face à ce qui se passe en Crimée. »

Vers une partition de l’Ukraine ?

Alors que faire ? Côté européen, constate Libération, « on s’interroge sur les moyens de renouer le dialogue avec Vladimir Poutine. "Pour l’instant, on ne sait pas ce que nous pourrions décider en commun", reconnaît-on à Bruxelles, d’où la réticence à convoquer un sommet européen qui en rajouterait dans le « déclamatoire ». Certains plaident pour envoyer à Moscou un ou plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, à l’image de ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy en 2008 lors de l’invasion de la Géorgie. De même, poursuit Libération, il faudrait accepter de reconnaître la « légalité douteuse » du nouveau pouvoir ukrainien - après l’avoir jugé « légitime » - et exiger un « gouvernement d’union nationale » afin de revenir à ce que prévoyait l’accord obtenu par les Européens le 21 février… On évoque même l’envoi, relève encore le journal, d’une force d’interposition européenne, avec l’accord des Russes, pour protéger les russophones de mesures de rétorsion. (…) Et ensuite ?, s’interroge Libération. Gérard Araud, l’ambassadeur de France à l’ONU, a prôné une « solution politique » qui prenne en compte les intérêts de l’Ukraine, mais aussi les « préoccupations légitimes » de Moscou. Un proche du dossier traduit crûment ce propos, conclut Libération : il faut faire comprendre aux Russes qu’ils ont perdu Kiev et aux Ukrainiens qu’ils ont perdu Sébastopol ».

« Alain Resnais, prodige discret du cinéma français »

A la Une également, la disparition d’Alain Resnais… Le réalisateur français est mort samedi à l’âge de 91 ans. « Resnais, cinéma mon amour », titre Libération en Une, avec une photo pleine page en noir et blanc du cinéaste. Allusion à Hiroshima mon amour, l’adaptation en 1959 du roman de Marguerite Duras qui avait fait connaître Resnais auprès du grand public. Libération consacre pas moins de six pages au réalisateur et s’attarde notamment sur son dernier film qui sortira sur les écrans à la fin du mois : Aimer, boire et chanter. Une « histoire d’agonisant qui use de ses derniers mois à vivre pour semer, telle une force invisible, un extrême désordre amoureux dans les couples qui l’accompagnent vers sa fin. Il pourrait certes apparaître tentant de scruter tous les signes d’un épilogue prémédité, relève Libération, une exacte synthèse de tous ses films que l’on nous avait présentés comme les derniers. Il ne faut pourtant y voir qu’un maillon d’une chaîne d’œuvres tardives affirme le journal, joyeusement peintes aux couleurs du crépuscule, brisée samedi par la disparition contingente de son auteur qui, ultime malice, s’affairait déjà au scénario d’un nouveau projet. »

« Alain Resnais, prodige discret du cinéma français », constate pour sa part Le Figaro. « Une silhouette aux cheveux de neige s’éloigne doucement, à pas feutrés. Alain Resnais n’a jamais fait de bruit. Il aimait le cinéma muet. Ses semelles de vent laissent des empreintes ineffaçables sur le septième art (…). Alain Resnais aura beaucoup souri, infiniment courtois, attentif et délicat. Énigmatique aussi, se gardant de juger, évitant de trancher. Et rigoureux comme savent l’être les enfants dans leurs jeux. Ce rêveur encyclopédique laisse une œuvre sans cesse inventive. »

Enfin, La Croix, cite cette réflexion d’Alain Resnais : « je refuse que l’imaginaire soit considéré comme autre chose qu’une autre sorte de réalité. Ce qui se passe dans notre tête est la vie. »

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