Chronique des matières premières

La Russie revient sur le devant de la scène du marché mondial du blé

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Champ de blé dans une ferme du village de Svetlolobovo dans le sud de la Russie.
Champ de blé dans une ferme du village de Svetlolobovo dans le sud de la Russie. REUTERS/Ilya Naymushin

La faiblesse du rouble permet à la Russie de revenir sur le marché mondial du blé.

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La Russie est redevenue compétitive sur le marché du blé, notamment en direction du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. En janvier, l’Égypte a acheté du blé russe au détriment du blé français et américain. Plusieurs raisons à cela. Habituellement, la Russie vend ses plus gros volumes entre juillet et décembre. Mais cette année, les fermiers russes ont commencé à stocker leur production dès octobre-novembre, avec l’espoir d’une hausse de prix. Mais la chute du rouble ces dernières semaines a rendu le blé russe attractif pour les acheteurs qui paient en dollars, notamment face au blé américain. Les Russes avaient donc des stocks à des prix intéressants. La Russie en profite pour reconquérir des parts de marché en Égypte, l’un des plus gros importateurs de blé au monde.

De plus, elle a été aidée par une modification du cahier des charges de l’Égypte qui achète du blé uniquement par appels d’offres publics. Le Caire exige désormais un taux d’humidité maximum du blé de 13 %, au lieu de 13,5 %, une condition remplie seulement par 40 % du blé français. Le blé russe, lui, n’a pas de problème d’humidité. Les courtiers s'interrogent d'ailleurs sur cette décision et certains laissent entendre que cette condition aurait été soufflée par la Russie. Les traders estiment que la centrale d’achat nationale des matières premières en Égypte va acheter encore entre 800 000 et 1.2 million de tonnes de blé avant la fin de la saison. Et les meuniers égyptiens préfèrent les variétés de blé russe aux variétés de blés américains. Or la Russie a encore entre 3 et 4 millions de tonnes de blés en stocks prêts pour l’exportation. Le pays en a exporté presque 13 millions de tonnes entre juillet et janvier. Cette saison, l’Égypte est le deuxième acheteur de blé russe derrière la Turquie, qui en a importé 2.1 millions de tonnes. Les experts pensent que le blé russe sera compétitif jusqu’en avril, période à laquelle les stocks commenceront à s’épuiser.

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