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Chronique des matières premières

Le Japon renonce peu à peu à protéger son agriculture

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De la viande de bœuf de Kobe. A l'exportation, 100 grammes de viande se vend 100 euros.
De la viande de bœuf de Kobe. A l'exportation, 100 grammes de viande se vend 100 euros. Getty Images/Benoist Sébire.

Le Japon vient d'accepter de baisser les taxes sur le bœuf et le fromage importé d'Australie. Tokyo ouvre de plus en plus ses frontières aux produits agricoles étrangers, mais à son rythme.

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Le Japon prend son temps, mais il renonce peu à peu à protéger son agriculture. Un protectionnisme qui coûte de plus en plus cher à l'archipel, alors que l'agriculture représente moins de 2 % du produit intérieur brut japonais, et moins de 4 % des emplois. Le premier ministre Shinzo Abe s'est engagé l'automne dernier à démanteler les barrières douanières sur les produits agricoles, qui font monter les prix de l'alimentation pour tous les ménages nippons, de moins en moins consommateurs de riz japonais, mais de plus en plus de pâtes et de pain, et donc de blé, importé très cher. Mais le chef du gouvernement s'est vite heurté au lobby japonais du riz, part importante de l'électorat conservateur, son électorat.

Pour le calmer, Shinzo Abe a renoncé à démanteler la taxe de 778 % sur le riz étranger, il a même créé une nouvelle subvention pour les éleveurs qui utilisent le riz japonais dans l'alimentation du bétail. Le Japon n'a pas non plus cédé sur le vin aux Européens, pour protéger la petite filière viticole de l'archipel. En revanche, le gouvernement japonais fait progressivement tomber d'autres barrières, pour obtenir les sacro-saints accords de libre-échange, bénéfiques aux exportations japonaises d'automobiles et d'électronique. Il y a deux jours, le boeuf et le fromage australien ont bénéficié d'une baisse des droits de douane étalée sur 15 ans.

Avec cet accord, le Japon prend de vitesse les États-Unis qui exigent des concessions beaucoup plus importantes pour signer les accords de partenariat transpacifique, mais les Américains devront peut-être s'en contenter pour ne pas perdre le marché japonais de la viande au profit des Australiens. Le Japon cède donc peu à peu sur certains produits d'importations, mais il compte se rattraper en exportant davantage ses produits haut de gamme, dont le fameux bœuf de Kobe, qui se vend 100 euros les 100 grammes !

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