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Les mots de l'actualité

AUTODÉTERMINATION - 14/03/2014

Audio 02:55
Par : Yvan Amar
6 mn

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Aujourd’hui encore, on s’aperçoit qu’en politique internationale, les mots ont un sens, bien sûr, mais ils ont aussi le sens qu’on veut leur donner. Et pour une même situation, l’emploi d’un terme ou d’un autre est tout à fait révélateur de ce qu’on pense, de la position qu’on défend. Par exemple, dimanche prochain, aura lieu en Crimée un référendum d’autodétermination.

À priori, l’autodétermination, c’est un terme positif. Il y a trois siècles, on n’utilisait pas ce mot d’autodétermination, il n’existait pas. Mais on parlait du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Toute une phrase dans laquelle déjà se déployait une pensée.
Alors le terme autodétermination, il est venu plus tard.
Lié à une pensée politique abstraite, mais surtout à un certain nombre de situations politiques, tout à fait concrètes. Par exemple le général De Gaulle en 1959 avait proposé un référendum d’autodétermination. Il demandait à tous les Français de se prononcer sur la possibilité d’une autodétermination de l’Algérie. Donc ce référendum ne s’adressait pas uniquement à ceux d’Algérie.

Et la situation en Crimée est quand même tout à fait différente. La région est appelée à se déterminer selon deux possibilités. Ou bien rejoindre la Fédération russe ou bien proclamer son indépendance. Est-ce qu’il s’agit d’une manipulation de la part des prorusses de Crimée ou de la part des autorités russes ?
C’est ce que semble sous-entendre Angela Merkel quand elle, elle parle d’annexion à propos de la déclaration d’indépendance du parlement de Simferopol. Alors un pays annexe un territoire lorsqu’il déclare que désormais il est le prolongement de ce premier pays – c’est un coup de force. Un coup de force qui n’est pas toujours le résultat d’une invasion ou d’une guerre. Mais à coup sûr, c’est le résultat d’un rapport de force et d’une menace, même si les armes sont restées muettes.

Alors le terme annexion a un usage politique, mais attention c’est un terme qu’on emploi également au figuré, dans la vie courante à propos de situation moins importantes. Je partage un appartement avec des colocataires. Et puis voilà que j’occupe une pièce. Petit à petit ça devient chez moi. On peut dire que j’ai annexé cette pièce. Comme si j’avais étendu mon territoire en m’appropriant celui qui est à côté. On n’annexe pas une terre qui est au bout du monde – sauf si on veut utiliser le mot de façon très étendue – donc c’est un terme qui donne l’idée que les deux terrains sont tout près l’un de l’autre. C’est ça l’annexion.
Et un annexe ou une annexe est une pièce, un territoire ou même un bâtiment situé à côté d’un autre, dont on se sert quand le premier est insuffisant. Ainsi on parle de l’annexe d’un lycée. C’est juste à côté. p>
Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

 

Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

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