Chronique des matières premières

Le coton africain invité à la Bourse de New York

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Getty Images

La Bourse de New York veut lancer un nouveau contrat sur le coton, qui inclurait le coton africain.

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Le coton africain pourrait faire son apparition à la Bourse de New York, aux côtés du coton américain, jusqu'à présent seul pris en compte, mais aussi du coton australien, brésilien et indien qui feraient aussi leur entrée sur le marché à terme américain. Les points de livraison s'internationaliseraient aussi avec, en supplément des entrepôts américains, des entrepôts en Australie et en Malaisie. Ce contrat de « coton international » verra le jour avant la fin de l'année à l'Intercontinental exchange (ICE), vient de promettre son président.

Un tel contrat mettrait fin à la prééminence plus que séculaire du coton américain dans la formation des prix mondiaux de la fibre. Une prééminence américaine qui tord parfois le marché, on l'a vu au cours des dernières semaines : c'est la pénurie de coton américain exportable qui a fait grimper les prix, alors que les réserves mondiales, surabondantes par ailleurs, ne justifiaient pas une telle hausse. L'avènement d'autres origines de coton permettrait donc de mieux refléter l'intégralité du marché mondial. Les grands pays exportateurs de fibre comme l'Australie, le Brésil et même l'Inde seraient preneurs. Les grands négociants rêvent également de couvrir les risques qu'ils prennent sur ces cotons exotiques, et ce jusqu'à la livraison, comme ils peuvent le faire sur le coton américain.

Pourtant, traders et banquiers sont sceptiques. Comment regrouper dans un même panier des cotons de qualités si différentes : entre le coton australien récolté à la machine en fin d'année, et le coton africain d'une couleur plus dense et aux soies plus courtes, qui est récolté à la main en début d'année ? Si les primes et les décotes accordées à l'un ou à l'autre de ces cotons sont fixées dans ce cadre, les filières africaines n'y perdront-elles pas en capacité de négociation ? Enfin, pourquoi ne pas prévoir de point de livraison sur les côtes africaines ? Cela rassurerait pourtant les banques qui financent le coton africain. Toutes ces questions prouvent que l'adoption de ce contrat par le marché mondial n'est pas pour demain. La proposition de la Bourse de New York est au mieux interprétée comme un effet d'annonce : l'Intercontinental exchange prend date pour un contrat international du coton, avant que ses concurrentes ne le fassent, à savoir les bourses chinoises, indiennes ou singapouriennes.

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