Revue de presse française

A la Une : le poids du soupçon

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AFP

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L’affaire des écoutes commence à peser lourd sur les épaules de Nicolas Sarkozy… Depuis mardi soir, depuis la publication par le site Mediapart de plusieurs extraits de conversations téléphoniques entre l’ancien président et son avocat, les commentaires fusent… Libération avait ouvert le bal hier et la danse se poursuit ce jeudi.
« Le mauvais roman des écoutes », s’exclame Libé en Une.
« Le contenu des écoutes accable Nicolas Sarkozy », tonne Le Monde.
« Soupçons sur toute la ligne », lance Le Parisien .
« La République outragée », s’offusque L’Humanité.
L’Humanité qui entame son réquisitoire : « après la publication par Mediapart d’extraits des fameuses écoutes judiciaires de l’ex-président, les Français découvrent, ahuris, l’accablante opération de corruption mise en place par la « sarkozie ». S’ils sont avérés dans les jours qui viennent – comment imaginer le contraire -, ces enregistrements confirmeraient que l’ancien hôte de l’Elysée et son avocat Thierry Herzog, étaient bel et bien renseignés par le haut magistrat Gilbert Azibert. Nicolas Sarkozy risque d’être accusé de prévarication, s’exclame le quotidien communiste. Ci-devant, l’un des scandales les plus énormes de la Ve République. »

« Effets Larsen et scandale dans l’Etat, constate Libération. Ou comment Nicolas Sarkozy, ancien président et probable futur candidat y fait ouïr son déni des lois, la certitude de son impunité, la croyance en sa toute-puissance : rien moins qu’une conception de la politique. (…) Vrai faux nom d’emprunt, vraies fausses conversations, vraies fausses confidences, stratégies de leurre, dissémination de taupes dans les cellules les plus secrètes des institutions, guerre des espions et lettres volées -, la transcription de ces écoutes revitalise, par le ton inédit qu’elle fait surgir, ces motifs pourtant éculés de l’exercice du pouvoir : le trafic d’influence, la corruption. »

« Bien sûr, et il faut ici le répéter, Nicolas Sarkozy a droit comme tout le monde à la présomption d'innocence, relève Le Parisien. (…) Il n’empêche, si le coût judiciaire de ce qui ressemble chaque jour davantage à un scandale d’Etat reste encore inconnu, le coût politique s’avère déjà exorbitant pour celui qui rêvait de prendre sa revanche en 2017. Cynisme, interventionnisme, passe-droits, cache-cache téléphonique avec la police… La succession de révélations jette une lumière crue sur une bien étrange conception de la justice et de la séparation des pouvoirs. »

En effet, rebondit L’Alsace, « en trois semaines, l’horizon de Nicolas Sarkozy s’est sensiblement obscurci. Car si la présomption d’innocence doit s’appliquer à l’ancien président de la République comme à tout autre citoyen, la multiplication des affaires dans lesquelles l’ancien chef de l’État est impliqué, ou, à tout le moins, cité, risque de peser lourd sur son projet de se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Si la justice ne le fait pas, c’est bel et bien l’opinion publique qui pourrait condamner Nicolas Sarkozy à son statut de retraité de la vie politique. »

Pour sa part, Le Midi Libre exprime sans détours… son dégoût : « l’échange téléphonique entre Nicolas Sarkozy et son avocat constitue une preuve flagrante d’un délitement de nos institutions. Les puissants magouillent toujours et les misérables se débrouillent toujours. Cette conversation avec comme support de fausses identités ressemble à un crachat fait à la République. La vertu n’est plus de ce monde politique. »

No comment…

La réaction à présent du Figaro : et bien pas de réaction… Aucun commentaire en effet dans le quotidien d’opposition. Juste un entrefilet en première page et la page 8 avec ce titre : « la riposte de Thierry Herzog : l’avocat de l’ex-président de la République estime illégale la retranscription des surveillances », rapporte Le Figaro, sans autre forme de commentaires, donc, sur le fond de l’affaire.

Le quotidien Les Echos, d’inspiration libérale, prend ses distances avec Nicolas Sarkozy : « faux téléphone, faux nom, fausse conversation avec son avocat, informateurs au sein du système judiciaire : l’ancien chef de l’Etat semble avoir mis en place une organisation destinée à freiner le travail de la justice. L’affaire Bettencourt derrière lui depuis octobre, il pensait consacrer les dix-huit prochains mois à entretenir le désir de ses électeurs et à redéfinir son positionnement politique, avant un probable retour fin 2015. La donne vient de changer, constatent donc Les Echos. Il n’a plus la maîtrise de son agenda et reste suspendu à la perspective de nouvelles révélations. »

Enfin, La Montagne fait entendre un autre écho : « jamais un présumé innocent ne fut considéré aussi catégoriquement comme coupable. Forcément coupable. Drôle d’emballement qui conduit Nicolas Sarkozy à une condamnation médiatique préventive avant même d’avoir été mis en examen et jugé (…). On ne peut s'empêcher de penser, relève encore La Montagne, qu’avant de payer pour des faits sur lesquels enquêtent les magistrats instructeurs, Nicolas Sarkozy paye déjà pour toutes les brimades, vexations, intrusions, bravades, dont il s’est rendu coupable dans l’exercice de son hyper présidence. S’il y a acharnement contre lui aujourd’hui, c’est en réponse à ses débordements dans l’exercice du pouvoir. Ce qui ne devrait pas suffire, conclut le quotidien clermontois, à justifier aujourd’hui un traitement d’exception à son endroit. »

Rien…

Dans la presse, également, le mystère de la disparition du Boeing malaisien… « L’enquête impossible », titre Le Parisien. « Chaque jour, une hypothèse en chasse une autre, constate le journal. Près de deux semaines après la disparition du Boeing 777 de Malaysia Airlines assurant la liaison Kuala Lumpur-Pékin avec 239 personnes à bord, nul n’est aujourd’hui en mesure d’expliquer ce drame. »

« On pense aux temps pionniers, relève Libération, (le Français) Nungesser disparu au beau milieu de l’Atlantique, (l’américaine) Earhart dans le Pacifique. Le mystère a vécu, croit-on, à l’heure de la surveillance globale. (…) On croyait le ciel corseté, les avions calés sur des rails, les équipages sous contrôle. On découvre un copilote, Farid Abdul Hamid, prenant congé des contrôleurs Malaisiens, à l’heure d’échapper aux radars, d’un 'Eh bien, bonne nuit' de funeste présage. Depuis, plus rien. »

De son côté, La Croix rappelle que « derrière tout événement d’actualité, du plus anodin au plus grave, se cachent des destins humains… Victimes, acteurs ou témoins des faits, ces hommes et ces femmes ne se contentent pas de les observer, de les commenter ; ils ne spéculent pas ; ils n’imaginent pas ; ils les vivent au plus profond d’eux-mêmes. Ils en seront à jamais changés. Ni scénario d’un film catastrophe inédit, ni intrigue d’un roman d’espionnage à suspense, la disparition du vol MH 370 est un drame, bien réel. Autant que notre curiosité, doit se manifester notre compassion. »

Lire !

Enfin, on reste avec La Croix qui célèbre en Une « la joie de lire ». A l’occasion du Salon du livre de Paris qui sera inauguré ce soir, « deux sondages soulignent une légère érosion de la lecture, mais rappellent le fort attachement des Français au livre », constate La Croix. 70% des Français déclarent avoir lu au moins un livre en 2013 et 45% disent lire tous les jours ou presque. De leur côté, les journalistes de Libération, comme chaque année à cette période, cèdent leur plume à des écrivains… C’est le « Libé des écrivains », réalisé par 38 auteurs, journalistes d’un jour.

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