Revue de presse française

A la Une: Sarkozy sort de son silence et de ses gonds

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AFP

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Par la plume et non par l’image, l’ancien président contre-attaque. C’est dans Le Figaro que Nicolas Sarkozy publie une tribune adressée « aux Français », dans laquelle, il s’indigne du sort à lui fait. Son texte est émaillé de formules au vitriol contre les juges, les médias et le pouvoir.

Florilège : « Les principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds, écrit-il. (…) La calomnie (est) érigée en méthode de gouvernement. (…) Toute personne qui me téléphone doit savoir qu'elle sera écoutée. Ce n'est pas (…) film sur les activités de la Stasi. Il ne s'agit pas des agissements de tel dictateur (…). Il s'agit de la France. (…) Décidément, la France des droits de l'homme a bien changé… (…) ». Signé Sarkozy !

Sarko : quand tonne la Grosse Bertha

Pour commenter cette première intervention magistrale de l’ancien chef de l’Etat depuis sa défaite à l’élection présidentielle de 2012, le journal Libération commence par en goûter la forme. « Le style est au bazooka, le ton grandiloquent », estime le quotidien. Quand au choix de l’écrit, « c’est une vraie nouveauté pour celui qui aimait tant happer les micros pour surfer sur l’émotion du moindre fait divers ».

La forme donc, mais aussi le fond. Libé y voit une « démonstration complotiste » et, dans sa conclusion, la confirmation que Nicolas Sarkozy sera bien là en 2017. « Tout ça pour ça », conclut le quotidien.

La tribune de Sarkozy dans Le Figaro ? Pour Le Parisien, il s’agit d’un « gros coup de gueule (…) (Sarkozy) a décidé de dégainer sans plus attendre la grosse Bertha », étant rappelé que ladite « Grosse Bertha » était ce canon de considérable calibre utilisé par l’armée allemande durant la Première Guerre mondiale.

Le Parisien nous apprend également que sa tribune dans Le Figaro, Nicolas Sarkozy l’a écrite en accord avec son épouse Carla. Laquelle « ne manque pas d’insulter au téléphone les "grandes oreilles" qui, pense-t-elle, écoutent encore son mari. "Ces c..., ils ne savent même pas se servir de leur matériel !" bondit-elle dès que son portable grésille bizarrement », raconte le journal.

Ségo : le retour

« Ségolène Royal, le retour », formule Libération, qui l’annonce en effet à la manière des titres de film quand revient, sur les écrans, un super-héros. « Le chef de l’Etat serait décidé à la faire entrer au gouvernement, à l’occasion d’un remaniement toujours prévu courant avril », croit savoir le confrère. Qui cite un poids lourd anonyme du gouvernement, « convaincu lui aussi que le retour de Royal est sur les rails ».

Alors à quel poste reviendrait la candidate socialiste malheureuse à l’élection présidentielle de 2007, qui est aussi, rappelons-le, la mère des quatre enfants du président Hollande ? « Ségolène Royal hériterait d’un grand pôle ministériel réunissant l’Education nationale, la Culture, la Jeunesse et les Sports ». Ce qui ferait de Vincent Peillon, actuel titulaire du poste de l’Education nationale, un ministre « en suspens », en conclut fort logiquement Libé.

Quand au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, il devrait « être confirmé pour mettre en œuvre un "pacte de responsabilité" qu’il a lui même négocié », anticipe Libé, étant rappelé que, depuis des semaines, la presse ne bruisse que du départ de Jean-Marc Ayrault.

Pas le moins du monde avare de confidences ce matin, Libération annonce également un gouvernement « réduit de 38 à une vingtaine » de ministres de plein exercice. Et un départ que le journal considère comme acquis : celui du ministre de l’Economie et des finances Pierre Moscovici. « Dans l’entourage de Hollande, on fait comprendre que son sort est "scellé" et qu’on lui cherche un remplaçant », énonce le quotidien. Qui ajoute que François Hollande « réfléchit à confier le secrétariat général de l’Elysée à Bernard Cazeneuve », l’actuel ministre du Budget et ancien porte-parole de sa campagne présidentielle.

DGSE : jus d’Orange dans les grandes oreilles

Les grandes oreilles françaises passent par une collaboration entre les services secrets et l’opérateur Orange. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) travaille « main dans la main » avec Orange. C’est un document interne des services secrets techniques britanniques qui le confirme. Cette note, que s’est procurée le journal Le Monde, est extraite des archives de la NSA américaine par son ex-consultant Edward Snowden. Elle précise que les services de renseignement français disposent d’un « accès total, indiscriminé et hors de tout contrôle » aux réseaux d’Orange et aux flux de données qui y transitent, consigne le quotidien du soir.

Les grandes oreilles françaises peuvent ainsi notamment compter sur la direction internationale de l’opérateur, qui gère les filiales de téléphonie mobile à l’étranger. « Orange a ainsi accompagné les opérations militaires françaises au Mali et en Centrafrique », complète Le Monde.

Interrogés par le quotidien, les autres opérateurs français ne se sont pas montrés bavards sur ce sujet. Ainsi SFR « n’a pas répondu » sur l’utilisation, par les services français, de son réseau international, notamment au Maroc, où sa filiale est aussi un opérateur historique, au Mali, au Gabon ou en Mauritanie, « des zones stratégiques pour la DGSE », souligne le journal. Quand aux gens de Bouygues Telecom, ils n’ont tout simplement pas répondu au quotidien. Circulez, il n’y a rien à voir !

Merah : l’homme de main

Ce ne sont pas les « grandes oreilles », mais la justice qui en a eu la confirmation : le tueur Mohamed Merah a bien été en contact avec un haut responsable d’Al-Qaïda. En contact «étroit » même, affirme Le Parisien, qui le révèle. Le parcours du tueur de Toulouse et Montauban l’a conduit « des cités toulousaines au sommet de la hiérarchie d’Al-Qaïda », affirme le quotidien, qui s’appuie pour cela sur le témoignage fait devant la justice dans le cadre d’une autre enquête par un « Kazakh » condamné pour terrorisme. Lequel a assuré avoir discuté de l’apprenti jihadiste Mohamed Merah avec un ressortissant belgo-tunisien, considéré comme le responsable Europe de la nébuleuse terroriste, et qui lui a révélé la présence de Merah dans son camp d’entraînement au Pakistan. Des révélations qui « relancent la piste d’un soutien logistique au plus haut niveau » de la mouvance jihadiste dans les tueries qui avaient fait sept victimes il y a deux ans à Toulouse et Montauban.

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