Revue de presse française

A la Une: municipales, l’heure de vérité pour François Hollande

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AFP

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Qu’on le veuille ou non, qu’on le confesse ou non, c’est bien l’enjeu majeur de ces élections municipales, dont le premier tour se déroule aujourd’hui en France. Et pour cause, ce scrutin tant attendu n’est rien moins que le premier depuis les législatives de juin 2012.

La presse dominicale, du reste, en convient. Certes, ces élections sont « d’abord locales », concède Le Parisien Dimanche. Mais ces municipales ont aussi une « dimension nationale ».

Municipales : vox populi

Et sur cet enjeu, la presse est unanime. Une fois n’est pas coutume, Le Monde et Le Figaro Magazine ne disent pas autre chose. Pour Le Monde, François Hollande est « face au risque d’un vote-sanction ». Car le fossé entre le peuple et ses élus « ne cesse » de se creuser, s’alarme le journal, qui le martèle : « à défaut de pouvoir changer le peuple, c’est donc aux élus de changer de comportement ».

« L’enjeu de ces élections municipales est loin d’être simplement local », confirme Le Figaro Magazine. L’hebdomadaire constate que, dans les communes de plus de trois-mille-cinq-cent habitants, « plus de la moitié des listes se contentent d’une étiquette “divers gauche” ou “divers droite”, sans revendiquer le parrainage d’un parti ». Lors des précédentes consultations, cette défiance manifeste n’avait jamais atteint un tel degré. Et donc, la dissociation entre politique nationale et vote local est « largement artificielle ».

Ukraine : guerre des nerfs

Entre pro et anti-Russes, on se toise, on se jauge, on se défie dans les casernes et, dans les ports, on aborde les bateaux de guerre. « Après l’annexion de la Crimée, rapporte textuellement Le Journal du Dimanche, Kiev affirme que Vladimir Poutine serait prêt à lancer ses troupes sur la région de Donetsk ou sur celle de Kharkiv, plus au nord », tandis que Moscou assure que les mouvements de troupes signalés à la frontière toute proche ne sont qu’« exercices ». Dans les colonnes du JDD, un officiel français anonyme a trouvé la formule pour poser la question qui s’impose au sujet du président russe Vladimir Poutine : « Est-ce la sieste du boa après avoir avalé sa proie ? » ! On connaissait « l’ours russe », voici donc à présent le « boa ». Une vraie ménagerie. Entretemps, les Occidentaux ont commencé à sanctionner la Russie. Mais la presse hebdomadaire est dubitative. Témoin Marianne. Ces sanctions prises par Américains et Européens, privant quelques personnalités russes de leurs visas, ne sont que « pétards mouillés, Poutine le sait fort bien », se désole le magazine. Très dépité par la séquence ukrainienne qui s’est conclue par la sécession de la Crimée, le journal estime que l’Europe a tout d’une « amicale de retraités idéalistes qui ont réussi dans la limonade, et qui regardent le monde comme un immense comptoir d’épicerie » !

Afrique : vue irénique d’un continent naufragé

L’Afrique est à la Une de l’hebdomadaire Le Point, qui consacre pas moins d’une cinquantaine de pages à ce qu’il appelle « le grand réveil » de l’Afrique, éditorial compris !

L’Afrique s’est-elle éveillée ? Malick Diawara se le demande. Notre confrère, qui a été chargé par Le Point de lancer un site internet dédié, dont nous avons salué la naissance dans une revue de presse précédente et à qui nous souhaitons de nouveau « bonne arrivée », se pose deux fois la question. « Et si le continent relayait l’Inde ou la Chine comme moteur de la croissance économique mondiale ? », se demande-t-il ; « à se demander si l’Afrique est à l’aube d’un processus durable ou s’il s’agit là d’un cycle éphémère ». On l’aura compris, dans Le Point, cette semaine, pas de massacre en Centrafrique, pas tension au Burundi, en RDC ou en Côte d’Ivoire, pas d’images naufrageuses de migrants à la dérive, que du positif, de l’afro-optimisme, de l’allant. Hardi, hardi, l’Afrique ! Pourquoi pas.

Salon du livre : voix argentine

L’Argentine est l’invitée du Salon du livre de Paris. Raison de cette invitation : les cent ans qu’aurait eu cette année, s’il avait autant vécu, l’écrivain argentin Julio Cortázar. Comme le rappelle l’hebdomadaire Courrier international, cette figure de la littérature argentine a émigré à Paris en 1951 et y a vécu jusqu’à sa mort en 1984, « trois ans après avoir été naturalisé français ». Il repose du reste au cimetière du Montparnasse, tout de même une référence, bien que posthume, pour un écrivain.

Cortázar, Le Nouvel Observateur l’évoque en « Diderot marxiste », ce qui n’est pas tout à fait un pléonasme et signale que l’éditeur Gallimard publie quelques contes inédits retrouvés « dans l’armoire de sa veuve » sous le titre de « Pages inespérées ».

Mais en fait de veuve, Le Nouvel Obs se souvient surtout de la sublime compagne de l’écrivain argentin, Carole Dunlop, femme de lettres canadienne dont Cortázar était tombé amoureux et pour les beaux yeux de laquelle il avait quitté son épouse. Julio Cortázar ? « Il faut avoir vu ce géant barbu déambuler dans les rues de Paris aux côtés de sa dernières compagne aux faux airs de Jean Seberg, se souvient, nostalgique, Le Nouvel Observateur, pour mesurer l’extraordinaire séduction qu’exerçait ce dieu génial ».

Cortázar, à lire et à relire. Et à voir indirectement aussi au cinéma, étant rappelé, par exemple, que le film de Michelangelo Antonioni « Blow up », palme d’or au festival de Cannes en 1966, est inspiré d’une nouvelle de Julio Cortázar. Tout comme l’est « Blow out », son « remake » américain de Brian de Palma.

Mais depuis cette époque, le livre a bien changé. Et si Cortázar aimait la révolution, pas sûr qu’il aurait apprécié la révolution numérique qui s’impose à tel point au Salon du livre que les visiteurs « ne veulent plus des dédicaces, qu’ils peuvent très bien faire eux-mêmes. Ils veulent des photos. Les selfies ont remplacé les autographes, remarque l’écrivain Frédéric Beigbeider dans Le Nouvel Observateur. Bientôt, lance-t-il, nous n’aurons plus à écrire des livres. Il nous suffira de sourire » ! C’est fait !

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