Autour de la question

1. Pourquoi une telle diversité de langues ? Emission en partenariat avec le CNRS et le Musée des Arts et Métiers

Audio 19:31
La tour de Babel (Pieter Bruegel l'Ancien  XVIe siècle).
La tour de Babel (Pieter Bruegel l'Ancien XVIe siècle).

Nos invitées du jour, la philologie Barbara Cassin et Isabelle Tessier (professeur de linguistique informatique), s'interrogeront autour de la question suivante : «Pourquoi une telle diversité de langues?»

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Emission en partenariat avec le CNRS et le Musée des Arts et Métiers à l'occasion de la conférence «Je parle, donc je suis ou le mythe de la Tour de Babel» qui se tiendra le jeudi 27 mars 2014 à 18h30 au Musée des Arts et Métiers à Paris.

Lorsque les hommes décident de construire la tour de Babel pour atteindre le ciel, ils provoquent la colère de Dieu qui brouille alors leur langue afin qu'ils ne puissent plus se comprendre. Si parler est encore « le propre de l’homme », on dénombre aujourd’hui environ 5000 langues, dont beaucoup sont en voie de disparition. Les langues naturelles sont des systèmes vivants qui changent, interagissent et se transforment.
Derrière leur apparente diversité, les linguistes essaient de traquer des fonctionnements communs, pendant que les informaticiens tentent de les modéliser. L’ingénierie linguistique permet ainsi de fouiller des textes afin d’en extraire l’information, grâce à des méthodes statistiques, mais aussi des approches basées sur l’analyse syntaxico-sémantique. Certaines applications font déjà partie de notre quotidien, même si aucune machine n’a encore réussi le test de Turing : être indiscernable d’un humain dans une situation de dialogue.

Traduire est avant tout savoir lire, mais est-ce inévitablement trahir ? Sans aucun doute, on ne peut espérer tout traduire sans perte, car passer d’une langue à l’autre, c’est bien passer d’une pensée à l’autre, et d’une culture à une autre. Et pour bien parler sa langue, il faut pouvoir la comparer : avec mind, entend-on la même chose qu'avec Geist ou qu'avec esprit ; Pravda, est-ce justice ou vérité, et que se passe-t-il quand on rend mimêsis par imitation ? Tous les mots et concepts ne sont pas superposables, certains termes résistent singulièrement à la traduction. L’intraduisible devient alors ce qu’on ne cesse pas de (ne pas) traduire. Comment respecter la diversité des langues et leur richesse inépuisable, sans renoncer à rendre accessible leurs nuances ? Comment lutter contre le globish, ce « tout à l’anglais » qui n’est plus une langue, mais un simple moyen de communication internationale entraînant un appauvrissement de la pensée ? Les langues sont-elles condamnées à devenir des dialectes à préserver comme des espèces menacées ?

AvecBarbara Cassin, directrice de recherche au CNRS, Centre Léon Robin de recherches sur la pensée antique (CNRS - Univ. Paris-Sorbonne - ENS Ulm) et Isabelle Tellier, professeur de linguistique informatique à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3.

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