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Aujourd'hui l'économie

La Grèce triomphe sur le marché de la dette

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En revenant sur le marché de la dette, le Premier ministre grec Antonis Samaras démontre à ses concitoyens qu'il est à nouveau maitre à bord, qu'il existe une vie après la débâcle et l'austérité.
En revenant sur le marché de la dette, le Premier ministre grec Antonis Samaras démontre à ses concitoyens qu'il est à nouveau maitre à bord, qu'il existe une vie après la débâcle et l'austérité. REUTERS/Yves Herman

Après 4 ans d'absence, la Grèce a effectué aujourd'hui son grand retour sur le marché de la dette. Une opération couronnée de succès.

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C'est une victoire en forme de revanche pour un État éjecté du marché de la dette il y a quatre ans, après avoir reconnu qu'il avait outrageusement maquillé ses comptes. Ce matin, la Grèce a réussi à lever 3 milliards d'euros remboursables dans 5 ans, à un taux honorable de 4,75 %. Ce retour ressemble fort à une quête de reconnaissance, de respectabilité de la part d'un pays sous tutelle depuis 2010. Un pays a priori peu sûr, les prêteurs ont laissé quelques plumes dans la restructuration de la dette grecque réalisée en 2012. Et pourtant son offre a séduit. La demande inscrite au livret des ordres était 8 fois supérieure au montant escompté. Comme si les investisseurs étaient prêts à donner leur absolution à ce paria de la communauté financière.

La Grèce inspire à nouveau confiance ?

Elle est encore considérée comme un pays à risque, classé dans la catégorie spéculative. Et c'est normal avec, d'une part, une dette qui représente 170 % du produit intérieur brut et, de l'autre, une absence de perspective, une croissance en panne, un chômage à 26 % et une population épuisée par l'austérité, en témoigne le succès de la grève générale d'hier mercredi. La Grèce aiguise néanmoins l'appétit des investisseurs. D'abord parce que le gouvernement grec a tout fait pour les rassurer. Ce retour sur les marchés se fait à Londres où la loi est plus protectrice pour les créanciers. Les grandes banques d'investissement américaines garantissent le sérieux du dispositif. Ensuite, les investisseurs sont prêts à prendre le pari parce que la dette souveraine est un marché de moins en moins rentable avec les taux très bas des bons élèves de la zone euro. Même les taux des emprunts grecs à dix ans qui ont culminé à 40 % au plus fort de la crise sont retombés en dessous de 6 % hier. Les hedge funds, par nature plus aventuriers, devraient être les principaux acheteurs de cette émission à moyen terme.

La Grèce a-t-elle besoin de cet argent ?

Oui et non. Oui au vu du fardeau de sa dette, non parce que ses comptes sont excédentaires pour 2013. Non surtout parce qu'elle continue de bénéficier des fonds débloqués par le FMI et ses partenaires de l'Union européenne. À un très bon taux d'ailleurs, inférieur à 3 %. Sur un plan purement financier, c'est toutefois le bon moment d'emprunter puisque le loyer de l'argent est en ce moment assez bas. Et personne ne sait combien de temps cela va durer. Avec ce retour très médiatisé, la Grèce réalise une très bonne opération de relations publiques. C'est une façon de dire aux investisseurs : vous voyez maintenant nous sommes à nouveau un partenaire fiable, vous pouvez revenir chez nous. Et pas seulement pour acheter de la dette souveraine. Car il y a des affaires à saisir, entre autres des privatisations qui n'attirent pas les foules pour le moment. Et puis c'est d'abord un message qui s'adresse aussi aux Grecs. En revenant sur le marché de la dette, le Premier ministre Antonis Samaras démontre à ses concitoyens qu'il est à nouveau maitre à bord, qu'il existe une vie après la débâcle et l'austérité. Un message qu'il fallait absolument délivrer avant la tenue des élections européennes, le 25 mai prochain.

 

En Chine, les chiffres du commerce extérieur sont mauvais pour le mois de mars

Les exportations comme les importations ont reculé. Bien au-delà de ce qu'avaient prévu les marchés. La concurrence des voisins, et des différends commerciaux expliquent cette contre-performance. La balance commerciale est toutefois excédentaire alors qu'elle avait accusé en février un déficit, un évènement rare en Chine.

 

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